Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


lundi 24 août 2015

Spring de Justin Benson et Aaron Moorhead (2014)



Evan n'a plus de famille. On père est mort depuis quelques années maintenant et sa mère vient d'être enterrée. Alors qu'il boit un verre en compagnie de son meilleur et seul ami Tommy, il passe à tabac un homme qui tentait de s'en prendre à celui-ci. Cherché par la police, le jeune homme prend la fuite et quitte le sol des États-Unis pour se rendre en Italie où il fait la connaissance de deux anglais qui lui proposent de les suivre dans leur pérégrinations. Dès le lendemain de son arrivée, Evan tombe sous le charme d'une jolie italienne dont il croie le regard et qu'il retrouve par hasard le soir même accoudée à un bar. La jeune femme lui propose de laisser tomber ce qu'il est en train de faire pour la suivre. Evan refuse mais propose à cette dernière d'accepter de la retrouver le lendemain soir...

Voici donc comment débute Spring, le nouveau film du duo Justin Benson et Aaron Moorhead. Après une très alléchante bande-annonce qui laisse augurer d'une œuvre particulièrement intrigante, il est temps de se ruer sur l'objet et de voir si les cent neuf minutes qu'il dure valent autant que les quelques centaines de secondes qui nous ont été offerte en préambule. Des détails troublants de la bande-annonce (la mère atteinte d'un cancer et ces quelques plans d'Italie parcourus de détails sordides s'apparentant à de monstrueuses modifications corporelles), il en demeure encore tout le choc qu'a pu provoquer cette dernière.

Si Spring a reçu quelques prix des plus intéressants dont l'Œil d'Or du meilleur film au PIFF, l’œuvre de Justin Benson et Aaron Moorhead, comme n'importe quelle autre, a divisé le public. C'est vrai que le film a la bonne idée d'aller là où on ne l'attend pas forcément. Il ne s'agit plus ici que de montrer la seule monstruosité de l'un de ses protagonistes mais plutôt d'y consacrer l'amour d'un homme et d'une femme quoiqu'il puisse leur arriver. C'est peut-être aussi pour cette raison que le film n'atteint pas le degré d'intensité que la bande-annonce laissait présager. Car oui, Spring est trop long. Une heure trente aurait largement suffit à nous conter cette terrible romance parasitée par un mal étrange touchant l'un des deux protagonistes. Ces vingt minutes de trop noient l’œuvre et font passer certains passages du film pour une bluette adolescente plutôt ennuyeuse.
Si dans le fond, Spring n'est pas un véritablement un pur film d'horreur, il possède en malgré tout les apparences. Et ce ne sont pas les extraordinaires décors de Bari, en Italie, qui nous feront oublier de sitôt les impressionnants effets-spéciaux qui donnent au film une dimension tout particulière. On n'est pas dans le gore ici. Tout est presque histoire de suggestion. Peu de plans larges, plutôt des plans serrés, choisissant ainsi de nous révéler par petites touches la vérité sur ce que veut taire la jolie Louise. Traité à la manière d'une maladie (chose devenue presque courante au cinéma, voir Contracted) le « sortilège » dont est victime la jeune italienne est l'occasion de pénétrer un univers parfois morbide. Les cinéastes ont la bonne idée de ne pas user des artifices actuellement à la mode pour insuffler à leur film une aura de terreur. L'horreur provient surtout du mélange entre la romance d'Evan (Lou Taylor Pucci) et Louise (Nadia Hiker), et l'abomination qui se cache en celle-ci. Le contraste est presque saisissant. 


Justin Benson et Aaron Moorhead semblent prendre le parti de nous conter avant tout l'histoire d'amour plus que l'aspect fantastique. Et même si ce dernier est relativement bien représenté, certains détails sordides (la scène de douche) auraient pu donner à leur œuvre un coté « cradingue » bienvenu. On pense parfois au terrifiant Possession d'Andrzej Zulawski, mais au risque de me faire des ennemis, j'oserai affirmer que Spring a encore bien du mal à pouvoir y être comparé. Tout est juste histoire de goût...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...