Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Russell Mulcahy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Russell Mulcahy. Afficher tous les articles

vendredi 13 septembre 2024

Resident Evil – Extinction de Russell Mulcahy (2007) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après un second opus nanardesque réalisé par Alexander Witt en 2004, le troisième long-métrage cinématographique de la franchise Resident Evil a vu le jour trois ans plus tard, en 2007. Cette fois-ci,Resident Evil – Extinction est l'œuvre du réalisateur australien Russel Mulcahy. Et Russel Mulcahy, ça n'est pas n'importe qui puisqu'en 1984 il fut l'auteur de l'excellent Razorback qui remporta plusieurs prix dans de multiples festivals et fut même nominé lors du festival international du film fantastique d'Avoriaz un an plus tard, en 1985. Mais pour le grand public, Russel Mulcahy reste avant tout celui qui réalisa notamment Highlander en 1986. Film qui partage le public mais qui reste parfois visuellement remarquable, signant en outre la rencontre entre les stars Sean Connery et Christophe Lambert... Treize ans plus tard, le réalisateur australien signe un Résurrection généralement décrié, méprisé, raillé mais qui pourtant demeure un très sympathique thriller considéré comme un sous-Seven (David Fincher),ce qu'il demeure effectivement. Honnête artisan du septième art qui compte de sympathiques productions sans qu'aucune n'atteigne malheureusement le titre de chef-d’œuvre absolu du cinéma, Russel Mulcahy prend donc les commandes des troisièmes aventures d'Alice, laquelle est bien évidemment incarnée une nouvelle fois par l'actrice ukraino-serbo-américaine Milla Jovovich. Et une fois encore, nous la redécouvrons s'éveillant d'un long sommeil, dans un laboratoire immaculé et désertique d'où elle va tenter de s'échapper. Cette première séquence prend des allures d'ersatz de Cube, l'excellent film de science-fiction que réalisa en 1997 Vincenzo Natali. Pour les amateurs minutieux et rejetant la moindre incohérence, notons ce mémorable passage lors duquel Alice saute au plafond d'une pièce piégée par un laser plutôt que de se baisser pour l'éviter. Une manière sans doute pour le réalisateur de nous rappeler combien l'héroïne est dotée de facultés hors normes. Malheureusement, sa tentative d'évasion des lieux (toujours dirigés par le Dr Alexander Roland Isaacs qu'interprète une nouvelle fois l'acteur Iain Glen) se solde par sa mort. Sacrilège ! Russell Mulcahy aurait donc décidé aux côtés du scénariste et réalisateur Paul W. S. Anderson de tuer la poule aux œufs d'or ? Que les fans se rassurent, il ne s'agissait que d'un clone !


Car la véritable Alice, elle, est en chemin pour retrouver un convoi à la tête duquel se trouve son ancien compagnon d'infortune, Carlos Oliveira (toujours incarné par Oded Fehr) mais aussi et surtout Claire Redfield (interprétée par l'actrice américaine Ali Larter), l'un des personnages centraux de la saga de jeux vidéos créés par Capcom, laquelle apparu notamment dans Resident Evil 2 et Resident Evil: Code Veronica. L'occasion pour elle et Alice de faire connaissance et ainsi faire un bout de chemin ensemble avant d'être temporairement séparées. En effet, Milla Jovovich et Ali Larter se retrouveront sur le tournage de Resident Evil - Afterlife en 2010 ainsi que sur celui de Resident Evil - Chapitre final six ans plus tard. Une fois la séquence d'introduction achevée, la quasi totalité des plans qui suivront se dérouleront théoriquement aux États-Unis alors qu'ils seront en réalité tournés au Mexique. Dans ce troisième opus que l'on s'attendait voir tourné par Russell Mulcahy dans l'Outback australien (un paysage magnifique qui servit de décor à son Razorback), l'histoire se penche donc sur nos trois principaux héros ainsi que sur des personnages secondaires faisant partie d'un voyage vers l'Alaska. Un lieu supposé être un refuge pour les survivants d'une planète qui après que le Virus T se soit propagé est devenu un immense désert (allez savoir comment, perso, je n'ai pas la réponse). Là, Russell Mulcahy semble s'être remémoré les grandes étendues désertiques de son pays natal et fait de Resident Evil – Extinction une sorte de sous-Mad Max qui n'est pourtant pas si mauvais qu'on pourrait le croire. Et ce, grâce à une très belle photographie de David Johnson, à des costumes signés de Joseph A. Porro ou grâce au directeur artistique Marco Niro. Surtout, le film n'a absolument pas l'allure des nanars que sont la plupart des volets de la franchise. On sent chez l'australien le goût du travail bien fait même si une fois encore, le film pâtit d'un scénario rachitique apparemment écrit à l'encre sympathique ! Contrairement à l'épisode précédent, un soin particulier a été apporté aux maquillages des infectés qui, enfin, ressemblent à des zombies décharnés d'assez belle tenue. Si le sang n'est toujours pas en abondance, quelques efforts ont été également produits de ce côté là. Pas mal d'action à la ''Mad Max'', une Alice toujours prompt à produire des acrobaties et une attaque d'oiseaux relativement bien fichue. Notons qu'après Alexander Witt, Russell Mulcahy rend lui aussi hommage au Jour des morts-vivants de George Romero à travers cette base souterraine dont les extérieurs sont entourés d'un grillage qui tient à l'écart des milliers de zombies ou encore à travers le concept de rééducation chez l'un de ses représentants, lequel rappelle bien évidemment le personnage iconique du Jour des morts-vivant, Bub le zombie ! Au final, Resident Evil – Extinction est une très sympathique surprise. Pas un des meilleurs du genre mais une honnête série B qui permet de passer un agréable moment...

