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mardi 8 novembre 2022

Escape from Death Block 13 de Gary Jones (2021) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Le sosie de Charles Bronson Robert Bronzi fut l'année passée le héros de deux longs-métrages. The Gardener de Scott Jeffrey et Rebecca Matthews ainsi que Escape frome Death Block 13 de Gary Jones dont il me revient la difficile tâche de faire la critique la plus objective qui soit. N'étant pas parmi les choses que je m'étais promis d'effectuer en cette fin d'année 2022, je pourrais très simplement passer par de très courts raccourcis et écrire que le film est un sombre navet mais non : sans la faire aussi longue qu'une pénible et inutile chronique remontant du début de sa conception jusqu'à sa diffusion sur telle ou telle plateforme de streaming, je vais essayer de motiver mes impressions à travers quelques termes plus ou moins bien sentis : Daubesque, nanardesque, burlesque... Si je n'avais pas été à ce point si rapidement à court d'adjectifs, j'aurais pu remonter à travers eux jusqu'aux origines du cinéma le plus infamant, le plus niais, le plus ridicule et le plus mal fagoté pour écrire ce ressenti qui m'a traversé l'esprit et le corps durant plus d'une heure et trente minutes. Clone bouffi et inexpressif d'une star bien connue du cinéma d'action américain qui déjà n'exprimait elle-même pas vraiment ce qu'elle ressentait, Robert Bronzi ne semble pour autant avoir jamais été aussi bavard que dans ce Escape from Death Block 13 qui pompe à peu près tout ce qui existe depuis déjà très longtemps sur le thème de la prison. Du héros accusé à tort d'un crime qu'il n'a pas commis. Enfermé dans une prison où les gardiens sont au moins aussi brutaux que ceux qu'ils ont la charge de maintenir dans un calme relatif. Découvrant que s'y déroulent de drôle de manigances auxquelles est directement liée la directrice de l'établissement Warden jack (l'actrice Debbie Scaletta). Et se faisant quelques bons camarades et quelques ennemis dont un représentant de l'espèce humaine parmi les plus gratinés...


Le long-métrage de Gary Jones (son douzième après toute une série de productions horrifiques réalisées en 1994 et 2013) débute de manière formidablement invraisemblable. Le personnage incarné par Robert Bronzi, Mick, se rend dans l'entreprise du type qui embauchait son frère récemment décédé afin de toucher les douze mille cinq-cent dollars environ d'assurance que sa famille n'a toujours pas perçu après sa mort. Un sac rouge forcément douteux à la main droite et une idée fixe en tête, on aura rarement vu plus grotesque situation sur grand ou petit écran. Ou comment se jeter dans la gueule du loup la tête la première. Deux solutions : soit le héros est un fieffé abruti, soit est-il confondant de naïveté. L'une et l'autre de ces impressions planant au dessus de sa tête durant la quasi totalité du récit, on ne sait jamais vraiment si l'impression d'indolence permanente de Mick/Robert Bronzi est due à son très mauvais jeu d'acteur ou si c'est le script de Gary Jones lui-même qui veut cela. Se faisant passer pour le type blasé, persévérant, impassible, le type se frotte alors à des montagnes de muscles dont il parvient toujours à relever les défis physiques et mentaux. Ce qui, pour ce dernier, s'avère plutôt aisé vu le niveau intellectuel de la plupart des personnages. Le film tente d'instaurer un certain esprit de camaraderie et d'entraide mais l'on est encore très loin de la puissance et de l'émotion qui pouvait se dégager de certaines séquences des Evadés de Frank Darabont ou des rapports qu'entretenait Clint Eastwood avec certains de ses co-détenus dans L'Évadé d'Alcatraz de Don Siegel...


Escape from Death Block 13 souffre de tout un tas de lacunes à commencer par le scénario qui n'invente rien et pioche dans le vivier de ce qui a déjà été mainte fois évoqué. Vient ensuite la piètre interprétation quasi généralisée du casting à commencer par la vedette elle-même dont le seul atout semble être sa grande ressemblance avec Charles Bronson. À part ce ''petit détail'' qui a tout de même son importance, le bonhomme est vraiment mauvais. Inutile de se voiler la face. Si Mick a l'air aussi impavide, c'est bien parce que l'acteur est incapable de transmettre la moindre émotion. Un personnage que le réalisateur aurait par ailleurs mieux fait de rendre muet ! Se déroulant presque entièrement à l'intérieur d'une prison, le long-métrage de Gary Jones ''bénéficie'' d'un traitement visuel assez ignoble. La photographie est hideuse au point que l'on a souvent l'impression que les décors sont fictifs et que certains semblent même n'être que des projections sur fond vert (la séquence située dans la chapelle). Question effets-spéciaux, l'équipe d'une petite dizaine d'artisans s'est chargée de nous en mettre plein la vue. Résultat : l'action est ponctuée de gunfights dont les impacts sont réalisés à partir de CGI parfaitement dégueulasses. De cette engeance qui n'a rien à envier à toute cette vague de DTV filmés à la vas-vite qui se tournent à longueur d'années, seule la révolte des prisonniers qui intervient lors du dernier quart-d'heure sauve le film du naufrage. Alors que la rétine en prend un coup à cause de son atroce esthétique, voilà que le réalisateur se lâche et nous propose un carnage lors duquel les impacts de balles se multiplient et où l'on aura également droit à quelques plans gore. À part cela, Escape from Death Block 13 est visuellement déplaisant. Des fautes de goût esthétiques, une mise en scène bancale, un scénario banal et une interprétation navrante renverra le film de Gary Jones au rang de navet pour certains et de nanar pour les autres...

