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vendredi 13 juin 2025

Poséidon de Wolfgang Petersen (2006) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le véritable héros a-t-il besoin de survivre aux péripéties pour qu'autour du personnage naisse la légende ? Non. Seuls les ''spectateurs'' de ses exploits sont condamnés à demeurer vivants afin de témoigner de sa bravoure et de son sacrifice. C'est en partie le message que nous livre le réalisateur, scénariste et producteur germano-américain Wolfgang Petersen à travers son avant dernier long-métrage, Poséidon. Derrière ce titre qui porte le nom du Dieu grec des Mers mais aussi celui du navire dans lequel va se dérouler l'intrigue, le cinéaste retourne pour une énième fois dans les eaux sombres des océans, six ans après The Perfect Storm dans lequel le capitaine Frank William Tyne, Jr (l'acteur George Clooney) et ses hommes affrontaient une terrible tempête en pleine mer. Et plus loin encore, un quart de siècle tout rond après son spectaculaire Das Boot dont Poséidon fait peut-être au fond figure de contre-pied dans son approche du récit. En effet, lorsque le public assistait médusé à cet incroyable spectacle sous-marin interprété du point de vue d'un équipage allemand lors de la Seconde Guerre Mondiale, l'angoisse naissait alors en partie de cet ''assourdissant'' silence qui n'était perturbé que par les bruits des moteurs, des hélices ou de la déformation de la coque soumise à une pression extérieure augmentant à mesure que l'engin s'enfonçait dans les profondeurs de l'océan. Et comment oublier cette démentielle séquence des grenades sous-marines lancées par une corvette ennemie ? Avec une certaine économie de moyens signifiant une énergie davantage adaptée au professionnalisme des ''acteurs'' du récit que lors de scènes d'action endiablées, c'est bien cette attitude réservée à ces héros de tous les jours que l'on observait alors et non pas la recrudescence de gros bras courant dans tous les sens et maniant le concept d'héroïsme au-delà de toute vraisemblance. Bref, tout le contraire de Poséidon dont certains reprochèrent apparemment à son auteur d'avoir choisi de proposer un véritable moment de détente plutôt qu'un spectacle reposant sur une étude scientifique rigoureusement attachée à rendre le plus crédible possible la catastrophe ! Si la plupart des affiches du film montrent le navire dans la position qui sera la sienne une fois frappé par une vague déferlante, d'autre exhibent deux des principaux protagonistes du récit. Au premier plan, l'acteur américain Josh Lucas. Et derrière lui, son compatriote Kurt Russell. Signifiant ainsi peut-être d'emblée lequel de ces deux héros survivra tandis que l'autre devra se sacrifier pour qu'à la fin, il n'en reste qu'un.


Car c'est bien là tout le problème de ces deux personnages et des deux personnalités qui les incarnent. L'un comme l'autre, Josh Lucas/Dylan Johns et Kurt Russell/Robert Ramsey n'opposent aucune forme d'opposition en terme de valeurs. C'est pour quoi, à la fin, l'un d'eux mourra pour que les autres survivent... Poséidon est, avant d'être un excellent blockbuster catastrophe, le remake d'un classique réalisé en 1972 par le réalisateur, scénariste et producteur britannique, Ronald Neame. À l'origine l'on trouve donc The Poseidon Adventure. Un film catastrophe à l'époque incarné par un très beau florilège d'interprètes parmi lesquels, Gene Hackman, Roddy McDowall, Ernest Borgnine, Stella Stevens, Shelley Winters ou encore Carol Lynley et Red Buttons... Oeuvre dont le succès sera soumis à l'implacable loi des suites sept ans plus tard avec le déjà nettement moins convaincant, Le Dernier Secret du Poseidon pourtant signé par Irwin Allen, autre spécialiste des fonds-marins puisque avant cela, il signa en 1961 Voyage to the Bottom of the Sea ainsi que City Beneath the Sea dix ans plus tard. L'un des aspects les plus remarquables que ne pourront nier ceux qui lui préfèrent la version de Ronald Neame se situe à travers les effets-spéciaux et les environnements de Poséidon. Entre le retournement du navire consécutif à la vague déferlante en passant par l'agencement des salles complétement bouleversé et jusqu'aux coursives et bouches d'aérations dans lesquelles s'engouffrent les eaux froides de l'océan, le spectacle est total et quasiment ininterrompu. Le spectateur ne trouve ainsi pas le temps de s'ennuyer. Wolfgang Petersen étant visiblement très attaché à la personnalité de ses personnages, le seul véritable antagoniste incarné par Kevin Dillon ne fera fort heureusement pas long feu. Poséidon a beau effectivement traîner dans son sillage une somme importante d'invraisemblances, pour être tout à fait sincère, on s'en tape! Une fois acquise la certitude que Wolgang Petersen cherche davantage à divertir son public qu'à proposer une œuvre rigoureusement réaliste, ne reste plus qu'à se laisser emporter par cette aventure très généreuse en terme d'effets-spéciaux, de décors et de séquences anxiogènes. Porté par d'excellents interprètes, Poséidon n'est certes pas un chef-d’œuvre mais il a au moins le mérite d'emmener très précisément ses personnages là où il sont attendus...

