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Libellés

jeudi 28 avril 2011

RAMPAGE (le sang du châtiment) de William Friedkin (1987)





"Rampage" fait partie de ces films sur lesquels on fantasme sans jamais les avoir vu. Alors on traque sur la toile le moindre article. On chine dans le village d'à coté avec le peu d'espoir de trouver un jour sur l'étalage d'un vieux cinéphile endetté, l'objet du culte. Et puis, lorsqu'enfin nous tenons entre les mains cette vieille relique à la bande usée, on la manipule avec précaution. Comme si elle risquait de tomber en morceau au moindre faux pas. Puis vient le moment de la glisser dans le vieux magnétoscope ressorti pour l'occasion. Après une révision de l'appareil à l'aide d'un film dont on se fiche de savoir si la bande va finir sa vie au cœur du mécanisme et une fois assuré que tout fonctionne, on décroche le téléphone, on coupe sa messagerie instantanée, on se prépare un verre, puis enfin on présente le film devant la gueule du magnétoscope avant de lui donner un petit coup de pouce en appuyant sur la tranche de la cassette.



Fondu au rouge.




Le film est réputé pour sa violence, son atmosphère malsaine et même, d'après certains, la peur qu'il engendre. Ceux qui le découvriront dans les jours, les mois ou les années qui viennent risquent d'être quelque peu décontenancés. Visuellement, le film n'a pas le caractère morbide du fantastique "Cruising" de William Friedkin. Quand à la violence, elle n'est perçue qu'à travers quelques instantanés, comme des clichés pris sur les lieux de crimes particulièrement sordides montrés de manière sporadique. Les scènes marquantes sont relativement rares au regard de pas mal de films du même cinéaste et parfois, on ressent la désagréable impression de regarder un épisode de "Perry Mason". Non, sans rire! Le développement de l'enquête ainsi que le procès, deux des aspects les plus importants du scénario, sont mis en scène de façon relativement anecdotique.



Friedkin s'attache davantage à défendre son point de vue sur la peine de mort et sur l'état mental du tueur lors des meurtres. On peut ou pas adhérer à cette manière d'expédier certains aspects de l'histoire pour se concentrer au mieux sur ce qu'il veut démontrer. Il faut savoir que deux montages radicalement différents du film ont été montés. Dans le premier, celui qui concerne cette version, le cinéaste expose sa position contre la peine de mort. Depuis, ayant changé d'avis sur la question, il a remonté son film afin de livrer une vision différente des choses. Il ne faut en aucun cas s'attendre à un film où le sang inonde la pellicule mais plutôt comme une analyse qui demande au spectateur de juger si oui ou non un tel tueur peut être considéré comme fou ou sain d'esprit. Et s'il mérite la peine de mort ou simplement de rester en prison jusqu'à la fin de ses jours.



 
Charlie Reece (Alex Mc Arthur) est ce tueur que la police recherche depuis que l'on a découvert un triple meurtre perpétré dans la maison d'un paisible quartier des États-Unis. Déjà responsable de six meurtres épouvantable, Reece est persuadé que son sang est empoisonné et le seul moyen de le purifier est, selon ses convictions, de boire celui d'êtres pures. C'est ainsi qu'il frappe au hasard, dans le voisinage, et sans distinction de sexe ou d'âge. Il tue à l'aide d'une arme à feu, mutile ses victimes au couteau puis boit leur sang. Il est jeune, beau, travaille dans une station service et vit avec une mère (Grace Zabriskie) qui collectionne les tranquillisants. Rien ne le distingue de son prochain. Les rares personnes qui l'on vu rôder autour des scènes de crimes témoignent qu'il mesure plus d'un mètre quatre-vingt, qu'il a les cheveux longs et qu'il porte une veste rouge. Ce qu'ils n'entendent pas par contre, c'est cette curieuse mélodie qu'il siffle chaque fois avant de sonner à la porte de ses futures victimes. Il a toujours sur lui un sac en plastique et un couteau.





