samedi 23 juin 2018

Vidéotopsie numéro 17 de David Didelot (Réédition)



 Avant-propos: afin de ne pas dénaturer le contenu de ce dix-septième numéro de Vidéotopsie, j'ai choisi d'argumenter à l'aide de photos différentes de celles produites par les rédacteurs afin de respecter leur travail...

Ce soir, à la télé, ce sera La Nuit de la Mort et Clash. Tous deux de Raphaël Delpard. Et on dit merci qui ? Merci David Didelot, Patrick Callonnec et Jean-Sébastien Caboury. Parce que le dossier, là, fait, à deux ou trois près, cinquante pages. Autant dire que pour des magazines n'excédant pas habituellement ce nombre de pages, ç’aurait été le contenu d'un hors-série intégralement dédié au cinéma de ce cinéaste français qui en a vu des vertes et des pas mûres, mais aussi de belles à travers sa carrière d'acteur et de réalisateur. Mais pour David et ses deux acolytes, c'est presque un jeu d'enfant. Presque parce que derrière ce monumental pavé en trois actes, on sait que les trois hommes ont travaillé d'arrache-pied pour nous offrir rien de moins que l'un des articles les plus fameux concernant Raphaël Delpard. Du moins, je le suppose, n'ayant rien lu d'autre à son sujet. En trois actes donc, et pour commencer, pour calmer les aigreurs de David qui lors de son édito s'est quelque peu énervé (on ne lui en voudra pas), celui derrière lequel se cache le créateur de Vidéotopsie ouvre les hostilités avec la rubrique Le Film Autopsié, consacré cette fois-ci à La Nuit de la Mort. Un truc qui à la lecture de certains passages pourrait paraître improbable (au casting, la toute jeune Charlotte de Turkheim, et des p'tits vieux aux faciès aussi flippants que ceux des voisins du Locataire Trelkovsky, mais qui très franchement, avec les comparaisons qu'en fait David avec, justement, le film de Roman Polanski (ainsi que d'autres œuvres) et les aguicheuses photos mêlant gore et morbide, donne très envie de le découvrir pour qui, Raphaël Delpard, demeurait jusque là un parfait inconnu.) Reprenez votre souffle!
Toujours aussi prompt à apporter un maximum de détails, David revient donc sur ce long-métrage où 'une bande de vieux mecs' (pour reprendre l'expression de Linnea Quigley dans Le Retour des Morts-Vivants) et de nanas pas plus jeunes qu'eux s'adonnent à l'un des plaisirs les plus malsains dont l'homme est capable de se rendre coupable : le cannibalisme ! Revenant ainsi sur la production, la réalisation, le scénario, ainsi que (entre autres choses), la distribution, avec, en première ligne, Isabelle Goguey qui était la fille de Claude Pierson, l'un des producteurs du film avec le cinéaste lui-même. On découvre au fil de quelques longs paragraphes, des têtes qui nous demeurent inconnues, tandis que d'autres évoquent forcément quelque souvenirs. Comme l'actrice Germaine Delbat, dont il est vrai, comme le souligne David, que l'on connaît son visage alors que son nom, pour beaucoup, était sans doute demeuré un 'mystère' jusqu'à ce que David évoque sa présence dans La Nuit de la Mort. S'ensuit une sélection de VHS et DVDs rendant honneur (ou pas) au long-métrage de Raphaël Delpard avant que ne survienne le second acte produit par David, Patrick et Jean-Sébastien. Résumant la carrière du cinéaste, entre comédies et films fantastiques, cinéma et télévision, fictions et documentaires.Un second acte complété par le troisième, qui en prenant la forme d'une longue et passionnante interview de vingt pages tout de même, permet à Raphaël Delpard de revenir sur sa carrière de cinéaste. On découvrira que son art n'aura pas été de tout repos. Avec cette petite pointe d'amertume, Raphaël évoque notamment le comportement assez troublant de Charlotte de Turkheim bien des années après la sortie du film, ou celui de l'acteur Pierre Clémenti envers Catherine Alric sur le tournage de Clash. On apprendra également qu'un cinéaste et un acteur aujourd'hui mondialement reconnus se sont rencontrés sur l'un des films de Raphaël Delpard, Les Bidasses aux grandes manœuvres.
Énorme dossier, donc. Passionnant à lire, de bout en bout. Jamais rébarbatif et dieu sait si pourtant, se 'frapper' un dossier de cinquante pages sur un même artiste aurait pu se révéler barbant. Mais non, le miracle a lieu. Du moins, évoquerons-nous surtout l'incroyable travail de documentation de David, Patrick et Jean-Sébastien...

