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mardi 17 février 2026

Killer Whale de Jo-Anne Brechin (2025) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Tandis que les requins ont envahi le cinéma à travers des dizaines et des dizaines de purges, dont la franchise Sharknado, laquelle ne s'en sort finalement pas si mal en comparaison de la concurrence, voilà qu'a récemment débarqué Killer Whale, le dernier long-métrage de la productrice, réalisatrice et scénariste Jo-Anne Brechin. Le film ne met donc pas en scène l'une des créatures marines parmi les plus redoutées mais l'une de ses plus sérieuses concurrentes. Un orque... Qui dans la langue de Shakespeare se traduit par Killer Whale. Curieuse traduction puisque littéralement, le terme devrait logiquement signifier Baleine Tueuse alors même que c'est le nom que donnent les américains à cette espèce de mammifère marin appartenant au sous-ordre des cétacés à dents. Si ces animaux sont surtout connut pour être très intelligents et sociaux vis à vis de l'espèce humaine, il est cependant arrivé que certains spécimens aient montré d'inquiétants comportements dus notamment au stress ou à l'enfermement... C'est un peu ce qui va d'ailleurs arriver à Ceto, un orque femelle qui après avoir tué un agent d'entretien du parc aquatique dans lequel elle est enfermée depuis des dizaines d'années va être relâchée par la direction de l'établissement. Mais Killer Whale s'ouvre tout d'abord sur une tragédie. Quelques temps auparavant, la violoncelliste Maddie (Virginia Gardner) fut témoin de la mort de son petit ami Chad (Isaac Crawley) alors qu'il tentait de la protéger lors d'un braquage exécuté par un inconnu. Rendue presque sourde à la suite d'un tir de fusil, la jeune femme est désormais contrainte de porter un appareil auditif. La mort de Chad l'ayant fortement bouleversée, sa meilleure amie Trish (Mel Jarnson) lui propose un voyage en Thaïlande où Maddie aura notamment l'occasion de faire la connaissance de Ceto à travers la vitre de son immense aquarium. Mais tandis que les deux jeunes femmes vont être les témoins de la mort de l'employé, introduites illégalement dans le parc par Josh (Mitchell Hope), Maddie et Trish prennent la fuite. Le lendemain, les trois jeunes adultes prennent le chemin d'un lagon isolé. Un endroit magnifique mais qui bientôt va devenir le théâtre de leur cauchemar. Transportant les deux jeunes femmes à bord d'un jet ski, Josh, Maddie et Trish sont attaqués par Ceto...


L'homme meurt et le jet ski prend le fond. Réfugiées sur un minuscule rocher, les deux amies vont tenter de survivre aux assauts incessants de l'orque qui désormais a un compte à régler avec l'espèce humaine... Écrit par Jo-Anne Brechin et par la scénariste Katharine McPhee, le script de Killer Whale est aussi petit que la ''plateforme'' à laquelle les deux héroïnes vont se raccrocher. Un scénario d'une telle indigence que leurs deux auteurs vont tenter de diversifier le récit entre les moments de tensions et d'autres beaucoup plus apaisés. Moins ''débile'' que la plupart des films du genre où l'on a eu droit à peu près à toutes les formes de concepts s'agissant des requins (à plusieurs têtes, radioactifs, zombies ou évoluant sur le sable, dans la neige ou dans les airs), Killer Whale oublie l'essentiel de ce genre de production totalement fanée. D'un côté, l'on observe l'incapacité de la cinéaste à produire le moindre sentiment d'effroi. D'autant plus que la quasi totalité des attaques de Ceto sont du même ordre. Tout au plus apprécierons-nous celle de Trish, lorsque celle-ci tente de rejoindre un petit banc de sable. En dehors de quelques plongées sous-marines, le reste de l'intrigue se déroule donc sur ce petit ''bout de Terre''. La bande musicale larmoyante d'Angela Little n'ayant en outre absolument aucun effet ! Côté hémoglobine, là encore c'est la déception. En dehors d'une large flaque de sang se diluant dans l'océan et de petites égratignures affectant nos deux protagonistes principales, l'amateur d'horreur et de gore risque de tirer la tronche. L'ennui s'installant très rapidement, le film ne vaudrait, au mieux, que pour ses deux interprètes en bikini, laissant ainsi tout loisir aux libidineux pervers qui seraient davantage intéressés par la plastique des héroïnes que par l'histoire elle-même de les reluquer sous tous les angles. Un récit auquel Jo-Anne Brechin et scénariste Katharine McPhee tentent d'injecter un twist censé relancer l'intrigue mais qui en réalité n'a absolument aucun effet sur la suite des événements. Bref, chiant, jamais innovant, statique et joué par des actrices qui n'obtiendront sans doute jamais aucun prix d'interprétation, se lancer dans la projection de Killer Whale n'est rien d'autre qu'une perte de temps...

