vendredi 16 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (6)

Retourner en arrière, remonter dans le passé, de quelques années. Une grosse dizaine à vrai dire, et passer des postérieurs Héros, La Traversée et Carbone au plus ancien Incontrôlable, c'est un peu comme de déguster un met raffiné avant de manger une vulgaire tambouille. Sur les conseils (mal)avisés d'un ami (désolé Christophe), j'ai donc opté pour une œuvre antérieure. Une comédie balourde, loin des rôles dramatiques qu'ont désormais l'habitude d'offrir les cinéastes à un Michael Youn, ma foi, pas aussi mauvais interprète que je l'aurai cru. C'est ainsi donc que l'on reprochera à l'ancien animateur du Morning Live d'avoir assez mal débuté sa carrière d'acteur en enchaînant des œuvres désarmantes de niaiseries. Dont cet Incontrôlable échappant justement à toute forme de raison d'être. Débile, oui. Vulgaire, certainement. Drôle... ? En de TRES rares occasions. A vrai dire, surtout au début, lorsque l'on découvre que le personnage de Georges, scénariste de métier, se réveille un matin avec la voix d'Eddy Murphy. Comprendre, la voix FRANCAISE de l'acteur américain. Et plus spécifiquement celle du film d'animation Shrek. Une situation originale qui n'est pas sans rappeler La Personne aux deux Personnes de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine, une comédie là encore, assez faible incarnée par Daniel Auteuil et Alain Chabat. Originale, et grotesque, puisque malgré l'assurance dont fait preuve le nouvel et très collant alter ego du héros, sa voix à de quoi décourager n'importe quel spécimen de la gente féminine confronté au scénariste en mal d'inspiration. Même la jolie Hélène de Fougerolles aura bien du mal à garder son calme dans la peau de Manon, plus vieille amie du héros et en secret, très amoureuse de ce bêta de Georges qui va durant une heure trente, accumuler les bourdes.
Incontrôlable, c'est du lourd(ingue), et même, du très lourd(ingue). Allez, j'avoue, j'ai ri très fort. Une fois. Et un peu plus discrètement, à deux autres occasions. La première fois, lors d'un repas partagé entre Georges et son ami dentiste Roger interprété par Hippolyte Girardot dont on se demande encore ce qu'il est venu foutre dans une telle galère. Ne parlons même pas de Patrick Timsit dans la peau d'un David parfaitement insignifiant, de Régis Laspalès en prêtre (pas le pire personnage du film au demeurant), ou bien entendu, Thierry Lhermitte qui incarne sans doute le personnage le moins décourageant de cette comédie vraiment ratée. On s'en doute assez rapidement mais Michael Youn est doublé par la voix française officielle d'Eddy Murphy, l'acteur d'origine mauritanienne, Med Hondo. Bouffi, l'acteur s'est de plus astreint à un régime particulier à base de kebab qui lui a fait prendre plus de quinze kilos. On est cependant loin des trente kilos que pris l'américain Robert de Niro au tout début des années quatre-vingt pour les besoins du tournage de Raging Bull de Martin Scorsese. Toujours est-il que c'est à cause de ce long-métrage et de quelques autres également que la mauvaise réputation de Michael Youn le précède. Et c'est bien dommage car dorénavant, les cinéastes lui font confiance et lui confient des rôles du plus grande envergure. Que les réfractaires lui laissent alors une chance de leur prouver sa valeur, tout en évitant copieusement, bien sûr, ce furoncle cinématographique... ! ❤❤❤💔💔💔💔💔💔💔

