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lundi 4 juin 2018

The Freakmaker de Jack Cardiff (1974) - ★★★★★☆☆☆☆☆



La ville de New York fut plongée dans le noir les 13 et 14 Juillet 1977. L'année suivante, le cinéaste marseillais (oui, oui) Eddy Matalon s'emparait du sujet et réalisait le long-métrage franco-canadien New York Black Out. Un thriller urbain mâtiné de catastrophe débutant justement de manière assez classique en tentant de caractériser chacun des personnages. S'ensuit alors une succession de scénettes nous présentant un petit groupe de taulards, les convives d'un mariage 'à la grecque', un magicien français vivant avec son chien, un couple du troisième âge dont l'époux est sous assistance respiratoire, ou encore un homme et une femme coincés dans un ascenseur. Et ce, parce que le mauvais temps s'est chargé de couper l'électricité au sein d'une cité désormais en proie à la violence. Et notamment, celle administrée par les prisonniers évoqués ci-dessus, parvenus à se libérer de leurs geôliers, et s'attaquant à tout ce petit monde réuni dans le même immeuble. Une bonne histoire pour un film finalement, assez chiant. Loin des grandes productions du genre, ce New York Black Out dont l'affiche s'inspire de certaines grandes productions catastrophe (au hasard, Tremblement de Terre, La Tour Infernale, ou encore L'Aventure du Poséïdon) n'est en fait qu'un tout petit film à peine digne de figurer dans la liste des drames survenant à la suite de phénomènes naturels (ici, la tempête). Incarné en outre par l'acteur américain Ray Milland qui du plus profond de mes souvenirs fut surtout le Dr Maxwell Kirshner de l'improbable film de blaxploitation, The Thing with Two Heads, mais également l'un des soixante-neuf meurtriers de l'excellente série policière Columbo avec Peter Falk (l'épisode en question s'appelle Dites-le avec des fleurs) et l'un des principaux interprètes de cet autre épisode qu'est l'excellent Faux Témoins.

Mais bon, le sujet n'est pas là. Pour me revigorer l'esprit et ainsi m'extraire de la léthargie dans laquelle me plongea le film d'Eddy Matalon, je décidais de regarder The Freakmaker de Jack Cardiff que j'avais toujours connu jusque là sous le titre The Mutations. Une œuvre principalement interprétée par l'acteur Donald Pleasance (qui lui-même fut mis en présence du célèbre lieutenant Columbo dans l'un des plus admirables épisodes de la série, Quand le Vin est Tiré), et qui m'avait profondément marqué alors que je n'étais qu'un tout jeune adolescent le jour où je le découvrais pour la toute première fois. Qu'allais-je en penser, une trentaine d'années plus tard... ?

Pour commencer, je ne me souvenais absolument pas des timelapses de Ken Middleham. De bien belles images qui donnent le ton de The Freakmaker. Car bien qu'il s'agisse d'un film d'horreur, scénarisé par Edward Mann et Robert D. Weinbach, on a très souvent l'impression d'être placé en face d'un long-métrage éducatif. Car entre les scènes durant lesquelles nous découvrons l'évolution des plantes de la germination des graines jusqu'à l'apparition des premières fleurs, on assiste également aux cours prodigués par l'excellent acteur britannique Donald Pleasance, qui dans la peau du professeur Nolter peut être identifié comme un génial inventeur, mais également comme un individu passablement atteint et se prenant pour Dieu.
L'une des caractéristiques les plus étranges de The Freakmaker demeure dans la présence de personnages 'monstrueux'. Du moins, certains les envisageront ainsi alors qu'il s'agit simplement d'individus atteints de malformations congénitales réelles. Ces êtres parfois dits 'phénomènes de foires' sont pourtant des individus à part entière et le cinéma leur a consacré quelques très bons films. Le plus classique d'entre tous demeure bien évidemment l'extraordinaire Freaks de Tod Browning. Juste derrière arrive The Elephant Man de David Lynch. Arrive ensuite le très émouvant Mask de Peter Bogdanovich (vu à l'époque au ciné). D'autres œuvres intègrent l'idée des monstres à visage humain. Elles sont d'ailleurs très nombreuses mais majoritairement farfelues. L'une d'elle, pourtant, se démarque : La Sentinelle des Maudits de Michael Winner et ses sinistres apparitions nocturnes...

