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samedi 20 janvier 2018

Body Double de Brian de Palma (1984) - ★★★★★★★★★★



Coïncidence ? Lorsque sort sur les écrans américains le 26 Octobre 1984, le dernier né de Brian de Palma Body Double, la présence de deux des interprètes du soap opera Santa Barbara coïncide étrangement avec leur participation au nouveau film de l'auteur de Phantom of the Paradise et Carrie. Lane Davies qui interprétait Mason Capwell du clan familial du même nom et David Haskell qui incarnait Nick Hartley apparaissent donc de manière succincte dans Body Double. De manière à rentabiliser l'affaire en attirant les amateurs de ce qui allait devenir comme l'un des plus populaires soap opera américain, qu'il s'agisse sur sa terre natale ou bien même chez nous, en France, où il connaîtra un bel engouement de la part du public français ? Si l'étroitesse existant entre la diffusion du téléfilm sur NBC et la sortie en salle de Body Double laisse envisager qu'il ne s'agit que d'une coïncidence, cette dernière demeure troublante. Surtout à la vision du long-métrage de Brian de Palma, un hommage évident au cinéma du britannique Alfred Hitchcock (Vertigo), et dont le visuel naïf et l'interprétation quasi télévisuelle de ses interprètes laissent planer un doute. Une peu à la manière de David Lynch et de son Blue Velvet et Brian Yuzna et Society, le cinéaste originaire de Newark dans le New Jersey s'approprie les codes esthétiques du soap opera afin d'y insuffler une aura exhalant le souffre. 
 
Sur un air des plus troublant composé par Pino Donaggio (Telescope), il se dégage de Body Double une extraordinaire sensualité, parfaitement retranscrite à travers l'interprétation de la sublime Deborah Shelton (qui remporta le titre de Miss USA en 1970, on comprend pourquoi), actrice ayant participé à une vingtaine de longs-métrages ainsi qu'à un grand nombre de séries télévisées. Regard vert, intense, corps de rêve. Dont la silhouette bouleverse Craig Wasson, ou plutôt son personnage, Jake Scully. Acteur de seconde zone, trompé par son épouse (Barbara Crampton, pour une apparition de quelques secondes seulement) viré du plateau de tournage où il interprétait le rôle d'un vampire. Mais pour un acteur claustrophobe, demeurer dans un cercueil étant quasiment impossible, il est remplacé par un autre. Sans argent, ni toit, ni travail, il fait tout à fait par hasard la connaissance de Sam Bouchard, un acteur qui comme lui traîne de casting en cours de théâtre. Habitant dans une luxueuse demeure prêtée par un ami, Sam propose à Jake d'y loger durant les cinq prochaines semaines. C'est là que ce dernier fera la connaissance de Gloria (Deborah Sheldon, donc), par l'entremise d'un téléobjectif pointé sur son appartement. La jeune femme, tous les soirs, se donne légèrement vêtue en spectacle. Alors que Sam abandonne l'appartement à son nouvel ami pour les cinq semaines à venir, Jake profite du spectacle donné par Gloria à dix-huit pétantes, tous les soirs. C'est ainsi qu'il découvre qu'il n'est pas seul à la regarder danser à moitié nue devant la baie vitrée de son salon. Un homme que Jake identifie comme étant un indien semble malintentionné...

Dans le rôle de Jake Scully donc, Craig Wasson, acteur qui débuta sa carrière au cinéma avec Le Toboggan de la Mort et y mit un terme en 2006 après sa participation au tournage de Akeelah and the Bee de Doug Atchison. On le vit notamment dans le rôle du Docteur Neil Gordon dans Les Griffes du Cauchemar (troisième opus de la saga Freddy Krueger) ou dans Velocity Trap, œuvre de science-fiction signée Philip J. Roth en 1997, mais c'est bien avec son interprétation dans Body Double qu'il tient son meilleur rôle. Incarnant à la perfection ce personnage effacé, peu confiant en lui, trompé, naïf et timide, ce dernier se « révèle » au moment même où tout semble perdu. C'est au contact d'une autre magnifique interprète que le personnage de Jake se libère véritablement. Car si Deborah Shelton incarnait la sensualité, Melanie Griffith, elle, incarne désormais la sexualité. D'un côté, la brune sensuelle, de l'autre, la blonde sexuelle.

Brian de Palma qui jusqu'ici filmait des personnage dans un visuel de téléfilm stéréotypé qui dans sa globalité relevait de la naïveté, à l'arrivée de Holly Body (Melanie Griffith), le cinéaste chamboule les repères auxquels il nous avait habitué et plonge ses personnages (et nous avec), dans le stupre du milieu de la pornographie. A la danse langoureuse de Gloria, à la petite culotte de dentelle blanche, Brian de Palma préfère désormais le cuir, le latex, et le décor sordide d'un porno-soft servant de cadre au groupe bien réel qu'est Frankie Goes to Hollywood. Ses membres choisiront finalement de tourner leur propre clip pour la chanson entendue dans le film, Relax. D'ailleurs, la réalité rejoignant la fiction, le clip se révélera finalement bien plus glauque que les quelques images que l'on entrevoie dans Body Double. L’œuvre de Brian de palma est également un témoignage de son amour pour le cinéma. Du tournage du film d'horreur, aux décors, en passant par les scènes de casting et les cours de théâtre. Il y convoque également le thème des fausses apparences, aspect que nous n'évoquerons pas ici afin de ne rien révéler du contenu. Toujours est-il que Body Double se révèle être une œuvre troublante, comme dit plus haut, sensuelle et sexuelle, naïve par certains aspects de son approche et finalement assez inattendue dans son approche esthétique. L'un des meilleurs de son auteur. Shelton et Griffith y sont superbes et Wasson excellent... 

  

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