Des détails qui mèneront Tony Fraser (Mickael Biehn), jeune avocat chargé de faire condamner le tueur enfin arrêté, à douter de l'option plaidée par Reece et son avocat lors du procès. Celle de la folie. Fraser est marié à Kate (Deborah Van Valkenburgh) et le couple a connu un drame terrible puisque leur fille est morte quelques temps auparavant. Si Kate voit d'un mauvais œil l'implication de Tony dans cette nouvelle affaire, ce dernier va tout mettre en œuvre afin de faire condamner à mort le jeune Charlie Reece. Auprès de la police et des spécialistes qui l'on étudié lorsqu'il était enfermé à l'hôpital psychiatrique, il va tenter de prouver que le tueur en série est sain d'esprit et que ce dernier ne fait que jouer le rôle qui lui évitera de finir sur la chaise électrique.

à suivre...

mardi 19 avril 2011

MASSACRE Á LA TRONÇONNEUSE de Tobe Hooper (1974)



Imaginons-nous un instant ressentir de la peine pour un stupide gallinacé enfermé dans une cage pas plus grande que lui. Ressentir la troublante sensation que le sol va bientôt se dérober sous nos pieds si la jeune femme qui nous est présentée ne parvient pas dans les secondes qui viennent à s'enfuir du piège dans lequel elle est tombée. Rêver secrètement de voir le garçon assis sur son fauteuil roulant se faire découper en rondelles par un fou sanguinaire armée d'une tronçonneuse. Et sans aucun doute même, croire voir s'écouler des milliers de litres de sang dans un film qui n'en propose que quelques gouttes.
Tout ceci est une part infime, presque ridicule même, de ce qui fait de "Massacre à La Tronçonneuse" un monumental film d'épouvante. Le plus grand peut-être de tous les temps. L'un des plus fous aussi. Un portrait de famille unique en son genre. Trois générations qui ont eu le temps de se relever après la catastrophique crise de chômage qui les a touchées. 


Comment se recycler lorsque l'on travaille dans un abattoir et que l'on vous met à la porte, si ce n'est en continuant à exercer sa passion dans les entrailles de touristes malheureux? Du pompiste à l'auto-stoppeur en passant par la maison aux atours luxueux, l'humain, ce qu'il a créé de ses mains et l'environnement qui l'a vu naître, tout devient d'une cruelle incertitude. Il y a dans ce soleil accablant qui laisse pourrir un tatou renversé sur l'asphalte, quelque chose d'inquiétant. Comme le visage inouï du type installé sur sa chaise et qui se complait à griller ce qu'il lui reste de santé sous le regard cyclopéen de l'astre luminescent. Que dire de cette immense bâtisse, seule entité qu'il est aisé de reconnaître dans un premier temps comme unique forme de civilisation face à l'immense et menaçant territoire d'où semblent originaires les individus les plus louches? Cette demeure, source des plus effroyables tragédies est le théâtre de forfaits que même le plus agité d'entre nous serait incapable d'imaginer. 




Si à l'époque beaucoup de personnes ont affirmé sans sourciller que le film de Tobe Hooper était sanglant sans même l'avoir jamais vu, c'est sans doute à cause de son titre et de l'affiche qui laissaient présager de nombreuses scènes croustillantes. A dire vrai, "Massacre à La Tronçonneuse" joue plutôt la carte de la suggestion et ne contient aucune scène gore, si ce n'est à la toute fin lorsque Leatherface ("Tronche de cuir") se coupe la cuisse par accident avec sa tronçonneuse. Le film repose sur une ambiance pesante, étouffante et angoissante. L'image granuleuse du 16mm, la bande-son et les décors participent à cette terrible impression que la joie et la bonne humeur du petit groupe d'amis qui traverse l'état du Texas va bientôt se transformer en véritable cauchemar. Sally, son frère Franklyn et leur trois amis vont croiser sur la route des individus plus étranges les uns que les autres. Les résidus d'une société qui les a exploité durant des années avant de les pousser sur le bas-côté de la route et d'en faire ainsi des prédateurs sanguinaires incapables de faire la différence entre le bien et le mal. Encore insouciants, les jeunes gens n'hésitent pas à faire monter dans leur van un auto-stoppeur à l'allure étrange et au visage marqué d'une tache de vin. C'est l'occasion idéale pour entrer en contact avec les autochtones du coin et découvrir le mal qui gangrène le pays, créant ainsi la nécessité pour chacun de survivre par tous les moyens quitte à se fourvoyer dans la pire des exactions. Une fois débarrassés de l'inquiétant personnage, chacun se promet de ne plus faire monter qui que ce soit dans le véhicule. Si l'apparence générale de l'auto-stoppeur avait de quoi inquiéter même bien avant de le voir s'agiter parmi ses hôtes, d'autres habitants du coin, d'apparence tout à fait normale, sont peut-être eux-mêmes des individus peu recommandables. Mais comment imaginer que derrière le visage serein d'un pompiste d'une cinquantaine d'années se cache l'un des pires membres d'une famille de dégénérés? Ou qu'une maison d'apparence anodine puisse avoir été reconvertie en abattoir familial? 






