vendredi 25 mai 2018

Vidéotopsie numéro 15 de David Didelot (Réédition)




Les numéros 15, 16 et 17 de l'indispensable fanzine du tout aussi précieux David Didelot, le bien nommé Vidéotopsie, ressortent pour ceux qui auraient eu l'outrecuidance de les ignorer lors de leur première parution. Ouvrages d'une indéfectible fidélité envers le cinéma bis, Mister Didelot et ses collaborateurs reviennent avec dans leurs bagages, des connaissances foudroyantes dont eux seuls semblent avoir le secret. Trois rééditions, et donc, trois articles pour ne pas faire dans le succinct et leur rendre hommage à tous (les trois numéros et leurs auteurs). Laissez tomber le Mad Movies du mois de Mai, n'achetez même pas le hors-série consacré au monumental 2001, l'Odyssée de l'Espace, livré sans jumelles (la police de caractère est trop petite, trop irrespectueuse envers ceux qui d'entre nous, perdent la vue au fil des ans), et jetez-vous, pour commencer et à corps perdu, sur le numéro 15, son affriolante couverture 'soutirée' au long-métrage Annie ou la Fin de l'Innocence, et sur les nombreuses pépites dont regorge son contenu. Annie Belle ? Késako ? Une actrice française presque entièrement acquise à la cause du cinéma bis italien, offrant sa superbe plastique a des cinéastes dont le nom finissait généralement en I ou en O. Remarquable écriture, comme d'habitude, certains chroniqueurs recourant parfois à une prose très revigorante (Aristide Fouchtra pour son intervention lors du génial paragraphe intitulé Soyons un peu sérieux ! consacré à la Belle...).
Pour parfaite un dossier long de vingt sept pages rempli de photos nous faisant bénéficier des jolies courbes d'Annie Belle, David Didelot lui-même s'attarde un long moment sur Vicieuse et Manuelle, dans lequel on retrouve donc l'égérie de ce quinzième numéro de Vidéotopsie. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur sur la Belle Annie : le résumé, une critique par le maître des lieux, une fiche détaillant la production, la réalisation, le scénario et tout ce qui compose l'aspect technique d'un film normalement constitué. De la bien bel ouvrage par un David Didelot en grande forme. Rien que pour ces cinquante premières pages (un peu moins puisqu'il faudra y soustraire la très légitime autopromotion faite à l'attention du déjà cultissime ouvrage de David, GORE, Dissection d'une Collection), les fans de l'actrice auront de quoi se divertir pendant un long moment et les autres, de quoi s'instruire...

Viennent ensuite les Reviews Bis. Avec son lot de produits estampillés bis, cette section a de quoi réjouir les défricheurs qui ici, trouveront matière à se lancer dans l'aventure du net afin d'y déloger la petite quinzaine de longs-métrages présentés. Au programme : un duel entre grosse bête à poil et créature à écailles, Un WIP provenant directement d'Asie (cui-là, je l'ai vu!), de la guerre sud-coréenne, du zombie taïwanais (vu également), un soupçon de Franco, et d'autres réjouissances encore, dont un diptyque qui ferait baver n'importe quel amateur d'OFNI (terme usité et apparemment justifié dans cette chronique) mais qui, malheureusement risque de demeurer invisible dans la langue de Molière. Reste que la lecture du double article consacré aux deux volets des Cannibal Mercenary donne très envie que l'on s'y attarde (d'après l'auteur Adrien Vaillant, le premier serait d'ailleurs disponible dans un montage bordélique mais complet sur Youtube). Petite émotion supplémentaire à la lecture de la chronique consacrée au premier long d'Abel Ferrara. Jamais vu mais, Jérôme Pottier éveillera sans doute la curiosité des amateurs de ce grand cinéaste de l'underground qui depuis quelques années (beaucoup trop à mon goût) s'est un peu trop éparpillé.

En complément des trois volets littéraires de la trilogie Hurlements de Gary Brandner parus dans la fabuleuse collection GORE chez Fleuve Noir (et décortiqués dans l'anthologie de David), Thomas Roland nous gratifie ensuite d'un dossier complet et très instructif sur la saga éponyme constituée de huit longs-métrages dont les trois premiers eurent les honneurs d'une sortie cinéma.