 

lundi 24 avril 2017

L'Histoire sans fin de Wolfgang Petersen (1984)



Néveur aine 'ding' stoohooriiiiii, nanana, nanana, nananaaaaa, Néveur aine 'ding' stoohooriiiiii, nanana, nanana, nananaaaaa. Teurne heuraound, louque at wouate iou si, hi hi hi, hi hi hi, hi, hi. Ine heure fesse, ze mirror of iour dri, hi hi hi, hi hi hi, hi himz. Mecque beulive âme Évry ouaire, Guy veune ine de laïte. Rouaïteun aune de païgés, ise de answeur tout euh Néveur aine 'ding' stoohooriiiiii, nanana, nanana, nananaaaaa...


A l'écoute de cette chanson écrite par le compositeur Giorgio Moroder (auteur entre autres films des partitions musicales de Midnight Express, Flashdance, et Scarface) et interprété par le chanteur Limahl, j'ai le palpitant qui s'emballe. Comme si, d'un coup, je retournais en enfance, à l'âge où je commençais mes premières bêtises de collégien indiscipliné faisant l'école buissonnière. D'où cette tendresse toute particulière pour ce film datant de 1984. Trente-trois ans en arrière, j'avais pris pour habitude d'abandonner le radiateur situé au fond de la classe pour le confort des fauteuils rouges du cinéma Cosmos à Chelles, en Seine et Marne. Tandis que l'ABC (seul temple du septième art concurrent de la ville) diffusait les quelques rares représentants d'un cinéma d'art et d'essai globalement rejeté par la population chelloise (du moins, le pensais-je alors), je me planquais dans l'obscurité de l'une des deux seules salles de projections du Cosmos. Ce jour-là passait L'Histoire sans Fin, œuvre germano-américaine du cinéaste allemand Wolfgang Petersen, et auteur trois ans plus tôt du phénoménal Das Boot que j'allais découvrir bien plus tard. Un long-métrage ciblant un jeune public que certains parents préférait tout de même accompagner. Si je ne me souviens absolument pas des réactions autour de moi, je me rappelle par contre très bien ce sentiment mêlé de bonheur, de joie mais aussi d'inquiétude au moment de sortir de la salle. 
 
Comme le plaisir d'avoir passé un très agréable moment avant que ne me tombe sur la tête l'épée de Damoclès que j'avais moi-même hissée au plafond en séchant les cours cet après-midi là. L'auteur du roman original Michael Ende dont Wolfgang Petersen a adapté la première partie pour son Histoire sans Fin aurait-il pu imaginer le sens prophétique du nom accordé à son ouvrage au moment de l'apposer sur le premier feuillet de son manuscrit ? Car d'histoire sans fin, il s'agit bien, oui, et même au delà des limites imposées par le film lui-même car après la séance, et même trente-trois ans plus tard, la simple évocation de ce récit qui pourtant aura pris un sacré coup de vieux laisse exhaler un doux parfum de nostalgie.

L'Histoire sans Fin, c'est celle du jeune Bastien, enfant dont la mère est morte depuis peu et qui éprouve des difficultés à communiquer avec son père. Harcelé par trois de ses camarades de classes, il arrive une fois de plus en retard à l'école. Plutôt que de devoir affronter le courroux de ses professeurs et l'humiliation devant les autres élèves, il se réfugie dans le grenier de l'établissement avec, entre les mains, un ouvrage qu'il a emprunté à u n vieux libraire : l'histoire sans fin en question. Dès lors, le voici plongé dans un récit fantastique. Une terre bien différente de la notre, avec sa faune bigarrée. Entre humanoïdes et monstres gentils. Mais face à ce bestiaire amical et attachant, le monde de Fantasia est en proie à un terrible fléau. Le monde entier disparaît peu à peu pour ne laisser place qu'au néant. Seule solution pour les différentes races d'habitants vivant sur cette planète : demander l'aide de l'Impératrice. Malheureusement, celle-ci est malade et si les habitants de Fantasia veulent espérer mettre un terme aux ravages du néant, ils vont devoir s'unir autour d'Atreyu, un jeune garçon, guerrier valeureux et seul capable de renverser la donne...
L'univers de L'Histoire sans Fin est tantôt enchanteur, tantôt effroyable. Wolfgang Petersen crée un univers heroic-fantasy avec ce que cela peut comporter de créatures et de décors. Les effets-spéciaux mêlent les personnages réels à l'animatronic. De plus, afin d'accorder les créatures géantes ou au contraires, celles qui demeurent incroyablement petites avec le reste des habitants de Fantasia, l'auteur des effets-spéciaux Brian Johnson procède à l'incrustation de certaines images dans des décors de studio pas toujours raccords mais suffisamment soignés pour que l'on pardonne au film ses imperfections. Ceux qui n'ont pas connu le film à l'époque risquent d'être déçus car si L'Histoire sans Fin a forcément ému le public qui le découvrit l'année de sa sortie, aujourd'hui il fait pâle figure face aux blockbusters du moment. Les seuls sans doute que le film parviendra encore à faire rêver sont les plus jeunes. Et c'est tant mieux puisque le film leur est avant tout consacré. Un classique des années quatre-vingt...
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