Nos jeunes amis vont connaître un destin tragique, tombant l'un après l'autre entre les griffes de personnages grand-guignolesques. Si Tobe Hooper prend son temps pour installer l'intrigue, c'est pour mieux forcer le spectateur à s'attacher aux adolescents et rendre ainsi leur mort plus effroyable encore que s'ils n'étaient que les simples pions d'un jeu de massacre sanguinaire. La mise en scène, tour à tour languissante puis subitement nerveuse, parvient à 

maintenir une pression qui ne se relâchera qu'avec le 
générique de fin. Si la famille d'anthropophages compte autant de portraits saisissants qu'elle compte de membres, c'est celui de Leatherface qui retient l'attention. Caché derrière un masque de chair prélevé sur une anciennes victime, il n'est, malgré toute la folie qui le caractérise, qu'un enfant immature qui joue avec ses proies comme l'aurait fait un autre avec de simples poupées de chiffon. D'une imposante stature, vêtu, outre de son masque, d'un tablier de boucher crasseux, il ne nous sera jamais donné l'occasion de découvrir son visage. Et c'est peut-être ce qui le rend si terrifiant. Car en effet, il devient alors impossible de l'identifier en tant qu'homme mais plutôt comme une forme de monstre façonné par le monde moderne. Impossible donc de se reconnaître en lui et d'accepter ses méfaits. 


L'autre personnage important du film, c'est cette immense bâtisse, agréable vue de l'extérieur mais qui derrière ses murs cache un décor proprement monstrueux. Outre une cuisine qui sert de pièce à l'abattage et au reconditionnement des victimes, le salon possède un "design" cauchemardesque. La "visite" de Pam, la première victime, est l'occasion pour le spectateur d'entrer de plain-pied dans l'univers morbide de Leatherface et sa petite famille. Des centaines d'outils rouillés, d'ossements animaux et même humains, un tapis de plumes ainsi qu'une poule enfermée dans une minuscule cage participent à l'une des scène les plus malsaines de toute l'histoire du cinéma. C'est en apnée et proches du vertige que l'on assiste abasourdis à cette scène véritablement angoissante. On devine déjà que découvert, ce décor va très bientôt servir de tombeau à la jeune femme. 


La suite ne fera que confirmer nos craintes et c'est à une succession de scènes incroyable auxquelles nous aurons droit. Chaque plan semble avoir été étudié pour que ne subsiste que l'essentiel. C'est d'ailleurs dans les scènes coupées proposées dans certaines éditions dvd que l'on constate le choix judicieux effectué sur ce qui devait être montré et sur les scènes inutiles et abandonnées. Dès lors que l'on entre pour la première fois dans l'impressionnante maison de la "famille tronçonneuse", le rythme est si bien soutenu qu'il nous est presque impossible de retenir notre souffle.


Un point important est à noter concernant le confort supplémentaire qu'apporte la version originale par rapport à la version française car même si les dialogues sont rares, le caractère du film change sensiblement et nous projette davantage au cœur de l'action en partie grâce aux prises directes. Ce qui évidemment n'est pas le cas lors d'un doublage.
La bande-son est un intelligent mélange de musique country et de bruitages "suspects". La tronçonneuse participe elle-même au festival de "musique industrielle" auquel nous sommes conviés. Tobe Hooper expliquait justement que cette dernière lui avait permis de faire des économies sur le budget en proposant le son caractéristique de machine de mort plutôt qu'en investissant dans une bande-son classique. La country devient tout au long de l'histoire un simple fil d'Ariane reliant pour un temps le groupe d'amis au monde civilisé. Pour nous, français, cette musique ne faisant pas partie de notre patrimoine culturel, entendre les radios la digérer en sourdine renforce peut-être encore davantage cette terrifiante impression de voir rouler vers des territoires hostiles, lointains et méconnus, les cinq camarades. 



