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mercredi 8 avril 2026

Adulthood d'Alex Winter (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Au sortir de la projection de Adulthood d'Alex Winter (à ne pas confondre avec le drame éponyme de Noël Clarke sorti en 2008), une évidence s'impose : celle selon laquelle les frères Joel et Ethan Coen n'ont pas fini d'inspirer d'autres auteurs qu'eux. Tout comme le tout aussi récent Marty Supreme de Joshua Safdie, le dernier long-métrage du britannico-américain empiète sur des terres aussi fertiles qu'hypothétiquement incompatibles qui convaincront pourtant autant les amateurs de comédies noires que de thrillers. Le film démarrant alors sur un ton humoristique relativement burlesque avant de glisser lentement mais assurément vers le polar sombre, désespéré, tout en conservant cependant cette petite touche très second degré qui empêche les personnages et par contraction, les spectateurs, de tomber dans le désespoir le plus absolu ! Tout démarre par un drame plutôt banal. Tandis que sa fille s'affaire dans la cuisine, une vieille dame chute sur le sol de son salon. Verdict : accident vasculaire cérébral ! De retour de Los Angeles, son fils Noah Robles (Josh Gad) s'installe dans la demeure familiale tandis qu'avec sa sœur Megan (Kaya Scodelario) , tous deux décident de s'occuper de leur mère alitée dans une chambre d'hôpital. Depuis des mois, l'infirmière Grace Briscoe (Billie Lourd) s'occupe de la vieille femme au mépris, selon elle, des enfants de la patiente. Visitant la cave inondée de leur mère, Noah et Megan mettent à jour par accident la présence d'un cadavre vieux d'une trentaine d'années. Supposant rapidement que les auteurs du crime ne peuvent être que leurs parents, le frère et la sœur n'ont que deux options. Soit avertir la police, soit faire disparaître le corps en l'enfouissant au fond d'un marais où selon Noah, personne ne se rend jamais. Choisissant cette dernière option, ils transportent le corps qui dès le lendemain est pourtant retrouvé par la police. En gardant le silence, l'on suppose que nos deux protagonistes auraient pu s'épargner tout ce qui va suivre mais c'était sans compter sur la présence de l'infirmière justement. Qui sous couvert de ne pas supporter l'attitude de Noah et Megan vis à vis de leur propre mère décide au sens propre comme au figuré de leur faire payer leur ''complaisance''...


En fumeur de joint et en joueur de jeux vidéos compulsif, le personnage incarné par Josh Gad rappelle sensiblement Nick Frost qui bien avant lui interprétait Ed, adulte immature confronté aux côtés de son ami Shaun (Simon Pegg) à une vague de zombies en Angleterre dans le film culte, Shaun of the Dead. Même appétence pour les drogues, même attitude adolescente et irresponsable. Bref, un personnage qui vis à vis des événements qui vont se produire dans l'existence de sa sœur et lui pue l'antinomie à plein nez ! On le sait, lorsqu'un individu, de sexe masculin ou non, menace un protagoniste de révéler à la police un meurtre auquel ce dernier est indirectement lié si celui-ci refuse de lui verser une forte somme d'argent, rien ne prouve qu'ensuite il n'en réclamera pas davantage. C'est là qu'intervient Bodie Geller (Anthony Carrigan), le cousin des frère et sœur Robles. Un type instable, dont le regard et l'attitude peuvent impressionner. Chargé de faire forte impression auprès de Grace Briscoe afin qu'elle abandonne toute idée de faire chanter Noah et Megan, les choses vont au contraire empirer... Si Adulthood est comparable au cinéma des Frères Coen, c'est parce qu'il oscille justement en permanence entre comédie, drame et thriller. Constituant un enchaînement d'événements auxquels Noah et sa sœur ne peuvent échapper, tout en demeurant en filigrane du récit, l'humour s'efface pour laisser une plus grande place au thriller. Avec son lot de meurtres pas toujours assumés par l'un ou l'autre de nos deux héros. S'opère alors un étrange bouleversement au sein de ce ''couple'' tout d'abord mal accordé au sujet de ce qu'il faudrait faire pour avoir la paix une fois pour toute. Changeant ainsi d'attitude et de morale jusqu'à devenir plus ou moins détestables ! Si la thématique de Adulthood n'est pas forcément très originale, son traitement est tel que l'on passe un très agréable moment devant ce tourbillon de meurtres, de chantages d'où ne sourd qu'un point relativement négatif : la piètre enquête policière menée par la lieutenante Zell (Camille James). Personnage au fond très secondaire et dont la présence n'apporte pas grand chose d'essentiel au récit. Au delà de cette petite coquille, le long-métrage d'Alex Winter est une très bonne surprise...

