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samedi 5 août 2023

Vendredi 13, chapitre VII : Un nouveau défi de John Carl Buechler (1988) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après que le public se soit farci le personnage de Tommy Jarvis durant les trois précédents volets de la franchise Vendredi 13 (Thom Matthews succédant à John Shepherd, lequel avait déjà pris la place de Corey Feldman), celui-ci disparaît enfin des radars dans le septième épisode intitulé Vendredi 13, chapitre VII : Un nouveau défi. Un titre qui colle légèrement mieux que l'original dont le sous-titre The New Blood (Ou, Nouveau sang) est employé à tort plutôt qu'à raison. Car ce sang neuf que promet le film a plutôt l'air d'une hémoglobine viciée par beaucoup trop d'années de labeur lors desquelles le plus célèbre des morts-vivants a systématiquement été battu par les derniers survivants de chaque aventure. Alors que dans l'épisode précédent Jason Voorhees était dans un tel état de décomposition que l'on imaginait mal comment il pourrait revenir après sa sixième péripétie, voilà qu'il revient à la vie après qu'une télépathe/télékinésiste du nom de Tina Shepard (l'actrice Lar Park-Lincoln) ait tenté de ramener à la vie son père mort noyé dans le même lac que notre illustre croquemitaine. Notons que dans le genre invraisemblable, cette toute première partie du septième opus fait fort : car comment imaginer que personne n'ait tenté de ramener sur la rive le corps sans vie du père de Tina mort dix ans en arrière, je sais pas moi, pour ne serait-ce que lui offrir une sépulture décente ? En réalité, nous l'aurons bien compris, le décès du paternel de la jeune femme n'est évidemment qu'un prétexte pour trouver un moyen original de ramener à la vie un Jason Voorhees attaché à une chaîne au fond d'un lac ! Pour un mort-vivant qui dans l'épisode précédent semait derrière lui une partie des vers qui grouillaient sur tout son corps et qui à l'issue avait fini au fond d'un lac, Jason reste encore physiquement ''tout à fait potable''. Nous devinons quelques côtes mises à nues mais à par cela, le croquemitaine s'avère parfaitement fonctionnel dans l'art qui est le sien : tuer sans distinction d'âge, de sexe ou d'origine. L'héroïne est donc cette fois-ci une jeune femme dotée de pouvoirs. Le voilà donc ce ''Nouveau sang'' que nous promettait le titre original. Parce que pour le reste, il va falloir faire avec ce qu'a l'habitude de nous proposer la saga. Toute une série de meurtres dont la plupart sont tristement filmés hors-champ...


Tout ou presque de l'intérêt reposant sur les meurtres et leurs conséquences en terme d'effusions de sang et de tripailles, Vendredi 13, chapitre VII : Un nouveau défi ne fait malheureusement pas le taf. Les meurtres sont ternes et s'ils s'avèrent conséquents en terme de chiffre, le réalisateur John Carl Buechler les a une fois de plus revus à la baisse. Le Bodycount qui entre les épisode cinq et six était passé de vingt-deux morts à dix-huit est désormais de seize. En revanche, les amateurs ont droit à l'emploi de quelques armes fort originales. Comme une débroussailleuse, une langue de belle-mère (l'accessoire de fête, hein, pas l'appendice buccal dont est dotée la mère de votre compagne ou compagnon!) ou un piquet de tente ! L'usage qu'en fera Jason n'est bien évidemment pas très original et le film se montre terriblement assommant. C'est pas qu'on se fait chier mais... si, en fait ! Pour parler ''poliment'', disons qu'on s'emmerde autant que devant la projection d'un diaporama lors d'une réunion avec la direction de notre entreprise ! Le compositeur américain Harry Manfredini est toujours aux commandes de la bande originale dont nous retrouvons quelques gimmicks. Le musicien continue notamment à triturer le fameux XXXXXX, lequel est très couramment utilisé au cinéma et notamment dans les différents genres horrifiques. Bon, même si Vendredi 13, chapitre VII : Un nouveau défi n'est pas un très bon slasher, tentez l'expérience jusqu'au bout. Ne serait-ce que pour le final dont le grotesque est carrément légendaire. [SPOIL] : Essayez donc d'imaginer qu'au moment où les deux seuls survivants de l'aventure s'apprêtent à être tués par Jason, le père de Tina surgisse des flots afin de se saisir du croquemitaine et ainsi de l'emporter au fond du lac Crystal Lake avec lui. Déjà, l'idée est complément débile (bien que certains diront qu'elle fut prévisible) mais le pire reste l'apparence du père de la jeune femme qui, je le rappelle, s'est noyé dix ans auparavant. Dix ans, donc, et pas la moindre égratignure, boursouflure, nécrose, gangrène, gonflement ou décoloration de l'épiderme, etc... Le type sort de l'eau comme s'il y avait plongé seulement quelques secondes auparavant. La séquence est tellement grotesque que l'on sort de la projection en pouffant de rire ! Notons qu'à l'origine, ce septième volet de la franchise aurait dû prendre la forme d'un Crossover entre Jason et Freddy de la franchise Les griffes de la nuit. Projet qui ne verra finalement le jour que cinq ans plus tard sous le titre Freddy vs Jason. Un film réalisé par le cinéaste hongkongais Ronny Yu... Notons également que l'acteur Kane Hodder interprète pour la première fois le rôle de Jason Voorhees. Personnage qu'il incarnera de nouveau à trois autres reprises...