Il est difficile de reprocher au film le moindre défaut et même son "grand âge" lui offre l'avantage de posséder un charme désuet, celui d'une époque définitivement révolue.





Ma note : ★★★★★★★★★★


Suppléments:

Suites et remakes:

Il n'y a en fait pas grand-chose à dire sur les suites et remakes du chef-d'œuvre de Tobe Hooper tant aucun d'entre eux ne parvient à rendre l'atmosphère putride de ce dernier. Pas même le second volet pourtant réalisé par Hooper lui-même qui a préféré abandonné le coté malsain de son œuvre originale pour plonger ses personnages dans une sorte de comédie noire ponctuée de scènes gores malgré tout réussies. Certains personnages se révèlent pourtant intéressants comme celui du "cuisinier", toujours interprété par Jim Siedow ou encore "Chop Top", version moderne de l'auto-stoppeur, victime du Vietnam nantie d'une plaque de métal dans le crâne. Gunnar Hansen (l'acteur planqué sous le masque de Leatherface dans le premier "Massacre...") est cette fois-ci remplacé par Bill Johnson et Dennis Hooper campe le rôle déjanté du Lieutenant "Lefty" Enright. En comparaison des autres suites celle-ci n'est pas catastrophique mais on reste néanmoins quelque peu déçus par le traitement choisi par Tobe Hooper. Les décors quand à eux connaissent un lifting et se situent dans un décor dantesque du plus bel effet. 
 
"Massacre à la tronçonneuse 3, Leatherface" et "Massacre à la tronçonneuse 4, la nouvelle génération" ne parviennent jamais à rendre hommage au film culte de Tobe Hooper et ne sont rien de plus que deux navets à oublier définitivement. 




"Massacre à la tronçonneuse (le remake)" quand à lui parvient, grâce à de plus amples moyens, à redorer le blason d'une série qui petit à petit a semble-t-il tout fait pour ruiner la réputation du film original. Mais si parfois on retrouve l'ambiance glauque du film de Hooper, c'est davantage au travers d'une multitudes de scènes gores particulièrement crades que de la mise en scène générale. Son statut de remake lui offre l'opportunité de piller sans vergogne sur son ancêtre et fait donc preuve de peu d'originalité. Il ne se démarque donc de lui qu'au travers des scènes d'horreur.


Avec "Massacre à la tronçonneuse : Le Commencement", on atteint cette fois-ci des sommets de nullité. On tente de nous faire croire qu'il va traiter des origines du mal mais évacue cette idée après seulement quelques instants pour nous plonger dans un scénario décevant, une interprétation tout juste passable et surtout des attitudes grotesques. Comme celle de Leatherface par exemple. Il suffit de le voir se déhancher à la manière d'un jeune de banlieue pour rire (involontairement) aux éclats. Le film tente par tous les moyens de choquer au travers de scènes peut-être même plus sanglantes encore que dans le film précédent et ne repose finalement sur rien d'autre. Ce qui faisait la force du tout premier "Massacre..."était cette volonté de suggérer sans jamais montrer afin de forcer l'imaginaire du spectateur. Ici tout n'est qu'un prétexte à étaler des monceaux de barbaque et ainsi écœurer le public. Mais à force de trop en montrer, c'est l'effet inverse qui finit par se produire. On devine toujours ce à quoi l'on va assister sans plus jamais détourner le regard de l'écran.