 

vendredi 4 mars 2022

Death Kiss de Rene Perez (2018) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Le roi est mort ! Vive le roi ! Depuis la disparition de l'acteur américain Charles Branson il y aura bientôt dix-neuf ans, les rues de New York ne sont plus sûres. Son alter ego cinématographique le plus célèbre a rendu les armes en 1994 avec Le Justicier : L'Ultime Combat (Death Wish 5: The Face of Death) d'Allan A. Goldstein, soit vingt ans après avoir commencé à nettoyer les rues de la célèbre cité dans Un justicier dans la ville (Death Wish) de Michael Winner. Pourtant, par un heureux hasard, le célèbre défenseur de la veuve et de l'orphelin a vu l'acteur hongrois Robert Bronzi prendre la relève de Paul Kersey dès son second long-métrage Death Kiss en 2018. Un an après avoir interprété son premier rôle dans le western horrifique From Hell to the Wild West de Rene Perez. Poursuivant tranquillement sa carrière jusqu'à maintenant dans une poignée de longs-métrages, l'acteur est réapparu en 2021 dans The Gardener de Scott Jeffrey et Rebecca Matthews, un autre actionner dans lequel on retrouve un Robert Bronzi singeant la star du cinéma d'action à connotation ''auto-défense'' et ''expédition punitive''. Mais revenons en 2018 avec Death Kiss, donc. D'emblée, les fans de Charles Bronson seront ravis de découvrir un acteur dont la ressemblance avec la star disparue s'avère relativement spectaculaire. Robert Bronzi allant même jusqu'à singer notre idole notamment adepte du pistolet semi-automatique Colt M1911 (lorsqu'il n'usait pas d'un lance-roquettes ou d'explosifs). Le réalisateur Rene Perez n'y va pas par quatre chemins et assène en apéritif une séquence assez violente lors de laquelle celui qui se fait alors appeler ''l'étranger'' bute un maquereau et le client d'une gamine qu'il abandonne derrière lui une fois le massacre accompli. D'entrée de jeu, Death Kiss sent le DTV à plein nez. Image beaucoup trop propre pour nous rappeler le grain de la franchise Death Wish démarrée en 1974, la bande-musique signée de Rene Perez est également loin, très loin d'atteindre les qualités de celle que composa à l'époque le génial Herbie Hancock !


Il va falloir se farcir une musique terriblement indigeste, faisant de Death Kiss un film d'action carrément décevant, du genre de ceux qu'interprète en général l'acteur Bruce Willis depuis quelques années. Si Charles Bronson n'était pas l'acteur le plus expressif au monde, Robert Bronzi apparaît quant à lui complètement éteint, figé, genre : la paupière gonflée du gars qui vient tout juste de se lever et le sourcil presque perpétuellement froncé. La musique, envahissante et collant rarement à l'action, on comprend très vite que l'hommage rendu à la célèbre franchise est l’œuvre d'un réalisateur de peu de talent. Quelques clics plus tard, on découvre sur la toile une filmographie impressionnante non pas pour ses qualités mais par le nombre de long-métrages réalisés en moins de quinze ans de carrière. Si l'on excepte ses deux prochains films désormais terminés et un Nightfall en pré-production, le compteur de longs-métrages du réalisateur en affiche vingt-six en douze années ! Un nombre impressionnant mais, allez savoir pourquoi, pas un seul film ou presque ayant sans doute passé le seuil d'un cercle de fans réduit au minimum. Allez, on notera tout de même The Burning Dead en 2015 dans lequel Danny Trejo tenait la vedette. Rien d'étonnant à ce que Death Kiss (Le baiser de la Mort en français) ne soit pas à la hauteur de nos espérances. Car si Robert Bronzi ressemble effectivement à Charles Bronson, son jeu monolithique consistant en fait surtout à montrer sa trogne à l'écran (histoire de faire mouiller les groupies de Mister Bronson) est à l'orée de la mise en scène et de la plupart des aspects techniques du film...


Le concept est on ne peut plus simple : un justicier nettoie la ville de sa criminalité sans autre forme de procès que de coller une ou plusieurs balles dans le coffre de ses victimes, gerbes de sang à l'appui (ici, la ''case prison'' est une notion superflue), tout en venant en aide à une mère et sa fille clouée dans un fauteuil roulant. Incarnée par Eva Hamilton, la charmante Ana vit avec sa fille Tanya (la jeune Stormy Maya) dans une maison située en un lieu reculé de la ville et semble redouter l'éventuelle venue d'un dangereux malfaiteur. Parmi les interprètes, nous retrouvons également l'acteur Daniel Baldwin (le frère de...) dans le rôle (parfaitement inutile) d'un animateur radio ou encore Richard Tyson (Mary à tout prix des frères Peter et Bobby Farrely, La chute du faucon noir de Ridley Scott, mais également l'immense purge Battlefield Earth, adaptation ratée du roman de science-fiction indigeste du fondateur de la Scientologie L. Ron Hubbard, Terre, champ de bataille) dans celui de Tyrell, le grand méchant psychopathe du film. On notera que la même année est sorti sur les écrans le remake cette fois-ci officiel de Death Wish réalisé par Eli Roth et dont Death Kiss permet finalement de relativiser les critiques, car relativement malmené par la presse de l'époque. Pourtant, dans la carrière de Bruce Willis qui y prendra le relève de Charles Bronson, Death Wish apparaissait comme un sursaut ! Tout le contraire du long-métrage de Rene Perez qui entre ventres mous, séquences d'action mal fichues, dialogues ultra-sommaires et direction d'acteur pathétique (auquel on joindra des dialogues bas du front) n'est rien moins qu'un navet. Et je ne vous parle même pas du doublage en français, monument d'inconsistance en ce qui concerne notamment celui de l'acteur-vedette...

 

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