 

vendredi 2 décembre 2016

Razorback de Russell Mulcahy (1984)



Après avoir été disculpé faute de preuve dans la disparition de son petit-fils, Jake Cullen n'a plus qu'un obsession. Retrouver l'animal qui l'a emporté. Le Razorback, un sanglier beaucoup plus massif et dangereux que la moyenne et terrorisant la population. Mais personne ne veut croire en la parole du vieil homme. Deux ans plus tard, la journaliste américaine Beth Winters arrive dans la région afin d'enquêter un massacre dont ont été les victimes un grand nombre de Kangourous. Lorsque la jeune femme arrive sur les lieux, elle est assez mal accueillie par la population qui voit d'un mauvais œil l'arrivée d'une étrangère. Un soir, alors qu'elle est en voiture, elle est poursuivie puis agressée par deux hommes, les frères Baker. Benny et Dicko travaillent à la conserverie de Gamulla. Après avoir stoppé le véhicule de Beth, Dicko s'en prend physiquement à elle dans l'intention de la violer. Mais il est dérangé avant de passer à l'acte par la même bête qui deux ans plus tôt à tué le petit-fils de Jake Cullen. Prenant la fuite à bord de leur camion, les deux hommes abandonnent Beth à son triste sort. Alors qu'elle tente de prendre la fuite à bord de sa voiture, elle est tuée par l'énorme Razorback. Dès le lendemain, Carl, l'époux de Beth, décide de mener sa propre enquête sur la mort de sa femme. Alors que la plupart des habitants de Gamulla affirment qu'elle est morte après être tombée dans un puits, Jake Cullen, lui, penche plutôt pour la thèse selon laquelle la jeune femme aurait été tuée par le sanglier. Pourtant, des traces suspectes sont découvertes près de la voiture éventrée de Beth. Ainsi qu'un crochet que Jake identifie très vite comme appartenant aux frères Baker...

Razorback est le second long-métrage du cinéaste australien Russell Mulcahy et le premier à sortir chez nous en 1984 où il a été nominé au Festival international du film fantastique d'Avoriaz l'année suivante. Véritable survival horrifique, le film démontre avant tout l'ampleur du talent d'un cinéaste surtout connu à l'époque pour avoir réalisé des clips-vidéo. Cela se perçoit d'ailleurs énormément dans Razorback aux allures parfois « clipesques ». Ce que l'on retient d'abord du long-métrage du futur géniteur de Highlander avec Sean Connery et Christophe Lambert, c'est l'incroyable beauté des images. Entre la sordide conserverie dont l'aspect rappelle le second volet de la saga Massacre à la Tronçonneuse et autres joyeusetés qui naîtront bien plus tard de cet héritage (au hasard, Wrong Turn 2 et son final ultra gore), et l'Outback australien parcouru de fulgurances brumeuses et chromatiques, le film est un tableau vivant que l'on ne cesse d'explorer du regard tant la précision dans le placement de ses personnages et le cadrage au millimètre force le respect.

Le sujet du film mélange divers thèmes comme la traque du chasseur obsédé par l'idée de retrouver et de tuer l'animal monstrueux qui a emporté deux ans plus tôt son petit-fils (on est pas loin de l'acharnement cher au capitaine du roman de l'écrivain américain Herman Melville, Moby Dick) ou la thématique de l’autochtone sociopathe qui ne supporte pas sur ses terres la présence arrogante de « l'Étranger », de ceux que l'on retrouvait déjà très marquant survival de John Boorman, Délivrance en 1972. Ou bien encore un an plus tôt, en 1971, les errances en pays inconnu du héros de l'effrayant Wake In Fright de Ted Kotcheff. Et pourquoi pas même le portrait inquiétant d'indigènes immédiatement identifiés comme dégénérés, issus d'une région différente mais du même cru que ceux du dérangeant Southern Comfort de Walter Hill réalisé en 1981.

Russell Mulcahy semble digérer toutes ces références pour en donner une vision personnelle très marquante. Visuellement bluffant, Razorback nous transporte sur des terres hostiles où se promènent en liberté bêtes sauvages et humains intellectuellement... corrompus. De quoi former son héros au baptême de la survivance, à des milliers de kilomètres de son Canada natal...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...