Massacre à la tronçonneuse 2: ★★★★★☆ ☆ ☆ ☆
Massacre à la tronçonneuse 3, Leatherface:  ☆ ☆ ☆ ☆☆ ☆
Massacre à la tronçonneuse 4, la nouvelle génération: ☆ ☆ ☆ ☆
Massacre à la tronçonneuse, le remake ★★★★★☆ ☆ ☆ ☆ 
Massacre à la tronçonneus, au commencement: ★★☆ ☆ ☆ ☆☆ ☆

Source d'inspiration:


Si "Massacre à la Tronçonneuse" fait aujourd'hui partie des grands classiques de l'épouvante, il ne faut pas oublier qu'il s'inspire de faits-divers qui ont eu lieu dans la région du Wisconsin, à Plainfield très exactement. Edward Gein a, en effet, tué deux femmes dans le courant des années cinquante. Ce qui aurait pu ressembler à un banal fait divers s'est révélé bien plus sordide encore. Car cet homme, vaguement considéré comme l'idiot du village a aussi déterré une trentaine de cadavres de femmes qu'il a ensuite emportées chez lui. Sa ferme, il en a fait un abattoir. Et notamment la cuisine dans laquelle il a dépecé les deux femmes qu'il a tué. Ce tueur nécrophile a donc vécu durant des années au milieu des cadavres dont il coupait les crânes en deux afin de s'en servir comme bol pour le petit déjeuner. Cette histoire inspira Hitchcock pour son film "Psychose" qui lui, aborde davantage l'esprit tourmenté d'un jeune homme toujours en conflit avec sa mère pourtant morte. Hooper retient de l'histoire sordide de Gein, les aspects les plus horribles. Comme la maison qui d'un point de vue extérieur semblait tout à fait quelconque mais dont l'intérieur révélait les fantasmes de son propriétaire. Un tombeau dans lequel il révérait sa mère au point de s'accaparer tout ce qui la lui rappelait.



Lorsque la police est intervenue chez lui après des soupçons portés sur lui, c'est à un décor des plus sordides qu'elle a dû faire face. Cadavres sans tête suspendus par les chevilles et éviscérés dans la cuisine. Une quinzaine de corps pourrissant étendus sur le lit de Gein et sur les montants duquel étaient fixés quatre crânes soigneusement nettoyés. La maison était dans un tel désordre que les investigations furent des plus difficiles. Un policier tomba même nez à nez avec une tête fraîchement découpée (celle de sa seconde victime) et enfermée dans un sac de toile taché de sang.


 

Tout ça parce que la mère d'Ed Gein n'a jamais cessé de lui transmettre sa haine des femmes. Lorsqu'elle est morte, le fils s'est retrouvé seul et à laissé libre cours à ses fantasmes et à développé un étrange rituel consistant à se coudre des vêtements en peau humaine prélevée sur les cadavres de ses deux victimes. Il sortait alors le soir et dansait ainsi vêtu devant sa ferme.
Edward Gein est mort d'un cancer en Aout 1984 alors qu'il purgeait une peine de prison pour ses méfaits...


AMERICAN NIGHTMARES (Combat Shock) de Buddy Giovinazzo (1986)


 
L'univers dans lequel vit Frankie est moribond. Les trottoirs éventrés sont investis par les mauvaises herbes. La majeure partie des individus qu'il croise ne sont plus que des ombres qui tentent à leur manière de survivre tout comme lui depuis leur retour du Vietnam. Certains s'oublient dans la drogue. D'autres trainent dans les rues à la recherche du moindre larcin à perpétrer. Frankie, lui, tente vainement de trouver du travail pour faire vivre sa famille. Sa femme et lui sont les parents d'un bébé difforme victime de l'agent orange, un herbicide employé par l'armée durant la guerre du Vietnam. Ils vivent dans un trou à rats miteux et le couple passe le plus clair de son temps à s'engueuler.

Alors Frankie s'aventure dehors, croise ses anciens compagnons de guerre et fait la queue devant l'anpe locale. Chaque fois c'est le même constat. Personne n'a aucun travail à lui offrir. Il n'a plus de nouvelles de son père et lorsqu'il a le courage de lui téléphoner pour lui demander de l'aide, c'est pour entendre ce dernier lui répondre qu'il va bientôt mourir et qu'il ne peut rien pour lui. Le jeune homme se rend très vite compte qu'il ne peut compter sur personne. Et surtout pas sur la bande de voyous à laquelle il doit rendre des comptes.
A mesure que le temps passe, Frankie sombre dans la folie. Le cauchemar du Vietnam revient hanter son existence et la violence à laquelle il a toujours été réfractaire finit par prendre le dessus sur sa dignité.




