jeudi 10 mai 2018

Plane of the Dead de Scott Thomas (2006) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



On abandonne cette fois-ci les insectes et les reptiles pour nous attarder sur les zombies. Ou plus exactement sur les infectés pour une histoire se déroulant une fois encore à bord d'un avion. Lieu prétendument anxiogène du fait que les dimensions réduites du cadre et l’impossibilité de s'en échapper forcent les personnages à affronter leurs ennemis. Mais le pire avec cet ersatz de film de zombies, pour les spectateurs, restera l'ennui. Car dans le genre, Plane of the Dead en repousse les limites. Mon dieu que le film de Scott Thomas est mauvais. Peut-être pas aussi navrant que le Raiders of the Living Dead de Samuel M. Sherman mais tout de même sacrément mal fichu.
Il n'y a, dans Plane of the Dead, pratiquement rien à sauver. Quitte à opposer nos semblables dans l'un des nombreux moyens de transport mis à leur disposition, autant préférer l'excellent Dernier Train pour Busan de sang-Ho Yeon que cette infâme bande horrifique, plus drôle que réellement terrifiante. L'un des nombreux soucis que rencontre l’œuvre de Scott Thomas se situe au niveau de l'écriture, confondante de banalité. Les points négatifs à mettre à l'actif de Plane of the Dead sont si nombreux que l'on peut se demander dans quelle mesure l'équipe technique au complet n'aurait-elle pas choisi cette année 2006 pour suivre un mouvement de grève générale. Pas de scénario (ou si peu), des effets-spéciaux à la ramasse, et une interprétation désastreuse finissent de ternir le tableau d'une œuvre demeurant tout à fait insignifiante parmi les dizaines, les centaines de longs-métrages proposant à peu de chose près le même contenu.

Pas un seul de la petite dizaine d'interprètes ayant un rôle d'importance égale ne possède le charisme nécessaire pour que le spectateur s'y identifie. À tel point qu'on déprime et que les minutes s'égrainent au ralenti jusqu'au fatidique et libérateur générique de fin. Les plus courageux, ceux qui auront la force mentale d'aller au bout des quatre-vingt huit minutes que dure le long-métrage auront de quoi se taper sur la cuisse en arborant un sourire moqueur. Tout ce que les films catastrophes situés dans des avions nous ont appris jusqu'à maintenant est ici, bafoué avec un luxe de complaisance. Alors qu'on ne cesse de nous répéter qu'une seule balle trouant le fuselage pourrait mettre en péril l'existence des passagers, ici, on tire à la mitraillette. Mieux (ou pire!), on fait sauter les infectés à l'aide d'une bombe artisanale et ceci, sans qu'aucun dommage collatéral ne soit visible.

Pauvre George Romero qui du fond de sa tombe, doit se retourner au vu des rejetons bâtards que pondent sans vergogne des cinéastes sans talent, ni moyens techniques et financiers. A force de produire des merdes de cet acabit, le résultat à l'écran ressemble de plus en plus à un spectacle orchestré entre potes, le week-end, après un déjeuner barbecue bien arrosé. Plane of the Dead ne transpire à aucun moment la passion pour le septième art et encore moins pour le genre qu'il exploite. Tout juste ressemble-t-il à un sous-produit tendant à faire tomber la cagnotte. Ce qui ne risque pas de lui arriver. Énorme nanar s'il en est, le film de Scott Thomas possède certaines des tares de ses illustres ancêtre dans le domaine du Z puisqu'en notre pays, les doublages eux-mêmes sont d'une effarante médiocrité. Troisième long-métrage de suite à aborder en ces pages des intrigues situées à bord d'avions de ligne, Plane of the Dead demeure sans conteste le plus faible. Mais même en exploitant des acteurs (arf, laissez-moi rire) médiocres, même en proposant des effets-spéciaux d'un autre âge, même en produisant une œuvre dont le scénario et la mise en scène se sont fait la malle, on aurait pu espérer que l'ensemble soit enrobé d'une ambiance suffisamment convaincante pour retenir un brin d'attention de la part du spectateur, mais même à ce sujet, c'est le désert artistique. L'ambiance y est si malencontreusement absente, que l'on a l'impression que le film a récupéré les boites noires d'un vol sans histoire. Un film à ne surtout pas mettre entre toutes les mains, donc. Uniquement réservé aux seuls fans de séries Z...

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