Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Teresa Gimpera. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Teresa Gimpera. Afficher tous les articles

lundi 6 avril 2026

Último Deseo de León Klimovsky (1976) - ★★★★★★★☆☆☆


Après avoir émigré en Espagne dans le courant des années 1950, le réalisateur, scénariste et producteur argentin Léon Klimovsky se lance dans la mise en scène de plus de soixante-dix longs-métrages parmi lesquels, de nombreux westerns et films d'exploitation dont plusieurs films d'horreur. Il signera d'ailleurs en 1971 La Noche de Walpurgis avec l'emblématique interprète du cinéma d'horreur ibérique Paul Naschy. Une œuvre qui pour beaucoup de spécialistes semble avoir été à l'origine de l'intensification des productions de ce type en Espagne... Quant à Último Deseo que Léon Klimovsky réalisa cinq ans plus tard, aussi peu connu qu'il puisse demeurer dans nos contrées, il ne faudrait surtout pas prendre à la légère l'intérêt que tout bon cinéphile se doit de lui porter tant celui-ci brasse des concepts dont il reprend certains axes tout en ayant été sans doute le précurseur de schémas mis en pratique des années après sa sortie en salle. Si le film évoque bien entendu le I Am Legend du romancier américain Richard Matheson, source intarissable dont l'on retrouve des traces bien au delà de ses seules adaptations cinématographiques (The Last Man on Earth d'Ubaldo Ragona et Sidney Salkow en 1964, The Omega Man de Boris Sagal en 1971 ou I am a Legend de Francis Lawrence en 2007), Último Deseo peut tout aussi bien faire penser au cinéma du réalisateur hispano-mexicain Luis Buñuel qui en 1962 signa L'Ange exterminateur et dix ans plus tard Le Charme discret de la bourgeoisie. Tandis que le long-métrage de Léon Klimovsky écrit par Vicente Aranda, Joaquim Jordà et Gabriel Burgos convie un groupe hétéroclite de personnages à se réunir dans le luxueux manoir de leur richissime hôte afin de participer à une orgie sexuelle sans tabous (le film témoigne ainsi de la période post-franquiste lorsque le pays, alors dans sa transition démocratique, est bouleversé par l'évolution des mœurs, du monde des arts, etc...), une catastrophe survient à l'extérieur. L'un des convives, le professeur Fulton, incarné à l'image par Alberto de Mendoza, suppose qu'une explosion nucléaire a eu lieu dans la région. Témoignent de cette hypothèse deux femmes qui eurent le malheur de regarder dans la mauvaise direction et qui depuis sont aveugles... Prévoyant de se retrancher dans la cave, seul lieu sûr afin de parer à l'arrivée prochaine des radiations, Fulton et les autres décident tout d'abord de partir en ville afin de récolter le maximum de vivres car ils vont bientôt être contraints de rester enfermés durant des semaines. Arrivés au village, ils constatent bientôt que tous les habitants eux aussi ont perdu la vue. Mais alors que l'un des convives à la petite fête organisée par la châtelaine perd la tête et tue une dizaine de villageois, ces derniers décident de ne pas en rester là.


Alors que tout le monde est désormais retranché dans le manoir, la colère gronde. Au dehors, les villageois vont tenter de faire payer aux hôtes le massacre dont l'un d'eux (Tomás Picó dans le rôle de Victor) s'est rendu coupable et de reprendre possession des biens que ceux-ci ont volé quelques heures auparavant... Le coup de la cave et de l'explosion nucléaire ne vous rappellent-ils rien ? Et oui, en effet, tout ceci fleure bon le plagiat si résiduel soit-il du roman de l'écrivain français Robert Merle Malevil qui fut édité quatre ans avant la sortie en salle de Último Deseo. Un ouvrage qui connaîtra d'ailleurs une adaptation officielle en 1981 puisque le réalisateur et scénariste français Christian de Chalonge s'appropriera le récit pour mettre en scène le film de science-fiction post-apocalyptique, Malevil... Tandis que l'on aurait pu espérer que Léon Klimovsky fasse preuve d'un peu plus de transgression au vu de la caractérisation des personnages et du sujet qui les regroupe avant que tout ne soit remis en question dès l'explosion atomique, Último Deseo s'observera comme une critique plus ou moins féroce de la société, avec son homme d'affaire immoral, ses prostituées, ses deux médecins qui sous couvert d'être de parfaits notables ne s'avèrent pas moins intéressés à l'idée de se vautrer dans la débauche (Image chargée en symbolisme, l'un d'eux finira d'ailleurs nu, à quatre pattes et grognant comme un porc), etc... Curieusement, si Último Deseo peut effectivement faire penser à I Am Legend ou à Malevil, le film empreinte également à La nuit des morts-vivants de George Romero lorsque les aveugles du villages viennent assiéger le manoir. À contrario, le réalisateur américain semble avoir à son tour repris sa part du butin en 1985 lorsqu'il réalisa le troisième volet de sa saga zombièsque, Le Jour des morts-vivants. Comment en effet ne pas comparer le fait que dans un cas comme dans l'autre, les deux longs-métrages situent leur action ''sous terre'' (ou au moins en partie). Mieux, le personnage de Borne qu'interprète l'espagnol Paul Naschy n'évoque-t-il pas l'odieux Capitaine Henry Rhodes incarné par Joseph Pilato dans Le jour des morts-vivants ? Jusqu'à même reprendre la séquence durant laquelle Borne meurt ? Tellement flagrant. Mais en dehors de ces considérations, Último Deseo est plutôt un bon film même si l'on regrettera que Léon Klimovsky n'ose pas se lancer dans une forme d’irrévérence outrancière. Trop poli, trop lisse malgré une fin nihiliste, le film échappe malheureusement au statut de culte ou de chef-d’œuvre...


