jeudi 10 mai 2018

Des Serpents dans l'Avion de David Richard Ellis (2006) - ★★★★★★☆☆☆☆



On ne peut pas dire que la carrière du cinéaste américain David Richard Ellis brilla par sa filmographie. Mort à seulement soixante ans à Johannesburg, en Afrique du Sud, il se sera surtout fait remarquer pour avoir signé deux volets de la saga Destination Finale (le 2 et le 4), Cellular, à partir d'un scénario écrit par le cinéaste Larry Cohen (It's Alive, Q, The Ambulance), ou Shark 3D en 2013. Sept ans auparavant, il signe Snakes on a Plane, traduit chez nous sous le titre Des Serpents dans l'Avion. Un film catastrophe mineur mais qui contre toute attente, offre beaucoup d'action. Le long-métrage échappe en effet à l'avarice et propose, sur les cent-dix minutes que représente sa durée, plus d'une heure trente de combats entre les passagers d'un vol en partance pour Los Angeles et des serpents parmi les plus dangereux de la planète. Comme dans une grande majorité de films traitant d'attaques animales sortis ces vingt dernières années, Des Serpents dans l'Avion met en scène une majorité d'interprètes inconnus dans nos contrées mais parmi eux, on reconnaîtra l'acteur Samuel L. Jackson, illustre interprète de plusieurs dizaines de longs-métrages depuis ses début dans les années soixante-dix, ainsi que l'actrice Julianna Margulies, surtout connue pour avoir endossé la blouse blanche de Carol Hathaway de l'immense succès télévisé, Urgences (1994-2000).
Comme je l'écrivais ci-dessus, Snakes on a Plane n'est jamais avare en terme d'action. Par dizaines, les attaques de serpents font autant de victimes humaines. Morsures au visage, au cou, au bras ou à la jambe, l'oeuvre de David Richard Ellis est totalement décomplexée lorsqu'il s'agit d'imaginer des morsures originales et parfois, avouons-le, plutôt impertinentes. Un couple baise dans les toilettes de l'avion, et voilà que la blonde pourvue d'une belle (et naturelle) poitrine se fait mordre le téton. Un autre, toujours aux chiottes, se fera, lui, mordre le sexe. Le serpent prenant ainsi durant une poignée de secondes, valeur d'appendice phallique démesuré.

Ces quelques passages qui maintiennent un climat de débauche à la lisière de l'inconvenant ne dureront fort heureusement, qu'une petite demi-heure. Soit, de la présentation des passagers dont certains montrent à l'image, une avidité pour le sexe carrément complaisante, jusqu'à ces quelques exemples de meurtres déjà cités. Pas vraiment le genre de scènes que l'on conseillera à des parents d'offrir à leurs enfants un samedi soir, calés devant la télé. Lourdingue, Snakes on a Plane ? Ouais, carrément. Plus que de coutume d'ailleurs, les places de ce vol pour Los Angeles semblent avoir été presque entièrement réservées par des pouffes surexcitées, mouillant leur culotte devant une star montante du rap US affligé d'haptophobie. Un comble pour un type qui joue de son apparence physique et serait donc amené à profiter de son statut de star lors de bains de foules. Mais passons. Outre l'éternel emmerdeur de service (ici, un homme d'affaire englué entre la propriétaire d'un roquet et la mère d'un bébé dont la première des passions est de brailler), les représentantes de la gente féminine sont toutes pourvues de carrosseries avantageuses, mais de cervelles ne leurs servant à appliquer que des préceptes de base: prendre soin de son apparence, et faire les yeux doux aux beaux jeunes hommes qui hantent les lieux.

Mais au fait, pourquoi Des Serpents dans l'Avion ? Pour une raison très simple. Un jeune homme ayant assisté au meurtre d'un procureur durant ses vacances à Hawaï est sommé de venir témoigner contre son meurtrier. Mais ce dernier ayant décidé qu'il en serait autrement, demande à des contacts d'installer dans la soute à bagages du vol pour Los Angeles (à bord duquel a pris place le témoin) des dizaines de serpents venimeux. D'où le prodigieux bordel qui va s'en suivre, parfois plongé dans une désagréable obscurité servant sans doute à cacher la piètre qualité des serpents animés en images de synthèse (tandis que 450 de leurs congénères se révèlent être de véritables reptiles). Le film de David Richard Ellis est heureusement sauvé du naufrage grâce à l'énergie qu'y déploient la majorité des interprètes avec à leur tête, un Samuel L. Jackson efficace. A final, Des Serpents dans l'Avion se révèle être une honnête petite série B...

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