
Tout ceci est une part infime, presque ridicule même, de ce qui fait de "Massacre à La Tronçonneuse" un monumental film d'épouvante. Le plus grand peut-être de tous les temps. L'un des plus fous aussi. Un portrait de famille unique en son genre. Trois générations qui ont eu le temps de se relever après la catastrophique crise de chômage qui les a touchées.





maintenir une pression qui ne se relâchera qu'avec le
générique de fin. Si la famille d'anthropophages compte autant de portraits saisissants qu'elle compte de membres, c'est celui de Leatherface qui retient l'attention. Caché derrière un masque de chair prélevé sur une anciennes victime, il n'est, malgré toute la folie qui le caractérise, qu'un enfant immature qui joue avec ses proies comme l'aurait fait un autre avec de simples poupées de chiffon. D'une imposante stature, vêtu, outre de son masque, d'un tablier de boucher crasseux, il ne nous sera jamais donné l'occasion de découvrir son visage. Et c'est peut-être ce qui le rend si terrifiant. Car en effet, il devient alors impossible de l'identifier en tant qu'homme mais plutôt comme une forme de monstre façonné par le monde moderne. Impossible donc de se reconnaître en lui et d'accepter ses méfaits.
L'autre personnage important du film, c'est cette immense bâtisse, agréable vue de l'extérieur mais qui derrière ses murs cache un décor proprement monstrueux. Outre une cuisine qui sert de pièce à l'abattage et au reconditionnement des victimes, le salon possède un "design" cauchemardesque. La "visite" de Pam, la première victime, est l'occasion pour le spectateur d'entrer de plain-pied dans l'univers morbide de Leatherface et sa petite famille. Des centaines d'outils rouillés, d'ossements animaux et même humains, un tapis de plumes ainsi qu'une poule enfermée dans une minuscule cage participent à l'une des scène les plus malsaines de toute l'histoire du cinéma. C'est en apnée et proches du vertige que l'on assiste abasourdis à cette scène véritablement angoissante. On devine déjà que découvert, ce décor va très bientôt servir de tombeau à la jeune femme.
La suite ne fera que confirmer nos craintes et c'est à une succession de scènes incroyable auxquelles nous aurons droit. Chaque plan semble avoir été étudié pour que ne subsiste que l'essentiel. C'est d'ailleurs dans les scènes coupées proposées dans certaines éditions dvd que l'on constate le choix judicieux effectué sur ce qui devait être montré et sur les scènes inutiles et abandonnées. Dès lors que l'on entre pour la première fois dans l'impressionnante maison de la "famille tronçonneuse", le rythme est si bien soutenu qu'il nous est presque impossible de retenir notre souffle.
Un point important est à noter concernant le confort supplémentaire qu'apporte la version originale par rapport à la version française car même si les dialogues sont rares, le caractère du film change sensiblement et nous projette davantage au cœur de l'action en partie grâce aux prises directes. Ce qui évidemment n'est pas le cas lors d'un doublage.
La bande-son est un intelligent mélange de musique country et de bruitages "suspects". La tronçonneuse participe elle-même au festival de "musique industrielle" auquel nous sommes conviés. Tobe Hooper expliquait justement que cette dernière lui avait permis de faire des économies sur le budget en proposant le son caractéristique de machine de mort plutôt qu'en investissant dans une bande-son classique. La country devient tout au long de l'histoire un simple fil d'Ariane reliant pour un temps le groupe d'amis au monde civilisé. Pour nous, français, cette musique ne faisant pas partie de notre patrimoine culturel, entendre les radios la digérer en sourdine renforce peut-être encore davantage cette terrifiante impression de voir rouler vers des territoires hostiles, lointains et méconnus, les cinq camarades.
Il est difficile de reprocher au film le moindre défaut et même son "grand âge" lui offre l'avantage de posséder un charme désuet, celui d'une époque définitivement révolue.
Ma note : ★★★★★★★★★★
Suppléments:
Suites et remakes:

"Massacre à la tronçonneuse 3, Leatherface" et "Massacre à la tronçonneuse 4, la nouvelle génération" ne parviennent jamais à rendre hommage au film culte de Tobe Hooper et ne sont rien de plus que deux navets à oublier définitivement.


Massacre à la tronçonneuse 2: ★★★★★☆ ☆ ☆ ☆☆
Massacre à la tronçonneuse 3, Leatherface: ★☆ ☆ ☆ ☆☆☆ ☆☆☆
Massacre à la tronçonneuse 4, la nouvelle génération: ★☆ ☆ ☆ ☆☆☆☆ ☆☆
Massacre à la tronçonneuse, le remake ★★★★★★☆ ☆ ☆ ☆ Massacre à la tronçonneus, au commencement: ★★★☆ ☆ ☆ ☆☆☆ ☆
Source d'inspiration:
Si "Massacre à la Tronçonneuse" fait aujourd'hui partie des grands classiques de l'épouvante, il ne faut pas oublier qu'il s'inspire de faits-divers qui ont eu lieu dans la région du Wisconsin, à Plainfield très exactement. Edward Gein a, en effet, tué deux femmes dans le courant des années cinquante. Ce qui aurait pu ressembler à un banal fait divers s'est révélé bien plus sordide encore. Car cet homme, vaguement considéré comme l'idiot du village a aussi déterré une trentaine de cadavres de femmes qu'il a ensuite emportées chez lui. Sa ferme, il en a fait un abattoir. Et notamment la cuisine dans laquelle il a dépecé les deux femmes qu'il a tué. Ce tueur nécrophile a donc vécu durant des années au milieu des cadavres dont il coupait les crânes en deux afin de s'en servir comme bol pour le petit déjeuner. Cette histoire inspira Hitchcock pour son film "Psychose" qui lui, aborde davantage l'esprit tourmenté d'un jeune homme toujours en conflit avec sa mère pourtant morte. Hooper retient de l'histoire sordide de Gein, les aspects les plus horribles. Comme la maison qui d'un point de vue extérieur semblait tout à fait quelconque mais dont l'intérieur révélait les fantasmes de son propriétaire. Un tombeau dans lequel il révérait sa mère au point de s'accaparer tout ce qui la lui rappelait.
Lorsque la police est intervenue chez lui après des soupçons portés sur lui, c'est à un décor des plus sordides qu'elle a dû faire face. Cadavres sans tête suspendus par les chevilles et éviscérés dans la cuisine. Une quinzaine de corps pourrissant étendus sur le lit de Gein et sur les montants duquel étaient fixés quatre crânes soigneusement nettoyés. La maison était dans un tel désordre que les investigations furent des plus difficiles. Un policier tomba même nez à nez avec une tête fraîchement découpée (celle de sa seconde victime) et enfermée dans un sac de toile taché de sang.
Tout ça parce que la mère d'Ed Gein n'a jamais cessé de lui transmettre sa haine des femmes. Lorsqu'elle est morte, le fils s'est retrouvé seul et à laissé libre cours à ses fantasmes et à développé un étrange rituel consistant à se coudre des vêtements en peau humaine prélevée sur les cadavres de ses deux victimes. Il sortait alors le soir et dansait ainsi vêtu devant sa ferme.
Edward Gein est mort d'un cancer en Aout 1984 alors qu'il purgeait une peine de prison pour ses méfaits...