jeudi 6 juin 2024

GIALLO - L'Assassino Fantasma de Javier Setó (1969) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le réalisateur et scénariste catalan Javier Setó étant décédé à l’âge de quarante-trois ans seulement l'année même de la sortie sur les écrans de son avant long-métrage L'Assassino Fantasma, nous allons essayer d'évoquer ce film d'origine italo-espagnole sans être trop durs. Filmé à la toute fin des années soixante, nous retrouvons l'esthétique du Giallo typiquement transalpin dans l'esprit des œuvres signées de l'italien Mario Bava, mais sans les couleurs criardes. Décors, image, textures et bande musicale embrassent littéralement le genre dans cette histoire relativement sordide dans laquelle une femme et le frère jumeau de son époux décident de se débarrasser de lui en lui faisant perdre la tête. Un concept pas vraiment neuf à l'époque puisqu'une quinzaine d'années auparavant, le réalisateur français Henri-Georges Clouzot avait offert au public avec le classique Les diaboliques, un récit dans lequel le scénario proposait une machination à la hauteur de la réputation de ce thriller dramatique absolument démoniaque ! C'est donc sur un postulat qui lui ressemble fort que démarre et se poursuit tout au long de l'aventure L'Assassino Fantasma, titré chez nous L'assassin fantôme et dans le pays où il fut entièrement tourné, l'Espagne, Viaje al Vacío. Le long-métrage met en scène l'acteur américain Larry Ward dans le double rôle des frères jumeaux Peter et John ainsi que l'actrice espagnole Teresa Gimpera dans celui de Denise, l'épouse adultère. Tout comme dans Les diaboliques où la victime (l'actrice franco-brésilienne et épouse du réalisateur, Véra Clouzot dans le rôle de la prof d'anglais Christina Delassalle) était cardiaque, celle de L'Assassino Fantasma est diabétique et épileptique. Dans un cas comme dans l'autre, leurs ''tortionnaires'' vont se servir de leur maladie pour s'en débarrasser. Interviennent également au cœur du récit, l'acteur italien Giacomo Rossi Stuart dans le rôle d'un balafré maître-chanteur ou Fernando Sánchez Polack dans celui d'un commissaire.


Malgré une idée au départ fort alléchante, le long-métrage de Javier Setó s'avère malheureusement assez pénible à suivre en raison d'un rythme plutôt soporifique. Peter souffre de crises d'épilepsie qui s'intensifient lorsque Denise commence à lui faire prendre des somnifères avec la complicité de John. Le pauvre homme, avec ''l'aide'' des deux antagonistes du récit commence à se convaincre qu'il est victime d'hallucinations et de cauchemars. Alors que Gert Muller, l'homme au visage balafré, tente de convaincre le couple de lui donner de l'argent contre son silence, celui-ci est assassiné, John convainquant alors que son frère en est l'assassin... Nous sommes loin ici des grands classique du Giallo auquel il n'emprunte d'ailleurs pas grand chose puisque la plupart des codes en vigueur dans le genre sont totalement absents. Pas de tueur ganté, casqué ou plus généralement vêtu de noir. Pas de meurtres à l'arme blanche. C'est à se demander si L'Assassino Fantasma mérite réellement sa place ici... Nous sommes donc davantage en présence d'un thriller que d'un pur produit inspiré à l'origine par les romans policiers italiens dès les années 1920 et dont la couleur des couvertures donne son nom au genre (Giallo = Jaune). D'une manière générale, la photographie d'Antonio Piazza est relativement admirable (et nous change des atroces couleurs baveuses du précédent long-métrage évoqué dans ce cycle). Ici, peu de nudité. Ce qui aurait au moins eu l'avantage de nous divertir. Le film est comme son esthétique générale : plutôt maussade et pour ainsi dire, pas vraiment distrayant. En dehors d'un Twist intervenant dix minutes avant la conclusion et d'une très belle affiche, L'Assassino Fantasma demeure malheureusement très anecdotique...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...