mardi 3 avril 2018

Vidéotopsie n°14 de David Didelot (Février 2014)



Mettre la main sur un ancien exemplaire de Vidéotopsie, c'est un peu comme de tomber sur un bon vin dont les années n'ont pas altéré le goût. Datant de février 2014, ceux qui n'ont découvert le bébé de David Didelot que très récemment penseront sûrement que ce numéro là est bien moins copieux que les derniers en date. Pourtant, si contre les cent quatre-vingt huit pages du numéro 20, le numéro 14 en oppose 'seulement' soixante-dix huit, que les amateurs de cinéma bis se rassurent : il y a là, de quoi très largement les contenter. L'édito en page 3 de David donne une idée assez précise de son contenu même si déjà, à travers la très belle première de couverture 'mat', les superbes reproductions laissent augurer d'un article passionnant sur un acteur-réalisateur sur lequel certains lecteurs (comme moi) ne mettront un visage sur le nom qu'après la quatrième page. Car oui, l'homme auquel ont décidé d'accorder un long article de pas moins de vingt pages David et l'auteur du dossier, Alexandre Jousse, n'est autre que Jack Starrett. Impossible de ne pas reconnaître l'infâme flic moustachu qui s'en prenait à un Rambo désireux de prendre un repas et une douche en ville au début du long-métrage éponyme. On savait donc le bonhomme acteur, mais combien d'entre nous savaient qu'il avait également effectué une carrière de cinéaste ? C'est ainsi que le dossier Jack Starrett, dont le contenu est admirablement documenté, nous permet d'en savoir un peu plus sur lui et de découvrir, selon l'auteur du dossier, que sous leurs airs de série B fauchées, certaines semblent avoir inspiré plusieurs grands cinéastes. Nous apprendrons notamment que Jack Starrett aura repris les commandes de Course Contre l'Enfer, le plus 'connu' de ses longs-métrages après que Lee Frost lui ait passé le relais. Et Lee Frost, on connaît ici, puisqu'il fut l'auteur du génial et délirant The Thing with two Heads !

Ensuite, place à la rubrique 'Review Bis'. Un catalogue de seize pages consacrées à diverses productions proposant érotisme soft, monstres marins (l'excellent article de Claude Gaillard consacré à Apocalypse dans l'Océan Rouge de John Old Jr. (pseudo derrière lequel se cache le tâcheron Lamberto Bava), puis plus loin, le Cruel Jaws de Bruno Matteï, ou comment sublimer un médiocre long-métrage par l'écrit, du post-apocalyptique signé David Worth, du slasher espagnol, un sous-exorciste ibérique, un étonnant mélange des genres (Horreur dans la Ville), un 'remake' du tout premier film gore de l'histoire, une double-page passionnée (et passionnante) consacrée à Dead and Buried de Gary A. Sherman, ainsi qu'une autre, double elle aussi, au secondes aventures de Reggie, Mike et le Tall Man de l'effrayant Phantasm de Don Coscarelli. Outre Claude Gaillard, on retrouve fort logiquement David à l’écriture, ainsi que les rédacteurs Jocelyn Manchec, Simon Laperriere, Didier Lefevre, Stéphane Prieur et Christophe Gaquière.

Ensuite, ce 14ème exemplaire de Vidéotopsie nous propose une très intéressante interview de l'actrice danoise Lone Flemming dont les amateurs de chair putréfiée reconnaîtront sa participation à l'excellente quadrilogie des Templiers de Amando de Ossorio. Un entretien réalisé un an auparavant par David Garcia et généreusement proposé dans un numéro de Vidéotopsie, décidément très instructif.
Cachez ce sein que je ne saurais voir diraient certains à la vue du joli mamelon qui surgit sans crier gare en page quarante-six. Celui d'une Linda Blair, loin d'être effarouchée et s'éloignant de la gamine 'hantée' de L'Exorciste de William Friedkin. Un article la consacrant à travers sa filmographie. Un article qui permettra surtout de se rendre compte (ou pas) que l'actrice ne fut pas seulement l'interprète du seul rôle de Regan, mais qu'elle joua dans un certain nombre de longs-métrages estampillés 'Bis'. Du WIP (Women in Prison), du Rape and Revenge (ce qui revient 'presque' au même), du Vigilante, de l'Actioner, parfois (souvent?) légèrement vêtue, la rondouillette Linda offrira quelques fois ses charmes quant elle ne fera pas qu'apparaître succinctement. De la bien bel ouvrage constituée par des amoureux de bandes-magnétiques pas toujours traduites dans notre langue. Quel courage !

Ensuite, David revient sur l'un des auteurs de la défunte (et très regrettée) Collection GORE paru chez fleuve Noire entre 1985 et 1990, l'écrivain François Darnaudet, auteur du dyptique Collioure Trap en compagnie de Catherine Rabier), et Andernos Trap. Lors d'une interview, David et François reviennent principalement sur ces deux romans.

Ce numéro 14 se termine ensuite par trois rubriques. Cinéma Amateur (et à mater!), Et pour quelques infos de plus, ainsi qu'une double page consacrée aux fanzines des 'copains' dont un Steadyzine auquel votre serviteur prend toujours un immense plaisir à collaborer (PUB!). En remontant le temps jusqu'en ce février 2014, on se rend compte à quel point la passion pour le cinéma bis chez David et son équipe est présente. Et l'on ne doute pas un instant que cela était d'ailleurs déjà le cas bien avant cela. Fourmillant d'anecdotes et d'articles passionnés, il est clair qu'avec un tel objet entre les mains, la majeure partie d'entre nous ont dû se dire qu'ils étaient passés à côté de quelques grands moments de cinéma. Et en cela, je pense notamment à l’œuvre complète de Jack Starrett. Comme d'habitude, l'acquisition de ce Vidéotopsie numéro 14 se révèle indispensable. Malheureusement épuisé, il ne reste plus aux retardataires, qu'à fouiner sur la toile, chez les bouquinistes ou dans les vides greniers afin d'avoir l'hypothétique chance d'en trouver un exemplaire...

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