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dimanche 4 août 2019

Seven Pounds de Gabriele Muccino (2008) - ★★★★★★★★☆☆



Hanté par un drame dont il a beaucoup de mal à se remettre, Ben Thomas a choisi de faire le bien autour de lui. Agent du fisc, il décide de rendre visite à plusieurs mauvais payeurs afin de juger s'ils méritent d'être aidés. Parmi ces sept personnes se trouve Ezra Turner. Il travaille dans l'assistance téléphonique mais est victime de cécité. Quant à Emily Posa, elle ne travaille plus depuis que la médecine lui a découvert une cardiopathie sévère. Installé en ville pour deux semaines dans l'une des chambres d'un petit motel, Ben ne s'attendait sûrement pas à éprouver des sentiments pour Emily. Alors qu'il continue à aider son prochain, il se rapproche peu à peu de la jeune femme, nouant avec elle une réelle amitié. Malheureusement, l'état d'Emiliy empire et ses jours sont comptés...

Sixième long-métrage du réalisateur et scénariste italien Gabriele Muccino, Seven Pounds est une œuvre poignante et la preuve que l'acteur Will Smith, d'abord rendu célèbre grâce au rôle qu'il incarna dans le célèbre sitcom humoristique américain The Fresh Prince of Bel-Air, est capable d'interpréter autre chose que des comédies, de la science-fiction ou des thrillers. Dans le cas présent, il incarne le personnage de Ben Thomas, un individu dont le passé demeure pour le moment assez trouble. On devine assez rapidement qu'il a vécu un drame suffisamment marquant pour qu'il n'ait jamais vraiment réussi à s'en remettre. Durant deux heures, Gabriele Muccino tente de maintenir le suspens et le mystère entourant cet homme décidé à faire le bien autour de lui.

Derrière cet intriguant récit qui met en valeur un Will Smith remarquablement juste se dissimule une œuvre que l'on aurait pu craindre n'être qu'un mélodrame dégoulinant de bons sentiments. Ce que Seven Pounds semble d'ailleurs être dans un premier temps. Mais là où le film du réalisateur italien dépasse le simple cadre de l'histoire d'amour impossible et du besoin de rédemption, c'est dans le processus mis en place par le héros afin de parvenir à ses fins. Une résolution indiscutable constituée d'éléments qui demeurent anodins mais dont l'importance prendra forme au moment venu. Les critiques furent à l'époque de la sortie du film particulièrement sévères alors même qu'il s'agit sans aucun doute de l'une des plus brillantes interprétations de son interprète principal. Et même sans doute de celle qui la suit tout au long du récit, l'actrice Rosario Dawson que Will Smith rencontra une première fois sur le plateau de Men in Black II de Barry Sonnenfeld en 2002. Les deux interprètes seront récompensés lors des récompenses remises par la National Association for the Advancement of Colored People organisation américaine de défense des droits civiques [...] dont la mission est d'assurer l'égalité des droits politique, éducative, sociale et économique de tous les citoyens et éliminer la haine raciale et la discrimination raciale (Wikipedia).

Poignant et résolument humaniste, Seven Pounds est l'adaptation d'un scénario écrit par Grant Nieporte, scénariste de divers épisodes de séries télévisées et d'un nombre très réduit de scripts pour le grand écran. Sorti chez nous sous le titre Sept Vies, l’œuvre de Gabriele Muccino, bien que parfaitement crédible et merveilleusement mise en scène et en musique (le compositeur Angelo Milli fut en charge d'écrire la bouleversante partition musicale) souffre d'un très ''léger'' défaut. De ces travers qui parasitent parfois certains récits en exposant inutilement dès les premières minutes, l'un des éléments reposant sur la résolution finale. À part ce détail qui pourra ou pas paraître insignifiant selon que l'on préfère conserver jusqu'au bout la totalité du mystère entourant l'histoire de Ben Thomas, Seven Pounds est une œuvre riche en émotions qui parvient à illuminer ses deux principaux interprètes. À noter également la présence discrète de l'acteur Woody Harrelson, remarquable dans le rôle d'Ezra Turner...

