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dimanche 8 juin 2025

Once Bitten de Howard Storm (1985) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avant de devenir une star mondiale grâce à Ace Ventura, détective chiens et chats de Tom Shadyac, The Mask de Chuck Russel ou encore Dumb and Dumber des frères Peter et Bobby Farrely, Jim Carrey a commencé sa carrière par de petites apparitions au cinéma et à la télévision. Ses premiers rôles importants, l'acteur les obtient notamment dans la comédie musicale Cooper Mountain en 1983 et dans la Sitcom The Duck Factory de Allan Burns et Herbert Klynn l'année suivante. Parfois intitulé Vampire Forever sur le territoire américain et traduit chez nous sous les titres On ne mord que deux fois et Séduction à pleines dents, Once Bitten de Howard Storm est une comédie fantastique qui s'inscrit moins dans la vague de film purement horrifiques qui à l'époque mirent en scène des vampires (The Hunger de Tony Scott The Lost Boys de Joel Schumacher, Near Dark de Kathryn Bigelow) que dans ces quelques bobines référentielles humoristiques dont le Fright Night de Tom Holland demeure sans doute l'un des plus remarquables représentants. En ce sens où, d'ailleurs, celui-ci était capable de faire sourire tout en étant parfois capable de faire frissonner (voir les excellents maquillages prosthétiques et visuels de l'immense équipe chargée de donner vie aux créatures). Jim Carrey demeure donc dans le cas de Once Bitten, la principale vedette de l'histoire. Une œuvre s'inscrivant somme toute dans un contexte estudiantin relativement classique puisque l'on retrouve d'emblée le personnage de Mark Kendall qu'il incarne dans une université où il traîne avec ses deux meilleurs amis Jamie (Thomas Ballatore) et Russ (Skip Lackey). Mark a pour fiancée la délicieuse Robin Pierce (Karen Kopins) avec laquelle il n'a pas encore eu de relations sexuelles. Sujet central de nos trois adolescents, Jamie et Russ décident un soir d'emmener leur ami dans un bar à célibataires Hollywoodien où l'adolescent va entrer en contact avec une comtesse âgée de quatre-cent ans ! Bon, il est vrai que lorsque l'on découvre à l'image l'actrice Lauren Hutton, on a beaucoup de mal à deviner que derrière cette très séduisante quadragénaire qui avant d'être actrice fut mannequin se cache une vampire de quatre siècles ! La beauté et le charme de l'actrice sont à l'aune des attentes de son personnage qui pour pouvoir demeurer immortelle doit boire le sang d'un vierge trois fois par an avant la fête d'Halloween. Et franchement, les gars.... qui n'aimerait pas se faire sucer... le sang... par une beauté pareille ? Et ça tombe bien puisque justement, Mark est toujours puceau. Lors de son entrée dans le bar à célibataires, il est repéré par la comtesse qui l'invite à boire un verre avant de l'accueillir chez elle pour la soirée, le jeune garçon laissant ainsi ses deux amis à leur triste sort...


Plus tard, l'adolescent est raccompagné jusqu'à son véhicule (un camion de glaces) par le majordome de la comtesse (l'acteur Cleavon Little dans le rôle du très précieux Sebastian). De retour chez lui, Mark ne se sent pas très bien. L'on découvre alors qu'il a subit une ponction de sang qui cause une anémie, un blanchiment du teint et une sensibilité accrue à la lumière naturelle. En outre, lors d'une discussion entre copains qui se voulait être discrète mais qu'entend sa petite amie Robin, celle-ci découvre que Mark a semble-t-il couché avec une autre. Rien ne va plus dans leur couple et alors que la comtesse s'apprête à prélever à nouveau du sang à sa victime, le bal d'Halloween du lycée se profile. L'occasion pour la fiancée de Mark de régler ses comptes avec la prédatrice... Relativement peu considéré comme une œuvre majeure, Once Bitten n'en est pas moins une sympathique comédie horrifique. Et si les éléments fantastiques nous sont davantage relatés à travers certains comportements que face à des modifications physiques flagrantes (on est en effet très loin des monstrueux vampires de Fright Night et consorts), le premier et seul long-métrage de Howard Storm a avoir connu une sortie sur grand écran (l'homme a principalement œuvré pour la télévision) est une sympathique aventure à travers laquelle Jim Carrey fait déjà montre des capacités physiques qui le rendront célèbre par la suite. Alors âgé de vingt-trois ans, l'acteur est tout à fait crédible dans le rôle au départ relativement puéril de l'adolescent qui aux côtés de ses deux potes cherchent à connaître l'amour physique ! Pas mal de personnages secondaires visibles à l'écran demeurent tout à fait inutiles (où donc se situe intérêt de nous présenter les ''esclaves'' de la comtesse?) et même parmi les proches de notre héros, les deux amis de Mark constituent le maillon faible d'un récit qui tourne donc principalement autour de Mark, de sa fiancée et de la comtesse. Un trio que l'on aura d'ailleurs le plaisir de voir enfin réuni durant le bal d'Halloween, et notamment lors d'une danse endiablée parfaitement chorégraphiée. Bref, si Once Bitten n'est sans doute pas un Must Have, cet inhabituel couple au cinéma que forment Jim Carrey et Lauren Hutton (l'un étant censé incarner un adolescent et la seconde une femme âgée de quatre siècles, leur relation aurait pu être au centre d'une polémique), l'excentricité de certaines séquences, le style visuel et sonore typé années 80 et certains passages forts amusants font de Once Bitten une comédie fantastique forcément agréable à regarder...

