Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Lou Taylor Pucci. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lou Taylor Pucci. Afficher tous les articles

lundi 19 avril 2021

Evil Dead de Fede Alvarez (2013) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Ce que j'aime et déteste à la fois lorsque je viens d'assister à la projection du remake d'un grand classique du cinéma, ça n'est pas le film lui-même mais tout d'abord les avis mitigés qu'il engendre, surtout si ceux-ci ne sont pas fondés. Evil Dead cuvée 2013 fait partie, selon moi, de ces quelques relectures qui méritent bien davantage que le dédain que certains ont bien voulu lui accorder. Dans l'ombre de son ancêtre, véritable totem culte intouchable réalisé en 1981 par Sam Raimi, Fede Alvarez a mis au point ce que ses détracteurs lui reprochent : un reboot sans humour. Et pourquoi pas appuyer là où ça fait mal en osant même ajouter que la peur y est absente...? Ce serait sans doute mentir que de nier que la fantaisie de l'original y est absente. Mais ne serait-ce pas se rendre coupable de mensonge que d'affirmer que le long-métrage de Fede Alvarez est dénué de tout sentiment d'effroi ? Car à moins d'avoir un cœur de pierre, une âme de démon, une volonté farouche de rejeter la chose quelles qu'en soient ses qualités ou celle d'y demeurer indifférent, merde quoi, avouons que le remake possède au moins les mêmes valeurs que le remake de La Colline a des Yeux réalisé en 2005 par le cinéaste français Alexandre Aja. Aie ! Ça y est, j'entends déjà les cris de douleur de ceux qui adoubent ce dernier mais vomissent l’œuvre de Fede Alvarez. Allez savoir pourquoi, mais La Colline a des Yeux semble devoir briller aux yeux des cinéphiles bien davantage que Evil Dead même si tout deux sont issus de deux classiques. Ce qui s'explique probablement dans le fait que l’œuvre originale de Wes Craven datant de 1977 ait beaucoup moins bien vieilli que celle de Sam Raimi...


Pire que d'aimer le remake de Fede Alvarez, ce qui semble encore moins concevable est d’émettre l'hypothèse que l'on puisse préférer sa vision paroxystique à celle de Sam Raimi. Ce qui, je l'avoue, est mon cas. Sans être un fondu de la saga originale (je n'ai jamais été totalement convaincu par la séquelle de 1986 et le troisième volet me laisse carrément indifférent), le premier du nom reste et restera une expérience hors du commun. Film comico-gore convoquant Tex Avery et à l'imagination débordante de son auteur, Evil Dead demeure le long-métrage indéboulonnable du statut d’œuvre culte sur lequel il trône. C'est peut-être la raison pour laquelle le remake de Fede Alvarez mérite justement tous les éloges. D'abord pour sa vision radicalement différente. On vire l'humour et l'on accentue la noirceur. Quitte à faire dans ''l'un peu trop attendu'' avec son héroïne toxicomane rédemptrice à laquelle on n'échappera malheureusement pas. Quitte aussi à ce que Evil Dead version 2013 se voit taxé de misogynie face au traitement que son auteur accorde en priorité à la gente féminine. Trois femmes pour deux hommes seulement, d'accord. Mais trois femmes qui les unes derrière les autres seront les premières victimes de cas de possession. N'étant pas de ceux qui boivent à la source de celui qui cherche dans la caractérisation des personnages ou dans leur apparence, une quelconque connotation, je ne m'amuserai donc pas à citer la blonde ou la black de service, ou encore le bon copain à lunettes. Alors que le Evil Dead de Sam Raimi était porté par un véritable héros en la personne de Ash, interprété à l'époque par l'acteur culte Bruce Campbell, celui de Fede Alvarez ne peut malheureusement ni compter sur son infirmière, ni sur sa toxicomane (Jane Levy), ni sur le frangin de cette dernière. Ce qui au fond, est tout autant une qualité qu'un défaut. Pour ce dernier, il demeure difficile de s'identifier à tel ou tel personnage aucun d'entre eux n'étant véritablement attachant. D'un autre côté, le sentiment d'isolement et d’oppression n'en est que plus ressenti...