vendredi 26 juillet 2019

Men in Black II (MIIB) de Barry Sonnenfeld (2002) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Après un premier épisode fort réussi, le cinéaste Barry Sonnenfeld revenait cinq ans plus tard avec dans sa valise, la suite des aventures du duo formé par Tommy Lee Jones et Will Smith. Désormais, le scénario est à la charge des scénaristes Robert Gordon et Barry Fanaro qui évoquent dans ce Men in Black II la possibilité prochaine que la Terre soit entièrement détruite si jamais l'agent J ne retrouve pas très rapidement la Lumière de Zartha. Malheureusement, le seul à connaître son emplacement est l'agent K qui depuis qu'il a été neurolysé a perdu tout souvenir de son expérience au sein des Men in Black. C'est pourquoi, après l'avoir retrouvé, l'agent J le fait déneurolyser afin qu'il retrouve la mémoire et l'aide à mettre la main sur la Lumière de Zartha avant que la méchante de service, une certaine Serleena, une extraterrestre apparaissant sous la forme d'une séduisante pin-up de magazines, ne s'en empare et ne détruise notre planète...

Pour cette séquelle, le budget a été revu à la hausse puisque l'on passe désormais des cent-quinze millions de dollars de l'original à cent-quatre vingt-dix. Du casting original, on retrouve naturellement le duo formé par Tommy Lee Jones et Will Smith qui campent respectivement les agents K et J ainsi que l'acteur Rip Torn qui endosse de nouveau le costume de l'agent Z, Tony Shalhoub (Monk) qui reprend du service dans le rôle de l'armurier-bijoutier Jeebs, Tim Blaney qui ''donne de la voix'' au personnage de Frank, le chien, John Alexander, qui après avoir incarné l'extraterrestre clandestin du premier volet interprète désormais celui de Jarra, ou encore David Cross qui après avoir d'abord été le standardiste de la morgue dans Men in Black campe cette fois-ci un Newton conspirationniste...

Malgré la relative positivité des critiques professionnelles, les qualités esthétiques dues au remarquable travail du maquilleur Rick Baker et des effets visuels dont la prise en charge fut effectuée par John Andrew Berton Jr. et Tom Bertino, il faut reconnaître à ce Men in Black II, une baisse de qualité en terme de scénario et de mise en scène. Même si cette séquelle promet une action tambour battant, sa faible durée ne l'empêche pas d'être parfois relativement ennuyeuse et de n'apporter rien de véritablement neuf par rapport à l’œuvre originale. On est donc un cran en dessous de Men in Black premier du nom. Will Smith cabotine toujours autant, Tommy Lee Jones demeure d'un flegme presque... britannique et à toutes épreuves. Face au duo, le scénario oppose non plus un ver géant planqué sous la peau d'un fermier américain mais une créature extraterrestre sous celle d'une séduisante jeune femme sous les traits de laquelle se cache l'actrice Lara Flynn Boyle qui avant de prêter ses traits pour le rôle de Serleena, tourna notamment sous la houlette de Clint Eastwood (La Relève, en 1990), Penelope Spheeris (Wayne's World, en 1992), ou Todd Solondz (Happiness, en 1998). Autres interprètes à faire son apparition dans la mythologie Men in Black, l'acteur Johnny Knoxville dans le double rôle de Scrad et Charlie, ainsi que l'actrice afro-américaine Rosario Dawson qui débuta sa carrière chez Larry Clark (Kids, en 1995) et Spike Lee (He Got Games, en 1998).