N'ayant pas pour principe de faire comme les autres (Mad Movies et consorts), les rédacteur de Vidéotopsie continuent au fil de dizaines et de dizaines de pages, de proposer du contenu inédit, qui même s'il aborde des sujets d'un temps plus ou moins reculé, apporte en même temps une réelle fraîcheur. Celle de l'inédit évoqué, justement. Patrick Callonnec, car il s'agit bien de lui, nous propose un entretien avec le 'Dark Prince of Cult', le réalisateur Leon-Paul de Bruyn, lequel revient sur son parcourt ainsi que sur la genèse de son film Maniac Nurses. Un programme qui nous transporte en partie dans le légendaire univers de Lloyd Kaufman et Michael Herz, les deux fondateurs de la cultissime boite de production Troma (The Toxic Avenger pour leur plus célèbre bobine, jusqu'au traumatisant Combat Shock, réponse gore au Taxi Driver de Scorcese). Une interview passionnante qui, une fois encore, permet à son auteur de mettre à jour un artiste peu (ou pas) connu du grand public.

Arrive ensuite la rubrique 'Cinéma Amateur (et à Mater)' dont les quelques critiques (au nombre de trois) mettront l'estomac des amateurs de sensations en appétit. Pour commencer, Lust Murders de David Marchand, un court-métrage en forme de mise en bouche pour un long-métrage à venir paraît-il, notamment visible sur la plate-forme Vimeo pour ceux qui aimeraient se faire une idée sur ce tout petit film lorgnant du côté d'un grand 'Shocker' texan des années soixante-dix, et plus ouvertement d'un certain Henry, de triste mémoire (évocation du tueur en série Henry Lee Lucas et de ses 250 meurtres avoués). Puis Thrash Girls de Patrice Herr Sang, anthologie de cinq court-métrages dont le titre promet déjà à lui seul tout un programme. Pour terminer, et demeurant sans doute parmi ces trois propositions comme la plus intéressante, les dix-sept minutes de La Quatrième Nuit des frères Stéphane et Vincent Leroux feront sans doute vibrer de désir les ufologues curieux de découvrir un produit estampillé 'Rencontre du 3ème Type' apparemment bien trippant (visible sur Youtube en très bonne qualité vidéo)...

S'ensuit une interview de Patrick Viguier, fan de Kiss absolu et fondateur à lui seul du 'KISS Private Museum'. Pour les non-fans (comme moi), ça pourrait passer pour une mauvaise plaisanterie mais, non, le bonhomme est sérieux et au fil de l'interview on ressent la grande cohérence de l’œuvre de cet amateur de métal et d'horreur qui, comble du bon goût, possède l'intégralité des 120 volumes (118 + le hors-série grand format + Le Bel Effet Gore) de l'indétrônable référence en matière de GORE, la fameuse collection éponyme sortie chez Fleuve Noir. Merci à David pour avoir eu l'idée de s'entretenir avec Patrick Viguier, un Geek dans le bon sens du terme...

On termine ensuite avec deux rubriques courantes et non moins passionnantes. 'Et Pour Quelques Infos de Plus' et 'Le Rayon Fanzine' histoire de rappeler à celles et ceux qui ne le sauraient pas encore que le monde du fanzinat est une toile d'araignée qui ne s'arrête pas au seul Vidéotopsie mais que d'autres érudits partagent également depuis bien des années, leur passion pour le cinéma, la musique, et l'art sous toutes ses formes...

Au final, on tient avec ce quinzième numéro de Vidéotopsie, l'un des chapitres essentiels de l'histoire de l'un des plus importants fanzines consacrés au cinéma bis. Comme à leur habitude, les douze rédacteurs ont effectué un boulot remarquable, digne des plus grands journalistes, apportant une somme d'information considérable pour tout amateur de bisseries qui se respecte (ou pas d'ailleurs). Un numéro à se procurer d'urgence tant qu'il en reste des exemplaires...

à suivre, Vidéotopsie numéro 16 (Réédition)

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