Les créatures de The Freakmaker sont donc bien réelles. Du moins, une partie d'entre elles puisqu'à force d'expérimenter des hybridations entre humains et plantes, le personnage incarné par Donald Pleasance va finir par obtenir ce qu'il désire. Jamais sorti en salle dans notre pays, The Freakmaker est une petite production horrifique peu effrayante et nantie d'effets-spéciaux moyens. Le scénario fait se croiser la route d'une troupe de phénomènes humains harcelés par un propriétaire de cirque aussi monstrueux qu'eux, avec deux couples d'étudiants cherchant à connaître la vérité sur la disparition de l'une de leurs amies, et du professeur interprété par Donald Pleasance. Le film de Jack Cardiff se permet de piller certaines des très bonnes idées du Freaks de Tod Browning. Comme la scène du banquet, ou alors le passage durant lequel les membres de la troupe de phénomènes traquent l'horrible propriétaire du cirque. Tourné en Angleterre à Londres et dans les studios Pinewood, The Freakmaker accuse quelque peu son âge mais reste une honnête petite série B...

jeudi 7 décembre 2017

Dr Frankenstein's castle of freaks de Robert Oliver (1974) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Dr Frankenstein's castle of freaks totalement raté ? Non, définitivement, non. Ou bien se pose la question de savoir si l'on parle du même film qu'un (ou une) certain(e) Nikita a chroniqué sur le fameux site Nanarland (ayant ainsi attisé ma curiosité), ou bien s'agit-il de points de vue divergents, auquel cas, il me faut revenir sur cet objet, unique (mé)fait d'armed'un certain Robert Oliver dont la seule vraie bonne idée est de ne pas avoir justement poussé plus loin ses investigation dans le domaine de la réalisation. Quoique... bien qu'auréolé d'une piètre réputation qui verra forcément voir sa note gonflée par les amateurs de nanars, ce qui chez nous fut donné en pâture aux amateurs de curiosité sous le titre Le Château de Frankenstein a de quoi contenter tout fan de bisserie qui se respecte. Pourtant, pour une fois, ce ne sont plus les doublages qui sont à remettre en cause. Car si le film de Robert Oliver ne verse toujours pas dans la catégorie A, l'effort des doubleurs est louable. Par contre, pour ceux qui auraient aimé se faire quelques frayeurs au coin d'un feu bien fourni en cette période hivernale, je leur conseillerais de prendre de l'avance et d'aller se réserver tout de suite un autre long-métrage pour la soirée à venir.
Car l'un des premiers réflexes qu'aura le spectateur devant ce curieux spectacle qu'offre Le Château de Frankenstein sera d'étouffer le rire montant ostensiblement des tréfonds de son organisme secoué de spasmes avant d'aller mourir sur ses lèvres. Dès les premiers éclairs lézardant le ciel d'une nuit déchirée par une violente tempête, on comprend que le spectacle sera rude. Entre un village critiquant tout entier les exactions d'un comte de Frankenstein dérobant les cadavres les plus fraîchement enterrés au cimetière du coin mais dont les habitants battent eux-même la campagne afin de pourchasser, et tuer, des hommes préhistoriques (sic !), et un château dans la cave duquel le propriétaire du titre mène des expériences dont on se demande encore qu'elle en est l'utilité, Le Château de Frankenstein brasse des idées par dizaines sans que son auteur ne se soucie de la moindre cohérence.

Dans la forêt demeure un homme de cro magnon interprété par un Salvatore Baccaro dont l'un des principaux atouts était ce visage buriné, arcade sourcilière démesurée, et tarin de poivrot sans doute dus à cette étrange maladie que l'on nomme acromégalie et dont furent par exemple affligés le catcheur André le Géant, le boxeur Nicolay Valuev, l'acteur Carel Struycken (Star Trek : la Nouvelle Génération, La Famille Adams et ses suites, Men in Black), ou encore le lutteur franco-américain Maurice Tillet. A ses côtés, un nain, pardon, une personne de petite taille, qui malgré son handicap interpréta une foule de personnages au cinéma ainsi qu'à la télévision, dont un Freakmaker datant de la même année que Le Château de Frankenstein et pouvant être considéré comme une variante plutôt désolante du Freaks, la Monstrueuse Parade de Tod Browning puisque ce film, le dernier de Jack Cardiff ( Le Dernier Train du Katanga), outre divers effets de maquillage, montrait de réels interprètes victimes de malformations congénitales. Pas de Frankenstein, de lugubre château, d'arrière-salles sans bossu. Un rôle dévolu à l'acteur italien Xiro Papas dont la gueule colle parfaitement au personnage. En examinant bien le casting, et même si ses apparitions demeurent le plus souvent furtives, on retrouve également l'acteur américain Gordon Mitchell que les amateurs de Pierre Richard auront pu voir dans Le Coup de Parapluie dans le rôle du tueur à gage alors qu'il avait débuté sa carrière dans des péplums et des westerns-spaghettis.

Outre ces quelques personnages fort curieux, le château de Frankenstein est investi par un couple et une tierce personne offrant au cinéaste l'occasion de quelques scènes de nudité. A part cela, rien de bien folichon mais de quoi sourire en de fréquentes occasions. Le Château de Frankenstein n'a sans doute pas l'aura des œuvres de la Hammer Films même si l'on peut soupçonner son auteur d'avoir voulu s'inspirer des grands classique du genre, mais il se regarde avec un certain plaisir. Car en terme de nanar, on aura eu l'occasion de voir bien pire...


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