"Combat Shock" est l'exemple typique du film à petit budget construit autour d'un scénario simpliste mais dont la force réside dans le portrait d'une Amérique naufragée, gangrénée par la violence, la misère et la corruption. Malgré la puissance du propos et le réel intérêt que l'on ressent devant l'incroyable violence et le pessimisme que dégage ce film, ses défauts sont légions. Outre l'absence d'histoire véritable, il n'est pas rare de constater que le caméraman semble prendre un malin plaisir à scalper les acteurs. Mal cadré et parfois mal interprété (il faut voir le trio de voyous se déhancher de manière caricaturale et donc, grotesque), certaines scènes font peine à voir.


Comme la toute première qui voudrait nous faire croire que le héros est plongé dans l'enfer du Vietnam alors que l'environnement ressemble davantage au terrain vague d'un quartier paumé de New-York. Et les insertions de documents historiques n'y changent rien. Fort heureusement, dès que notre héros s'éveille du terrible cauchemar dans lequel il est plongé, la toute première impression, mitigée, laisse place au choc. L'univers de Frankie est comme une immense jungle sans refuge. Qu'il soit chez lui en compagnie de sa femme et de leur abominable rejeton ou bien à l'extérieur, son quotidien ressemble lui-même à un cauchemar éveillé dont malheureusement, il ne peut s'échapper. Les décors sont d'un réalisme saisissant puisque véridiques. Et si certains acteurs sont médiocres, d'autres interprètent leur rôle avec conviction. Comme ces quelques toxicomanes que l'on croirait tout droit échappés d'un centre de désintoxication. 




Le plus gros défaut de "Combat Shock" reste sans conteste la bande originale. Elle colle rarement à l'ambiance du film et gâche parfois l'impact de certaines scènes. Il persiste aussi une succession de plans inutiles et s'étirant jusqu'à la démesure. Frankie marche beaucoup. Trop. Il nous est même infligé de faire la queue en sa compagnie lorsqu'il pointe au chômage. Que c'est long. Et voir sa chère épouse s'activer inutilement dans leur taudis par intermittence n'arrange rien. Certainement un moyen de dissimuler les carences d'un scénario faiblard.


Il est inévitable par moment de faire le rapprochement entre le film de Buddy Giovinazzo et le "Taxi Driver" de Martin Scorcese (la jeune prostituée). Et même, dans une moindre mesure, au chef-d'œuvre de David Lynch, "Eraserhead" (le bébé monstrueux). Giovinazzo semble donc piocher un peu dans sa jeune expérience de cinéphile.


Mais alors, si "Combat Shock" est perclus de si nombreux défauts, quelle matière peut-on en extraire ? Si l'on n'est pas réfractaire au dégout que peuvent susciter certaines scènes, à l'absence de véritable scénario, ou bien à une réalisation somme toute assez sommaire, beaucoup de choses en réalité.
Rarement le cinéma aura plongé le spectateur dans une ambiance aussi glauque. Le film va bien plus loin encore que ces productions encensées ces dernières années et que l'on nous vend comme des chef-d'œuvre en matière de cinéma glauque ( "Saw"," Hostel"). "Combat Shock" lui, l'est, véritablement. 





Ma note : ★★★★★★☆ ☆ ☆ ☆

mardi 12 avril 2011

MANIAC de William Lustig (1982)


   De Franck Zito on ne sait, et on n'apprendra, pas grand chose. Il se dit artiste mais l'est-il vraiment, lui qui traîne la nuit dans les rues crasseuses de New-York à la recherche de ses futures proies? Derrière le masque de cet homme se cache l'un des plus effroyables serial killer de toute l'histoire du cinéma. Il ne ressemble en rien à ces super-héros de l'homicide qui se planquent derrière les visages sereins d'acteurs mondialement connus. Joe Spinell campe cet homme malade. Cet enfant dont la mère décédée hante malgré tout encore son existence. Castratrice, elle a façonné à sa manière l'homme qu'est devenu plus tard le jeune Franck au travers de pratiques abominables.