 

lundi 14 juin 2021

House II - La deuxième Histoire de Ethan Wiley (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Platement intitulé House II - La deuxième Histoire, la séquelle du petit film culte House réalisé par Steve Miner en 1986 n'entretient en fait, quasiment aucun rapport avec son aîné. La demeure n'est plus la même, tout comme les interprètes et les personnages. William Katt/Roger Cobb a laissé la place à Arye Gross/Jesse, lequel emménage dans une vieille demeure ayant appartenu à ses ancêtres dont son arrière-arrière-grand-père. Il découvre dans un carton, des photos en noir et blanc représentants son vieil ancêtre. Sur l'une d'elle, on le voit saisir un crâne de cristal qu'une légende dit posséder la faculté de rendre immortel celui qui le possède. La nuit venue, Jesse et son meilleur ami Charlie (l'acteur Jonathan Stark) se rendent au cimetière, le jeune homme étant convaincu que son arrière-arrière-grand-père Gramps (Royal Dane) a demandé à ce qu'il soit enterré avec le dit crâne de cristal. Et en effet, lorsqu'il ouvre le cercueil de son aïeul, Jesse y découvre l'objet demeuré en parfait état. Mais surtout, il réveille Gramps alors âgé de cent soixante-dix ans... Et c'est donc parti pour une aventure plus folle encore que ne l'était le premier long-métrage réalisé seulement un an en arrière. Après Steve Miner, c'est désormais au tour de Ethan Wiley de mettre les pieds dans le cambouis et de proposer une alternative sinon meilleure, du moins relativement acceptable...


Encore faut-il admettre le concept de la comédie horrifique plus cabotine que réellement effrayante. À tel point que même à l'époque, on pouvait inviter la marmaille dans les salles de cinéma pour assister à la projection sans craindre qu'elle ne fasse des cauchemars la nuit venue. Avec son chien-chenille, sa force brute sortie d'un péplum italien ringard et ses dinosaures extraits de n'importe quelle série B fauchée, House II - La deuxième Histoire mélange les genres sans complexe et produit un effet plus ou moins convainquant. L'acteur John Ratzenberger y incarne le méchant de l'histoire dans la peau (toute fripée) de Bill Towner tandis que Lar Park-Lincoln, Amy Yasbeck et Jayne Modean interprètent les jolies poupées du récit dans les rôles respectifs de Kate, Lana et Rochelle. Il y est question d'immortalité, de sacrifice, tout cela enrobé parfois sous l'apparence d'un sous Indiana Jones, l'histoire allant même jusqu'à abandonner en fin de parcours ses personnages dans un univers dont on pourrait presque reprocher au réalisateur Robert Zemeckis de s'en être inspiré trois ans plus tard avec le dernier volet de sa trilogie Retour vers le futur. Produit par le mythique Sean S. Cunningham, scénariste mais surtout réalisateur du premier Vendredi 13 et notamment déjà producteur du premier volet de la franchise House et du traumatisant (du moins pour l'époque) The Last House on the Left que réalisa Wes Craven en 1972, House II - La deuxième Histoire n'affiche aucun sérieux dans la caractérisation de ses personnages ou dans l'intrigue même...


Le bestiaire est si mignon que l'on se demande comment les producteurs n'ont pas pensé créer des goodies autour d'eux. Pensez, cet adorable chien-chenille ou ce bébé ptérodactyle auraient fait un malheur auprès de nos chérubins. À l'écran, ils génèrent plus de sourires que de frissons. Même le grand méchant de l'histoire aura bien du mal à faire peur aux petits et grands. Bien rythmé mais constituant un récit désormais archaïque, House II - La deuxième Histoire ne se regarde de nos jours pas davantage que comme une curiosité. Il faut dire que dans le genre ''merveilleux'', le réalisateur allemand Wolfgang Petersen était déjà passé par là trois ans auparavant avec son mythique long-métrage The NeverEnding Story (sorti chez nous sous le titre L'histoire sans fin) dont l'imaginaire était remarquablement cohérent. Du moins, beaucoup plus que celui d'Ethan Wiley,réalisateur mais également coupable d'un scénario manquant d’homogénéité. À dire vrai, House II - La deuxième Histoire est surtout une curiosité. Les effets-spéciaux conçus par les assistants de Phil Tippet et Chris Walas (malgré ce qu'annonce le générique) sont de très bonne qualité pour l'époque et les interprètes se donnent à fond pour leur personnage. Il n'en demeure pas moins que cette seconde aventure est très largement en deçà du premier House...

 

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