Men in Black II se révèle relativement décevant. Tout d'abord parce qu'en terme de scénario et de mise en scène, on est bien loin d'atteindre l'engouement du premier volet, mais aussi parce que le film prend trop souvent des allures de foire aux monstres dans laquelle bon nombre de créatures s'apparentent davantage à des ''bestioles'' strictement fantastiques et non plus à d'éventuelle entités venues de l'espace. Le scénario de cette séquelle est de plus infantilisante et semble désormais ne s'adresser qu'à un public constitué d'enfants et d'adolescents. Sans être un four, le film ne remportera dans son propre pays que la somme que sa production et sa réalisation engouffra. À peine plus de cent-quatre vingt-dix millions de dollars sur le seul territoire américain et un peu moins de cinq millions d'entrée dans l'hexagone. Le film n'est pas un échec ni une totale réussite, ce qui n'empêchera pas Barry Sonnenfeld de réaliser le troisième volet de la saga... dix ans plus tard en 2012...

vendredi 28 septembre 2018

Unstoppable de Tony Scott (2010) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Unstoppable a tout du sujet réjouissant... du moins dans le fond, car dans la forme, le dernier long-métrage que réalisa le regretté Tony Scott en 2010 avant de se jeter deux ans plus tard du haut du pont Vincent-Thomas à San Pedro a surtout de quoi irriter. Se situant d'un point de vue qualitatif entre l'excellent Runaway Train d'Andrey Konchalovsky et le nanar de Geoff Murphy, Piège à Grande Vitesse, Unstoppable est typiquement le genre de blockbuster catastrophe (cent millions de dollars de budget tout de même!) qui mise tout sur le spectaculaire, quitte à donner dans l’invraisemblable, moyennant quoi, les spectateurs pourront jubiler devant une myriade de moments de bravoure. L'habituellement excellent Denzel Washington qui dans le rôle d'un vieux routard des chemins de fer tient ici la dragée haute à un Chris Pine portant l'uniforme tout neuf de conducteur de train se révèle agaçant au plus haut point. Du moins durant une première partie ou son personnage de Frank Barnes snobe littéralement Will Colson. Le moquant tout en lui fichant sous les yeux son inégalable carrière de conducteur de train (tout en oubliant d'avouer dans la première partie qu'il a été viré par ses supérieurs). Unstoppable se mue alors en Inesupportabeule !!! Chris Pine encaisse avec courage, les spectateurs également, tout en supposant qu'à travers l'aventure qui va amener les deux hommes à collaborer ensemble, leurs rapports s'amélioreront.

Le film de Tony Scott accumule les clichés. Les personnages sont caricaturaux (le duo de blancs-becs responsables de la catastrophe sont de fieffés abrutis). Le montage est nerveux, trop diront même les épileptiques, la bave aux lèvres et le corps parcouru de convulsions. Quelques séquences permettent de se reposer les iris mais en règle générale, le spectateur n'a pas le temps d'absorber les images que lui inflige le montage de Robert Duffy et Chris Lebenzon qu'il doit passer à une succession d'images beaucoup trop rapides. Une séance diapositive orcherstrée par un bipolaire entré dans la phase maniaque de la maladie !

Bon, faut quand même avouer que Tony Scott n'est pas un manche et que lorsqu'il s'agit de mettre en place des dizaines, que dis-je, des centaines de figurants sur la route du train fou, le bonhomme sait y faire. La grande classe. Unstoppable et son train numéro 777 foncent à toute allure pour la joie de spectateurs qui n'auront (presque) pas le temps de reprendre leur souffle. Heureusement, le cinéaste ménage nombre de séquences se déroulant dans le service d'aiguillage des chemins de fer. Mais là encore, se présente un nouveau personnage insupportable. Irritant, traitant ses subordonnés, excusez-moi de l'expression, COMME DE LA MERDE ! Pas de quoi être fière dans le rôle du chef du réseau Connie Hooper, l'actrice américaine Rosario Dawson surenchérit en matière de mépris, ce qui finit de rendre agaçant ce long-métrage 'commandé' par d'agressifs premiers rôles. Fort heureusement, Denzel Washington et Rosario finissent par mettre leurs prétentions de côté pour s'allier afin que se termine dans les meilleures conditions, la folle course d'un train transportant des matières dangereuses. Un film d'action musclé dont on devine assez rapidement la conclusion. Il n'y a là, pas de quoi fouetter un chat...
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