   Le torse brûlé à l'aide de mégots de cigarettes, l'enfant est devenu aujourd'hui un tueur impitoyable qui s'en prend essentiellement aux femmes. Mais ces être fragiles dont le scalpe finit cloué au sommet d'un mannequin de cire ne sont-elles pas la déviante représentation qu'en fait l'esprit tourmenté de Franck? Il n'a jamais réussi à se soustraire de l'autorité de sa mère, même bien après la mort de celle-ci, et l'emprise qu'elle avait sur lui existe toujours. Mais cette aversion profonde qui pousse le tueur à éliminer toutes celles qui ont le malheur de croiser sa route se mêle à une certaine forme d'amour œdipien. Et même jusqu'à la déification de la mère qui prend forme lors des extraordinaires mais très inquiétants monologues durant lesquels on ne sait plus vraiment qui s'exprime devant la caméra. Certains détails ajoutent à cet aspect comme la photo de la mère, véritable icône, entourée de cierges allumés.

   Chaque meurtre est d'un point de vue graphique, d'une épouvantable noirceur. Comme s'il on assistait en direct à des meurtres réels filmés avec distance et sans recul, le premier degré est de mise et rien ne permet d'échapper à l'étouffante impression d'être les spectateurs volontaires de faits divers sordides bientôt révélés dans la presse.


   Si le film de William Lustig reste encore plus de trente ans après sa sortie comme l'une des plus terrifiantes expériences cinématographiques, ce n'est pas seulement grâce aux fantastiques effets-spéciaux signés Tom Savini qui laisse ici s'exprimer en totale liberté son immense talent mais bien parce que le cinéaste insuffle au long métrage une ambiance malsaine, glauque et même parfois terrifiante. Ce qui, en toute objectivité, et pour avoir vu de très nombreux films d'épouvante, est tout de même très rare au cinéma.

   Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un œil sur la scène qui voit notre serial killer suivre jusque dans le métro une jeune infirmière qui rentre chez elle tard le soir. Accompagné par un piano désaccordé, Franck Zito prend tout son temps et traque sa proie comme un chat le ferait avec la sienne. La victime se sait suivie. Elle prend peur, accélère le pas, se retourne et court se réfugier dans les toilettes publiques d'une station de métro. Le souffle coupé et parvenue jusqu'au piège dans lequel elle vient elle-même de s'enfermer, on assiste épouvantés au drame qui se joue et l'on attend avec appréhension la conclusion que l'on sait jouée d'avance pour elle.


   La tension atteint ici son point culminant mais n'est encore rien en comparaison du long et "glauquissime" monologue qui va suivre. Le visage bouffi et marqué. L’œil rond et le regard éteint. Joe Spinell n'a besoin d'aucun artifice pour faire naître l'angoisse chez le spectateur.

   Il est intéressant de noter que la version française parvient à égaler la version originale. Ce qui ravira les anglophobes. La bande-son signée Jay Chattaway colle parfaitement à ce monument de l'épouvante qu'est "Maniac". William Lustig dégage du scénario toute idée d'inclure la moindre enquête afin d' hypnotiser son public et ainsi lui permettre de pénétrer au mieux l'esprit du tueur comme le fit à la même époque Gerald Kargl avec son très curieux "Schizophrenia".

EXTRAIT:



   Le tueur est incapable de mener une vie sexuelle normale et ne trouve son exutoire que dans la collection de scalpes qu'il cloue sur des mannequins de cire et dont les visages lisses et impersonnels tranchent avec la forte personnalité de sa mère. 


