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mercredi 15 avril 2026

The Gates de Stephen Hall (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Le retour parmi les vivants de dangereux criminels ayant été condamnés et exécutés à la chaise électrique n'est pas nouveau dans l'impitoyable univers du cinéma puisque deux films d'horreur au moins ont évoqué ce sujet dans les années quatre-vingt. Et ce, coup sur coup, avec Prison de Renny Harlin en 1988 et Shocker de Wes Craven l'année suivante. L'on pourrait également citer le cinquième épisode de la troisième saison de la série de science-fiction culte X-Files intitulé The List (La liste) et dans lequel Mulder et Scully enquêtaient voilà plus de trente ans sur une série de meurtres commis par l'ancien détenu Napoleon ''Neech'' Manley, exécuté lui aussi à la chaise électrique après avoir promis de revenir d'entre les morts afin de se venger de cinq individus qui le malmenèrent en prison... Habitué des films d'horreur, après avoir réalisé toute une série de courts-métrages ainsi qu'un long en 2018 sous le titre Night Shift, le réalisateur et scénariste américain Stephen Hall est réapparu en 2023 avec The Gates. Un film que l'on pourrait dire ''d'époque'' puisque interprété en costumes et intégrant sa poignée de personnages à la fin du dix-neuvième siècle. Aux alentours des années 1890, le tueur en série William Colcott est arrêté, jugé, enfermé puis condamné à la chaise électrique. Une expérience qui n'a pas vraiment l'air de le ''froisser'' puisqu'il semble au contraire plutôt serein... Et pour cause, celui-ci va revenir hanter la prison en prenant notamment possession de l'épouse du directeur de la prison et en poussant tout d'abord deux prisonniers condamnés à mort au suicide... Sobrement traduit chez nous sous le titre Les portes, le dernier long-métrage de Stephen Hall mêle avec un certain brio film historique, épouvante, horreur et fantastique sous-tendant l'idée selon laquelle deux de ses personnages seraient à l'origine d'une machine capable d'enregistrer les voix de fantômes captées à travers des ondes si minces que celles-ci ne sont pas perceptibles par l'oreille humaine. The Gates évoquant d'ailleurs très rapidement le Phénomène de Voix Électroniques (ou PVE) cher aux nombreux chasseurs de fantômes qui pullulent depuis un certain nombre d'années sur les réseaux sociaux et dont Guss DX (pseudonyme sous lequel se cache Guillaume Durieux) est l'un des plus fameux représentants hexagonaux...


D'un constat simple qui veut qu'une paire d'enquêteurs paranormaux, un médium, plusieurs gardiens de prison, le directeur ainsi qu'un prêtre acceptent de s'enfermer afin d'empêcher une entité maléfique de s'échapper des murs de l'établissement, Stephen Hall transforme un simple film d'épouvante en huis-clos fantastico-horrifique dans lequel s'opposent tout d'abord des points de vue divergents. Car l'arrivée au centre de l'intrigue d'Emma Wicks et de son oncle Frederick Ladbroke signe les soubressauts de nouvelles techniques d'investigation face à une méthode de médiumnité beaucoup plus classique employée par un certain Lucian Abberton (l'acteur Michael Yare). Tandis qu'Emma est incarnée par l'actrice Elena Delia, le rôle de son oncle a été confié à l'acteur John Rhys-Davies, célèbre pour avoir notamment interprété le rôle de Sallah dans la saga Indiana Jones de Steven Spielberg, celui du Nain Gimli dans la franchise Le seigneur des anneaux ou encore le professeur Maximilien Arturo dans la série de science-fiction Sliders... Mixant les films cités au départ de cette critique avec des œuvres aussi diverses que L'exorciste de William Friedkin et la cohorte de film d'horreur très inspirés par ce classique de l'épouvante, The Gates rejoint donc la très longues liste des œuvres convoquant la présence d'un esprit maléfique dans un récit plutôt linéaire et minimaliste. Le cadre et le rythme accentuant le sentiment de sobriété qui se dégage de la mise en scène, de l'interprétation et des effets visuels et spéciaux même si ces derniers accentuent l'aspect horrifique des événements durant la dernière partie de l'aventure. Évoqué sous le prisme d'une entité invisible mais bien présente, l'esprit démoniaque de William Colcott réapparaît sous les traits d'une femme qui va s'en prendre aux protagonistes. Une apparition qui malheureusement frise le ridicule à défaut d'être capable de véhiculer le moindre sentiment d'effroi chez le spectateur. Malgré une reconstitution historique qui se cantonne aux quatre murs de la prison et des costumes qui font illusion, The Gates se regarde comme une petite gourmandise sans prétentions particulières. Une petite production horrifique dont on devine ou l'on imagine que le budget ne fut pas mirobolant. Bref, sympa, sans plus...

