samedi 13 janvier 2018

Beyond Re-Animator de Brian Yuzna (2003) - ★★★★★★☆☆☆☆


Treize ans après le second opus et dix-huit après le premier, le cinéaste Brian Yuzna, notamment auteur d'un Society très étrange, clôturait en 2003 le cycle Re-Animator avec Beyond Re-Animator. Alors qu'un quatrième volet des aventures d'Herbert West, personnage inspiré par la nouvelle de l'écrivain Howard Phillips Lovecraft, Herbert West, réanimateur, était prévue avant d'être simplement abandonnée, on aurait pu craindre que cette suite tardive décoive et pourtant, au regard de la première incartade du cinéaste dans l'univers Lovecraftien, Bride of Re-Animator, en 1990, Beyond Re-Animator lui est, Ô miracle, bien supérieur. Hommage à l'auteur de la nouvelle originale, Brian Yuzna donne au personnage accompagnant désormais le Docteur West en lieu et place de Dan Cain, le nom Howard Phillips. Quant au personnage de Laura Olney interprété par la très belle actrice espagnole Elsa Pataky, son nom est directement issu de la nouvelle The Strange High House in the Mist écrite en 1926 par Lovecraft et publiée dans le magasine américain Weird Tales cinq ans plus tard.
Le fameux titre de la saga étant désormais précédé d'un “Beyond” signifiant chez nous “au-delà”, on pouvait supposer que le film de Brian Yuzna allait investir dans des territoires plus lointains encore que ceux des deux premiers longs-métrages. Mais à part le nouveau procédé utilisé par Herbert West à base d'énergie nano-plasmique, c'est un peu la même histoire qui recommence. En fait, la seule et véritable originalité de ce troisième opus demeure dans le lieu carcéral où se retrouve enfermé West après que ses expériences aient causé la mort d'une jeune femme treize ans plus tôt. Pas particulièrement bouleversé par ce drame dont la victime fut sa propre sœur, le docteur Howard Phillips débarque en prison afin de continuer auprès de West lui-même, les recherches de ce fou génial se prenant maintenant depuis presque vingt ans pour Dieu!

Si on sent bien que le film n'a pas obtenu de financement très important, c'est sur la propension du cinéaste originaire des Philippines à jouer sur le délirant propos du film que tient le récit. Pourtant, au final, le spectateur constatera qu'en matière de monstruosités, le film fait presque totalement table rase du passé et ne propose que quelques échantillons de freaks qui pourront apparaître tout d'abord un peu léger. Herbert West se concentrant avant tout sur sa nouvelle invention, le nano-plasma, ce simili-Dieu cherche encore plus qu'auparavant à donner vie non plus à de simples créatures sans cervelles mais à redonner une véritable conscience à ses cobayes. Les tests demeureront concluant même si une certaine agressivité demeure. 
Pour les besoins du film, Brian Yuzna déplace l'équipe technique ainsi que le casting jusqu'en Espagne, le tournage ayant eut lieu à Barcelone ainsi qu'à Valence. D'origine espagnole, le long-métrage est donc pour partie interprété par des actrices et acteurs originaires du pays. Elsa pataky, donc, que l'on retrouvera plus tard dans Snake on a Plane ou les les 5ème, 6ème, 7ème et 8ème volets de la navrante saga Fast and Furious, Bárbara Elorrieta actrice pour le cinéma (une poignée de long-métrages dont Rottweiler en 2004) mais surtout productrice et interprète pour la chaîne de télévision espagnole Intereconomia TV, ainsi que le madrilène Santiago Segura que les fans du génial cinéaste espagnol Alex de la Iglesia connaissent forcément puisqu'il joua dans plusieurs de ses premiers longs-métrages. Quant à Enrique Arce, il interprète le rôle d'un taulard ayant particulièrement envie d'en découdre avec West et Simon Andrieu, lui, est le gros méchant du film puisqu'il y interprète le rôle du directeur de la prison Warden Brando. Jason Barry est quant à lui le seul interprète irlandais. Et comme pour prouver que commencer sa carrière dans l'horreur n'enferme pas ses interprètes dans un rôle unique, cet acteur originaire de Dublin est surtout connu pour avoir joué six ans auparavant dans le Titanic de James Cameron.

Beyond Re-Animator est relativement sympathique. Moins délirant que les précédents volets (en dehors d'une fin un peu dingue et survoltée durant laquelle la prison est le théâtre d'une émeute). Le film offre de plus quelques scènes gore plutôt réussies. On regretterait presque que le quatrième volet, House of Re-Animator n'ait jamais été tourné. Mais que les fans se rassurent: un remake est prévu pour cette année 2018. En espérant que l'esprit de la saga, et surtout du premier film soit respecté. Cinémart vous tiendra au jus concernant l'évolution de ce reboot...

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