   Chaque fois que Franck tue, il ne se débarrasse pas de sa victime de manière aléatoire mais bien dans le but de croiser le fer avec le fantôme de sa génitrice et ainsi prouver son détachement et sa supériorité sur elle.
A l'instar du Henry, "Portrait Of A Serial Killer" de John McNaughton, William Lustig choisi de montrer le visage de son tueur et d'en faire ainsi un homme presque anodin, que l'on pourrait aisément croiser dans la rue ou bien avoir comme voisin. A tel point même qu'il n'est pas rare d'éprouver de la pitié pour cet homme au physique repoussant et à la morale parfois douteuse. On est loin du boogeyman défiguré par d'atroces marques de brûlures ( Freddy Krueger dans "Nightmares On Elm Street") ou de celui qui porte sur le visage le masque de chair de ses victimes (Leatherface dans "Texas Chainsaw Massacre"). Si contrairement à ce dernier ce n'est pas le soleil qui a tapé un peu trop fort sur la tête de Franck, c'est au contraire l'obscurité qui fait resurgir les mauvais démons. On peut ou pas fantasmer sur des événements aussi sordides que ceux auxquels on assiste et trouver là, matière à étudier l'esprit tourmenté d'un serial killer, toujours est-il que d'après un certains nombre de témoignages et de critiques, le film semble toucher une majorité de spectateurs quand d'autres ne semblent pas s’émouvoir du portrait de Franck Zito.

   La sensibilité de chacun étant ce qu'elle est, on ne pourra reprocher ni aux uns, ni aux autres l'engouement ou le rejet que provoque "Maniac", tout juste serait-il judicieux pour ceux qui aujourd'hui encore ne connaissent pas ce grand classique de l'épouvante, de faire abstraction des avis lus dans la presse écrite, sur le net ou à travers le bouche à oreille, et de se faire une opinion toute personnelle.

Ma note : ★★★★★★★★☆ ☆

Suppléments:

Joe Spinell (28/10/36 – 13/01/89) : Mort d'un Maniac - Légende ou réalité?

   Les hypothèses quand au décès de Joe Spinell sont multiples et par conséquent, il devient évident que la majeure partie d'entre elles sont fantaisistes. L'une d'elle tout particulièrement, peut-être la moins réaliste mais qui aux yeux des cinéphiles paraîtrait la mieux "adaptée", veut que Joe Spinell, atteint d'hémophilie, se soit mis aux drogues dures et à l'alcool après sa trop grande implication dans le rôle du tueur. Il aurait été retrouvé mort vidé de son sang après s'être cogné et s'être endormi sur le canapé du salon. Cette version est bien sûr la plus "sensationnelle" mais pas nécessairement la plus juste.
L'acteur avait prévu de jouer dans une suite sobrement intitulée "Maniac 2: Mr. Robbie" mais sa disparition semble avoir mis un terme définitif au projet mis en chantier à l'époque par Buddy Giovinazzo, auteur d'un craspec et pessimiste "Combat Shock" (une variante glauque du "Taxi Driver" de Martin Scorsese ).


Les victimes face à leur bourreau :

   Si cet article fait volontairement l'impasse sur Caroline Munroe, c'est parce que j'estime que sa participation au film est anecdotique et que son interprétation n'a rien d'inoubliable. C'est peut-être le seul point négatif du film si l'on juge par dessus tout que le grain de la bobine, la minceur du scénario ainsi que la redondance de certaines actions n'entachent pas l’intérêt du film. Concernant le premier point, il est indéniable que l'utilisation du 16 mm, qu'il soit volontaire ou découlant de moyens ridicules, est un détail qui a son importance sur l'ambiance générale du film. Certaines rues de New-York y sont plus sales que dans la réalité. Si les meurtres semblent au premier abord s’enchaîner sans véritable cohérence, il suffit de se pencher sur l'activité des victimes pour trouver chaque fois le rapport qui les unie et les condamne forcément aux yeux de leur bourreau. S'il paraît normal et même presque romantique de croiser la route d'un couple d'amoureux qui s'éveille tout juste de la nuit qu’il vient de passer sur une plage déserte, qu'en est-il de ce que peut ressentir un homme qui s'érige en justicier pourfendeur de femmes libertines? Quand à celles qui vendent leurs corps pour quelques billets verts (dans l'une des chambres crasseuses d'un hôtel de passe pour la première et devant l'objectif d'un photographe pour la seconde), ne méritent-elles pas finalement d'être châtiées? Si l'infirmière est la seule victime dont on reste incertains des dispositions, nul doute que le tueur, lui, sait pourquoi elle doit mourir. Et pourquoi Caroline Munroe? Peut-être parce qu'elle participe elle-même au grand sabbat. Certains détails ne viennent-ils pas conforter cette curieuse impression?

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