Bon, cette critique commençant à prendre des allures de roman qui je l'espère n'est pas encore trop indigeste, je vous la ,ferai courte pour le prochain sujet, les habituelles Review Bis, délaissées par David et récupérées par Patrick, Augustin, Tom Phenix, Michel Tabbal, Adrien, Alexandre Jousse, Didier Lefevre, Yohann, Simon Laperriere et, Jean-Sébastien, c'est Patrick qui démarre et qui clôt (définitivement ?) le dossier sur Christina Linfberg du numéro précédent en revenant sur Young Plaything. Ensuite, c'est au tour d'Augustin de nous régaler avec son article consacré à Actium Maximus : War of the Alien Dinosaurs (sa lecture s'impose). Puis s'enchaînent les commentaires plus ou moins élogieux sur telle ou telle production. Du coup, on a droit à du gros Z au jeu de mots carrément naze (Heavy Mental, mouarf !), du loup-garou britanico-ibérique, un black-Out éponyme franco-canadien, une production Full Moon précédée d'un résumé concernant l'historique de cette maison de production, un giallo ibérique dont l'article que lui a consacré Alexandre éveille la curiosité, un sous-Moi, Christiane F qui malgré les défauts évoqués donne lui aussi envie d'y jeter un œil, sept pages consacrées au cinéma de guerre asiatique (et patriotique), parfois mâtiné de kung-fu, et rédigées par Yohann Chanoir, un nanar porté sur le sujet des sectes qui aurait sans doute de la gueule sur n'importe quelle étagère d'amateur de séries Z...

Après un passage par l'Asie avec le manga Riki:Oh, et ses adaptations aux formats OAV et live, ainsi qu'avec Bruce Lee, sa filmographie et la Bruceploitation qui a découlé ensuite du succès phénoménal rencontré dans son pays, et malheureusement, de sa disparition, Patrick Juillard propose un dossier long de dix-huit pages consacrées à un cinéaste français qui méritait bien qu'on lui consacre un article entier. 'Le Passager Solitaire du Thriller Français : Serge Leroy' revient donc sur la carrière de ce cinéaste, auteur de dix longs-métrages dont certains possèdent encore aujourd'hui, une aura de film culte bien méritée (La Traque). Patrick y décortique un à un chacun des dix films, en exprimant fort judicieusement tout ce qui en fait la valeur pour tout amateur de cinéma bis.

Après un détour vers la filmographie de George Pan Cosmatos, cinéaste connu pour avoir notamment filmé les secondes aventures de l'hypertrophié John Rambo ou de la vilaine bêbête de Leviathan, Vincent Roussel nous propose, dès la 124ème page de ce Vidéotopsie, de plonger dans l'univers littéraire des collections 'Bébé Noir' et 'Bringandine' en espérant, comme il le dit en fin de dossier, 'nous avoir convaincu de la singularité d'une collection qui mérite d'être redécouverte d'urgence'. Je ne sais pas ce qu'en ont pensé les autres lecteurs, mais après avoir lu de fond en comble cet excellent article consacré à des ouvrages dont je ne soupçonnais pas l'existence, je me suis rué sur la toile pour tenter d'y dénicher quelques exemplaires. Car plutôt que de me fier strictement aux couvertures qui auraient tendance à ne promettre que de la fesse, ces deux collections semblent en fait avoir consacré une large place au fantastique, à l'horreur, et d'une moindre importance, à la science-fiction. Première chose : les titres. Que des jeux de mots qui prêteront forcément à sourire au fil de la découverte. Et des résumés qui mettent carrément en appétit et font regretter que ces ouvrages ne trônent pas déjà sur les étagères de nos bibliothèques. Ce dossier dressé par Vincent Roussel est une excellente mise en bouche et attise la curiosité...

Autre dossier carrément passionnant à découvrir, surtout si l'on ne connaît pas le bonhomme : Les Romans « en souffrance » de Léon Despair. Un auteur qui m'était jusque là totalement inconnu mais qui sous la plume experte de Frédéric Durand, prend des proportions qui donnent très envie de se plonger dans son œuvre. Merde, mais j'y pense. La collection 'Apocalypse', ça me dit quelque chose... Pour le reste, rien que de l'inédit. Des jolies blondes et des brunes bien charpentées ornent les couvertures d'une collection 'Contraintes' (chez Média 1000) qui laissent présager des séances S.M et des ouvrages quelque peu tordus. Ce que laisse en partie envisager le texte de Frédéric, très bien documenté...On termine ensuite avec les rubriques habituelles : Cinéma Amateur (et à Mater), Et Pour Quelques Infos de Plus, ainsi que le Rayon Fanzine, les trois étant particulièrement bien achalandées.

Avec cette dix-septième édition, David Didelot et toute son équipe nous ont offert une fois de plus, de la bien belle ouvrage. Un incontournable. En attendant le numéro 21 dont la sortie, si je ne dis pas de bêtises, est prévue pour la rentrée...

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