 

lundi 5 mars 2018

Project Almanac de Dean Isrealite (2015) - ★★★★★★★☆☆☆



Project Almanac a l'allure du petit film indépendant profitant d'un genre dorénavant éculé (le found foutage) pour s'attaquer à un sujet aussi passionnant que difficile à aborder. J'interviendrai donc pour commencer par cette affreuse tendance à faire de la caméra un personnage à part entière et qui rend forcément certaines situations particulièrement invraisemblables. En effet, qui pourrait être assez stupide pour porter à la main une caméra en s'efforçant de filmer sans la moindre interruption et ce, même au mépris du danger ? Non, personne, évidemment. Mais comme je suis un gentil garçon et que je préfère imaginer que nos héros ont choisi de braver ces dangers quel qu’en soit le coût en filmant coûte que coûte la totalité des expériences qu'ils vont mener, passons au plus important.

Le premier long-métrage du cinéaste originaire de Johannesburg en Afrique du Sud, Dean Isrealite, ose s'attaquer à un sujet fort risqué. Celui du voyage dans le temps. Et par conséquent, ceux plus ardus encore du paradoxe et de la boucle temporelle. Un peu à la manière de L'Effet papillon de Eric Bress et J. Mackye Gruber, les jeunes héros (au nombre de quatre) du Project Almanac découvrent la possibilité de voyager dans le temps grâce à l'invention du père de l'un d'eux. Très vite rejoints par la belle Jessie Pierce, David Raskin, sa sœur Christina et leur amis Quinn Goldberg et Adam Le découvrent dans la cave des Raskin une boite renfermant une très curieuse machine dont les cinq amis vont découvrir l'utilité grâce à une série de plans et de fiches explicatives. Tout démarré d'ailleurs en réalité, quelques heures auparavant, lorsque frère et sœur découvrent dans le grenier de leur maison, un vieux caméscope renfermant l'enregistrement du septième anniversaire de David, un détail pique la curiosité du garçon... C'est ainsi qu'aidé de sa sœur et de ses amis, David va plonger dans une fantastique aventure sans même avoir réfléchi aux conséquences qu'un voyage dans le temps pourrait avoir sur leur existence ainsi que sur celle, à plus grande échelle, du monde entier...

Cinq adolescents, une caméra portative, du rock de campus, de la techno, une amourette... d'entrée de jeu, Project Almanac sent mauvais. D'ailleurs, certains critiques ne se gêneront pas pour le signifier en l'assassinant purement et simplement (tout en se décrédibilisant sur le champ en osant comparer une scène jugée flippante (mdr), et comparée à... Paranormal Activity, c'est dire si le critique en question à des goûts en matière de cinéma, plutôt indigents). Certes, on pourra s'impatienter devant une trop longue scène dédiée à l'idylle entre David et Jessie lors d'un voyage dans le temps de trois mois en arrière durant le festival de Lollapalooza. Trop de bruit, trop d'agitation, et surtout, un thème peu passionnant au regard du véritable potentiel du long-métrage de Dean Isrealite dont l'intérêt demeure bien évidemment le voyage dans le temps et ses conséquences. Bien que le quintette formé par les interprètes Jonny Weston, Sofia Black D'Elia, Virginia Gardner, Sam Lerner et Allen Evangelista cabotine énormément, la bonne humeur est communicative et l'on passe outre le peu de sérieux de ces génies en herbes dont l'univers rappelle celui, beaucoup plus... parallèle, des glisseurs de l'excellente série américaine Sliders. Sans aucun doute beaucoup moins précis dans sa construction que l'énorme Predestination des frères Michael et Peter Spierig, on conseillera aux néophytes en matière de voyage dans le temps et de paradoxes et de boucles temporelles de débuter par Project Almanac. En réalité, un produit qui dans la forme s'avère viser un public adolescents mais qui dans le fond intéressera les amateurs (pas trop regardants) de science-fiction portée sur ce sujet...
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