Si de nos jours il est devenu pratiquement caduque de pouvoir espérer faire peur sur grand écran, Evil Dead est en mesure de contrebalancer cette éventualité. Dans le noir, avec un son digne de ce nom et un écran dont la diagonale est généreuse, il y a là, matière à se faire peur. D'autant plus que le climat instauré par les décors, la photographie (d'Aaron Morton), la bande-son de Roque Baños, les effets-gore, mais sans doute plus encore par le choix de certains cadrages, participent d'un tout qui donne à se faire peur comme au temps jadis. Cette version Unrated de l’œuvre de Fede Alvarez offre un surcroît de séquences, d'autres étant quant à elles rallongées de quelques secondes. C'est ainsi que la scène lors de laquelle Mia (Jane Levy) se coupe la langue en deux à l'aide d'un cutter est rallongée d'une seconde. De quoi souffrir pour elle un peu plus longtemps. On dira ce que l'on voudra mais la vision de Fede Alvarez se hisse au moins au niveau de celle de l'original. Et même si le traitement y est différent puisque dénué d'humour et d'un certain charme relatif au décorum du Evil Dead version 1981, celui de 2013 demeure une véritable claque. Les démons n'auront jamais été aussi flippants que dans cette approche du cadre et de la photographie. Des maquillages qui enterrent tout ce qui jusque là a été fait sur le sujet. Dans le duel Linda/Mia, faites votre choix. Pour ma part, la seconde gagne par K.O dès le premier round...

 

lundi 24 août 2015

Spring de Justin Benson et Aaron Moorhead (2014)



Evan n'a plus de famille. On père est mort depuis quelques années maintenant et sa mère vient d'être enterrée. Alors qu'il boit un verre en compagnie de son meilleur et seul ami Tommy, il passe à tabac un homme qui tentait de s'en prendre à celui-ci. Cherché par la police, le jeune homme prend la fuite et quitte le sol des États-Unis pour se rendre en Italie où il fait la connaissance de deux anglais qui lui proposent de les suivre dans leur pérégrinations. Dès le lendemain de son arrivée, Evan tombe sous le charme d'une jolie italienne dont il croie le regard et qu'il retrouve par hasard le soir même accoudée à un bar. La jeune femme lui propose de laisser tomber ce qu'il est en train de faire pour la suivre. Evan refuse mais propose à cette dernière d'accepter de la retrouver le lendemain soir...

Voici donc comment débute Spring, le nouveau film du duo Justin Benson et Aaron Moorhead. Après une très alléchante bande-annonce qui laisse augurer d'une œuvre particulièrement intrigante, il est temps de se ruer sur l'objet et de voir si les cent neuf minutes qu'il dure valent autant que les quelques centaines de secondes qui nous ont été offerte en préambule. Des détails troublants de la bande-annonce (la mère atteinte d'un cancer et ces quelques plans d'Italie parcourus de détails sordides s'apparentant à de monstrueuses modifications corporelles), il en demeure encore tout le choc qu'a pu provoquer cette dernière.

Si Spring a reçu quelques prix des plus intéressants dont l'Œil d'Or du meilleur film au PIFF, l’œuvre de Justin Benson et Aaron Moorhead, comme n'importe quelle autre, a divisé le public. C'est vrai que le film a la bonne idée d'aller là où on ne l'attend pas forcément. Il ne s'agit plus ici que de montrer la seule monstruosité de l'un de ses protagonistes mais plutôt d'y consacrer l'amour d'un homme et d'une femme quoiqu'il puisse leur arriver. C'est peut-être aussi pour cette raison que le film n'atteint pas le degré d'intensité que la bande-annonce laissait présager. Car oui, Spring est trop long. Une heure trente aurait largement suffit à nous conter cette terrible romance parasitée par un mal étrange touchant l'un des deux protagonistes. Ces vingt minutes de trop noient l’œuvre et font passer certains passages du film pour une bluette adolescente plutôt ennuyeuse.
Si dans le fond, Spring n'est pas un véritablement un pur film d'horreur, il possède en malgré tout les apparences. Et ce ne sont pas les extraordinaires décors de Bari, en Italie, qui nous feront oublier de sitôt les impressionnants effets-spéciaux qui donnent au film une dimension tout particulière. On n'est pas dans le gore ici. Tout est presque histoire de suggestion. Peu de plans larges, plutôt des plans serrés, choisissant ainsi de nous révéler par petites touches la vérité sur ce que veut taire la jolie Louise. Traité à la manière d'une maladie (chose devenue presque courante au cinéma, voir Contracted) le « sortilège » dont est victime la jeune italienne est l'occasion de pénétrer un univers parfois morbide. Les cinéastes ont la bonne idée de ne pas user des artifices actuellement à la mode pour insuffler à leur film une aura de terreur. L'horreur provient surtout du mélange entre la romance d'Evan (Lou Taylor Pucci) et Louise (Nadia Hiker), et l'abomination qui se cache en celle-ci. Le contraste est presque saisissant. 


Justin Benson et Aaron Moorhead semblent prendre le parti de nous conter avant tout l'histoire d'amour plus que l'aspect fantastique. Et même si ce dernier est relativement bien représenté, certains détails sordides (la scène de douche) auraient pu donner à leur œuvre un coté « cradingue » bienvenu. On pense parfois au terrifiant Possession d'Andrzej Zulawski, mais au risque de me faire des ennemis, j'oserai affirmer que Spring a encore bien du mal à pouvoir y être comparé. Tout est juste histoire de goût...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...