Lorsque l'on s'écrase au sol, l'important, c'est de se remettre en selle. Sur un cheval, une bicyclette. Ou comme ici sur un fauteuil de cinéma. Ne jamais lâcher sa passion pour le cinéma malgré les désagréments que l'on peut rencontrer lorsque l'on est confronté à des contrariétés du même type que le film chroniqué précédemment. Sans Laisser de Trace renoue d'une manière générale avec ce que l'on attend d'un long-métrage en évacuant toute la misère que l'on peut ressentir devant ces heures perdues devant des films qui ne mériteraient même pas que l'on évoque leur titre. Le réalisateur, acteur et scénariste français Grégoire Vigneron mettait en scène en 2010, ce qui devait demeurer jusqu'à aujourd'hui comme son unique long-métrage. Une œuvre qu'il co-écrivit en compagnie d'un autre habitué du septième art, le cinéaste et scénariste Laurent Tirard, auteur dernièrement de l'excellent Le Retour du Héros avec Jean Dujardin et Mélanie Laurent. Sans Laisser de Trace a l'intelligence des thrillers français qui n'essaient jamais de copier leurs homologues américains, scandinaves ou sud-coréens. Valeur sûre du cinéma français, l'immense Benoît Magimel s'implique comme toujours avec force dans le rôle d’Étienne Meunier, PDG d'une entreprise florissante spécialisée dans les produits d'entretien. Un jour, alors qu'il vient de retrouver son ancien ami Patrick Chambon qu'il n'a plus revu depuis vingt ans, Étienne ressent le besoin de lui confier un secret qui le ronge depuis de nombreuses années. En effet, il y a longtemps, Étienne s'est approprié l'invention d'un homme, laquelle a fait depuis sa réussite professionnelle. Sur les conseils de Patrick, et afin de soulager sa conscience, Étienne et celui-ci se rendent chez cet homme bafoué afin de lui avouer l'outrage dont il s'est rendu responsable bien des années auparavant. Mais plutôt que de libérer sa conscience, Étienne va sans le vouloir se retrouver empêtré dans un engrenage dont il aura bien du mal à se sortir...
Un casting impeccable pour un thriller psychologique haletant, dont le scénario écrit avec concision ne souffre d'aucun défaut ni d'aucune sorte de maladresse. Preuve si l'en est que le cinéma français en a sous le coude lorsqu'il s'agit de nous conter des histoires aux multiples ramifications. Sans Laisser de Trace est l'exemple type de long-métrage qui assouvit les pulsions du spectateur avide de récits tout à la fois alambiqués et pourtant parfaitement limpides dans leur constructions. Grégoire Vigneron est un sacré pervers. L'enchaînement d'événements pouvant jouer sur la carrière et la vie privée du héros (un personnage, si l'on réfléchit un instant, qui n'est pourtant pas des plus remarquable moralement), est tel que l'on s'inquiète de la tournure que pourrait prendre son histoire personnelle. D'autant plus que Sans Laisser de Trace accumule les twists avec une régularité diabolique sans jamais empiéter sur le terrain du ridicule. Benoît Magimel y est énorme, comme à son habitude. François-Xavier Demaison incarne un Patrick Chambon inquiétant dans sa manière irraisonnée d'aborder la situation. Si les deux principaux interprètes emportent l'adhésion grâce à leur excellente interprétation, il serait dommage d'oublier Julie Gayet, Jean-Marie Winling, et Dominique Labourier formant à eux trois la compagne et la belle-famille du héros. Ou bien encore Stéphane de Groodt dans le rôle du collant inspecteur Kazinski, Léa Seydoux dans celui de Fleur, fille de François Michelet, incarné lui par l'acteur André Wilms (le très touchant Joseph de l'excellent Ôtez-moi d'un doute de Carine Tardieu). Sans Laisser de Trace n'est pas de ces thriller nerveux reposant sur des courses-poursuites et des séquences de gunfight. Non, le long-métrage de Grégoire Vigneron repose sur un scénario brillant reposant sur le principe des dominos. A voir, donc. Absolument ! ❤❤❤❤❤❤❤💔💔

Pas comme... Truands de Frédéric Schoendoerffer, fils de... Pierre Schoendoerffer. A force de trop vouloir faire dans le glauque, le sexe, la violence et la noirceur, le cinéaste français originaire de Boulogne-Billancourt ridiculise tout ce qu'il entreprend. Benoît Magimel prouve que l'on peut être un excellent acteur et avoir du mal à convaincre sous la direction d'un cinéaste qui, ici présent, paraît s'être laissé pousser des ailes en s'imaginant hypothétiquement être capable de tourner SON King of New-York, mais en réalité, sans jamais avoir dans ses valises cette petite chose que l'on appelle le talent. Du moins, pas cette fois-ci. Truands est grotesque, surenchérissant dans le domaine de l'horreur lorsque son personnage principal surjoué par l'acteur Philippe Caubère pète un câble et torture (avant de tuer) tout ceux qui nuisent à ses projets mégalomaniaques. Si seulement le personnage de Claude Corti s'était contenté de cela. Mais non, car la femme, qui n'aura jamais été aussi peu considérée qu'en la présente occasion, en prend plein le cul comme voudrait être formulée l'expression à la manière des propos orduriers qui parasitent sans cesse le troisième long-métrage de Schoendoerffer fils. L'acteur se croit sur les planches d'un théâtre à l'abandon, évoquant avec férocité quelques personnages de grands films noirs américains sans pour autant convaincre l'amateur de polars. Le scénario de Frédéric Schoendoerffer et Yann Brion croupit sous une montagne de dialogues d'une confondante vulgarité. La voyoucratie sous son aspect le moins 'noble ' pourrait-on envisager...
Aux allures, paraît-il, de docu-fiction (sûrement ces mouvements de caméra imprécis ou ces voix qui parfois disparaissent sous l'épuisante (et donc insupportable) bande-son), Truands déroule une intrigue qui elle, en contrepartie, ne fatiguera certainement pas les amateurs de thrillers psychologiques en recherche de sensations inédites. Schoendoerffer signe une œuvre bas du front. A peine survolée par un Benoît Magimel qui, certainement sans le vouloir, vient avant tout empocher son cachet d'interprète. Une navrante parenthèse avant l'efficace Dealer de Jean Luc Herbulot que je m’apprêtais à regarder juste après. Mais, ça c'est une autre histoire que je vous propose de vous raconter la prochaine fois... ❤❤❤💔💔💔💔💔💔💔

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