 

jeudi 2 juillet 2020

Meurtre au 43eme Étage de John Carpenter (1978) - ★★★★★★★☆☆☆



Beaucoup de cinéastes ont débuté leur carrière en démarrant à la télévision. John Carpenter, lui, à débuté la sienne sur grand écran. Si l'on ne tient pas compte des courts-métrages qu'il réalisa entre 1962 et 1969 bien entendu. Entre 1974 et 1978, il réalise trois longs-métrages dont celui qui deviendra un véritable phénomène dans le genre Slasher en devenant l'un des plus appréciés des spécialistes. Imaginez, avec son budget de trois-cent vingt-cinq mille dollars, Halloween finit par remporter la modique somme de quarante-sept millions de dollars rien que sur le territoire américain lors de sa sortie. Mais plutôt que d'enchaîner directement avec un quatrième long-métrage cinéma, John Carpenter va réaliser coup sur coup, deux téléfilms. Le superbe biopic consacré au King Elvis Presley intitulé Le Roman d'Elvis, mais avant cela, celui qui deviendra par la suite l'un des grands noms de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique mettra en scène le thriller Meurtre au 43eme Étage... Si pour beaucoup, Halloween demeure un intouchable du septième art. En ce qui me concerne, je n'ai jamais compris l'engouement que pouvait faire naître chez les amateurs d'épouvante ce slasher terriblement ennuyeux. Et à vrai dire, si l'on doit le comparer à ce premier téléfilm que John Carpenter réalisa en 1978, ce dernier lui est, je trouve, infiniment supérieur en terme de suspens et d'angoisse. Les fans du réalisateur britannique Alfred Hitchcock noteront la référence à son Fenêtre sur Cour auquel le scénario de Meurtre au 43eme Étage semble indéniablement se référer. Et par conséquent, la ressemble que partagent également celui-ci et le formidable Body Double de Brian de Palma...

Mais le téléfilm de John Carpenter n'étant ni un remake du premier datant de 1954, ni la source d'inspiration du second sorti quant à lui trente ans plus tard en 1984, malgré les quelques ressemblances qui lient forcément ces trois œuvres, Meurtre au 43eme Étage possède une identité qui lui est propre. Au cœur de l'intrigue, la trentenaire Leigh Michaels. Nouvellement installée dans un appartement de Los Angeles et employée dans une station de télévision, elle est très rapidement victime de coups de téléphone répétés de la part d'un homme qui vit apparemment dans l'immeuble d'en face. Recevant également des lettres à répétition, elle a beau appeler la police pour se plaindre, celle-ci ne peut rien faire pour elle tant que Leigh ne sera pas directement menacée par son harceleur qui choisi avec précaution les mots qu'il emploie. Lors d'une sortie dans un bar, Leigh fait la connaissance de Paul Winkless. Un professeur de philosophie avec lequel elle débute une relation et auquel la jeune femme confie ses angoisses. Décidé à lui venir en aide, Paul fait appel à un ami inspecteur de police qui malheureusement, ne semble pas prêt à intervenir. Devant la menace sans cesse grandissante, Leigh finit par prendre la décision de régler ses problèmes seule aidée de Sophie, son amie et collègue de travail...

Meurtre au 43eme Étage a beau n'être qu'un téléfilm, cela n'empêche pas John Carpenter (qui s'est lui-même chargé de l'écriture mais qui par contre a laissé à Harry Sukman le soin de composer la musique) d'y avoir mis tout son talent au service d'un thriller de très haute tenue qui n'a absolument pas à rougir face aux meilleurs d'entre eux à être sortis dans les salles à la même époque. Bien qu'étant son épouse à l'époque, l'actrice Adrienne Barbeau (Fog et New York 1997 de John Carpenter, Creepshow de George Romero, Le Couvent de Mike Mendez) ne tient pas le rôle principal mais celui de Sophie, l'amie de Leigh qui quant à elle est interprétée par Lauren Hutton. L'actrice et mannequin incarne une héroïne au caractère bien trempé et qui sait exactement ce qu'elle veut. En faisant de sa protagoniste une femme solide, John Carpenter s'arrange pour montrer la lente descente aux Enfers dont elle va être la protagoniste. En effet, de la femme qui dit non dès lors qu'elle n'a pas elle-même pris les commandes de telle ou telle situation, Lauren Hutton interprète une héroïne sous tension qui peu à peu perd pied et le contrôle d'elle-même. De la jeune femme toujours souriante et parfois cynique, il ne reste plus d'autre qu'une victime insomniaque, sujette à l'inappétence, et que la moindre silhouette ou la moindre sonnerie de téléphone finissent par terroriser.

Si le récit est relativement classique dans son déroulement (incompétence des autorités, harceleur invisible, lumières qui s'éteignent, bruits suspects, etc...), John Carpenter injecte au récit quelques moments de bravoure et certains cadrages absolument remarquables. À titre d'exemple, nous évoquerons la séquence durant laquelle l'héroïne, magnifiquement interprétée, se trouve coincée sous une grille tandis que le suspect passe au dessus d'elle. Ou lors du combat final entre le harceleur et sa victime, lorsque penchée dans le vide, Leigh est filmée sous un angle vertigineux. Si le duel entre Laurie Strode et Michael Myers de Halloween vous a terrifié, alors celui qui oppose Leigh au dingue qui la harcèle au téléphone risque de vous tétaniser. Meurtre au 43eme Étage a beau n'être qu'un téléfilm, il aura finalement mérité sa sortie sur les grands écrans américains au même titre que l'excellent Duel de Steven Spielberg sept ans auparavant...
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