 

samedi 16 novembre 2019

Little Monsters d'Abe Forsythe (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après Ned en 2003 et Down Under en 2016, le réalisateur australien Abe Forsythe revient en 2019 avec son tout nouveau long-métrage. Après avoir mélangé western et comédie, puis thriller et comédie, il mêle avec Little Monsters, film de zombies et... comédie ! C'est donc dans un contexte plus proche de Shaun of the Dead d'Edgar Wright que de Zombie de George Romero que les personnages de cette comédie horrifique évoluent. On rapprochera d'ailleurs davantage l’œuvre d'Abe Forsythe de celle que réalisa Christopher Landon en 2015, Manuel de Survie à l'Apocalypse Zombie laquelle lui est infiniment supérieure. Car en effet, même si Little Monsters ne souffre d'aucun véritable temps mort, le spectateur avide de viande fraîchement passée de vie à trépas et récemment revenue d'entre les morts oubliera certainement très vite ce film qui n'atteint pas les sphères de certains concurrents.

Pourtant sympathiques et attachants, les personnages incarnés par Lupita Nyong'o qui, décidément, est l'actrice que les réalisateurs s'arrachent depuis une poignée d'années (Black Panther de Ryan Coogler en 2018, Us de Jordan Peele en 2019) et Alexander England (vu dans Alien : Covenant de Ridley Scott en 2017) ne parviennent pas à faire oublier les faiblesses d'un scénario anémique. Il ne suffit pas d'infliger d'incessantes chansons pour enfants de moins de dix ans interprétées par une héroïne armée d'un ukulélé et d'un sacré sens de la morale pour faire de Little Monsters LE film de zombies inoubliable. Là où Manuel de Survie à l'Apocalypse Zombie se réinventait sans cesse pour être au final l'un des meilleurs films du genre, le long-métrage d'Abe Forsythe recycle les mêmes idées toutes les dix minutes en pensant très certainement que le spectateur n'y verra que du feu. Sans doute les plus jeunes se délecteront-ils de cette histoire mélangeant cependant avec un certain talent, comédie et horreur pure (les effet-spéciaux gore sont plutôt réussis). Les plus âgés risquent par contre de bayer aux corneilles devant la trop grande légèreté de la mise en scène et du propos.

Le message ne change pas pour ce genre de production dans laquelle s'inscrit l'éternel personnage immature et nombriliste qui face à l'adversité va devoir se comporter pour la première fois de son existence en adulte. Musicien de rue raté, c'est le rôle qu'endosse donc Alexander England, face à une Lupita Nyong'o très proche et ''responsable'' des enfants dont elle a la charge. Little Monsters prend des allures de parc d'attraction envahi par une horde de zombies ''à l'ancienne''. Comprendre que contrairement aux infectés qui envahissent plus généralement le grand écran depuis un certain nombre d'années, les décharnés chers à George Romero ou Lucio Fulci trouvent ici une nouvelle résonance qui malgré le traitement humoristique qu'en a fait le réalisateur australien sont tout sauf ridiculisés. Malheureusement, le scénario tourne en rond. Et ça n'est pas le cynisme du personnage de héros pour les enfants Teddy McGiggle interprété par l'acteur et chanteur américain Josh Gad qui changera la donne. La qualité principale de Little Monsters demeurera donc dans sa capacité à ouvrir en grand les portes du cinéma d'horreur aux tout petits sans trop risquer de les faire hurler de peur. Quant aux adultes, il retourneront sans doute se ressourcer auprès des classiques du genre...
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