 

dimanche 20 janvier 2019

Nightshift de Stephen Hall (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Réalisé, produit et scénarisé par le cinéaste Stephen Hall, Nightshift est apparu sur les écrans américains le 4 décembre dernier. Ce petit film d'horreur appartient à une multitude de genres, allant du film de fantômes, au serial killer, en passant par la boucle spatio-temporelle. Un long-métrage qui semble se chercher sans vraiment trouver sa voie mais qui en choisissant de s'écarter sensiblement du tout venant, prône une certaine identité propre. Stephen Hall convoque autant le Slasher que la J-Horror et apparaît comme le rejeton du Nattevagten du cinéaste danois Ole Bornedal couplé au Shining du britannique Stanley Kubrick. Assez discret en matière d'hémoglobine même si les effets sanglants sont relativement réussis, Nightshift joue tout d'abord sur la peur du noir et de l'inconnu. Situant son action dans un hôtel, il met en scène l'actrice Ashleigh Dorrel qui dans la peau de l'étudiante Amy accepte de travailler de nuit dans un luxueux établissement auprès d'un second employé, Adam, incarné quant à lui par l'acteur Matthew O'Brien.

Là où Nightshift se différencie très nettement de la concurrence, c'est dans son approche originale mixant les genres pour un résultats, qui s'il ne brille jamais du feu du génie, évite au spectateur l'impression de voir et revoir encore et toujours le même film. Éclairé sobrement (il faut bien justifier la panique de l’héroïne), l’œuvre de Stephen Hall se permet quelques outrances graphiques malheureusement peu nombreuses. Son tueur se situe dans une veine « néo-slasherienne » peu crédible, agissant en « poseur », visage baissé, capuche relevée sur le crâne, et se déplaçant avec cette lenteur déconcertante que partagent bon nombre de « boogeymen ». Erzats de Leatherface (vous comprendrez pourquoi), le tueur de Nightshift se déplace dans les couloirs d'un hôtel « lynchien » et « »kubrickien » mais sans jamais en avoir véritablement l'ampleur. Brutal mais jouant d'abord sur son ambiance sinistre, le film de Stephen Hall est sauvé par l'aspect fantastique que le cinéaste injecte en milieu de course.

Pour autant, le réalisateur, producteur et scénariste de la chose n'invente rien. Et oui, car dans le genre, d'autres s'y sont essayé avec beaucoup plus de bonheur. En 2009, le cinéaste Christopher Smith proposait un Triangle maritime partant sur les mêmes bases « slasher/boucle temporelle », tout comme Christopher Landon (le fils de Michael « Charles Ingalls » Landon), qui huit ans plus tard en 2017 proposa un excellent Happy Birthdead né de la même volonté de mélanger les genres épouvante et fantastique avec sa boucle temporelle et son serial killer. Arrivé le dernier et en mauvaise posture puisqu'étant moins fort que ses deux ancêtres, Nightshift n'en est pas pour autant raté même s'il s'avère que l'approche fantastique y soit quelque peu brouillonne et que l'intrigue prône, à son tour, comme cela est trop souvent le cas, l'éternel jeunisme de ses interprètes. L'oeuvre de Stephen Hall est parfois parcouru d'excellentes visions. Telle la séquence durant laquelle le personnage interprété par Ashleigh Dorrell se retrouve perpétuellement coincé au cinquième étage de la cage d'escalier de l'hôtel. Au final, Nightshift est une production honnête mais qui manque cruellement de profondeur pour se démarquer de la concurrence...

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