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vendredi 1 avril 2022

Mind Field de Jean-Claude Lord (1989) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Sorti sur les écrans américains en 1989, le treizième long-métrage du réalisateur canadien Jean-Claude Lord Mind Field n'a malheureusement pas eu le succès escompté. Attirant péniblement deux-mille cinq-cent spectateurs en salle, le film aborde un sujet qui depuis quelques temps est revenu à la mode. Celui traitant de la manipulation de la mémoire. S'il paraît être ici question de science-fiction, le film de Jean-Claude Lord semble pourtant se référer à d'authentiques événements s'étant déroulés dans le courant des années cinquante et soixante au Canada. En effet, l'institut Allan Memorial situé à Montréal y ''accueilli'' des centaines de patients qui subirent un lavage de cerveau pour ensuite être reprogrammés. Hommes et femmes seront alors plongés durant des semaines dans un profond sommeil, contraints de prendre des drogues hallucinogènes parmi lesquelles du LSD ! Sans parler des électrochocs qu'il durent également subir. Plus d'un demi-siècle après, ce fait-divers sordide fait encore parler de lui puisqu'en mai 2018, les victimes de ce traitement inhumain se sont réunies afin de témoigner de leur expérience personnelle. Aussi terrible que soit le sujet, Mind Field ne va jamais aussi loin dans son traitement. À vrai dire, celui-ci ne sert en partie que de fond à une histoire mêlant les troubles de la mémoire de son héros à l'enquête qu'il mène sur le meurtre d'un homme apparemment anodin, tué d'une balle dans la tête lors du braquage d'une épicerie. Le héros de cette histoire se nomme Kellen O'Reilly. Un flic marqué par la mort de son père en service et hanté par d'affreux cauchemars...


En parallèle à l'histoire personnelle de Kellen O'Reilly (ses troubles mentaux, son divorce d'avec son épouse et sa rencontre avec une avocate acquise à la cause du syndicat de police), Mind Field fait également figure de thriller plus bavard que véritablement captivant. On ne s'étonnera pas vraiment d'y retrouver l'acteur Michael Ironside de l'excellente série télévisée de science-fiction V mais aussi et surtout de Scanners réalisé huit ans auparavant par le plus célèbre des réalisateurs canadien, David Cronenberg, et dans lequel la société ConSec mettait tout en œuvre pour rassembler les Scanners du titre. Des médiums capables de prendre le contrôle de la pensée. Huit ans plus tard il est donc encore question de matière grise mais dans un domaine relevant moins du fantastique ou de la science-fiction que du fait-divers dramatique. Jouant sur la popularité du long-métrage de David Cronenberg, l'affiche de Mind Field est d'ailleurs on ne peut plus explicite dans sa volonté de se référer à ce que d'aucun considèrent comme l'un des grands classiques de l'homologue canadien de Jean-Claude Lord. Mind Field souffre de ce qui semble être un film à petit budget. À tel point que l'on peut s'étonner que la chose ait pu être projetée dans des salles de cinéma quand ce long-métrage ne semble pas avoir davantage de prétentions que celles d'un simple téléfilm. Aux côtés de Michael Ironside, on retrouve l'actrice canadienne Lisa Langlois dans le rôle de l'avocate Sarah Paradis et le célèbre acteur canadien Christopher Plummer à l'impressionnante carrière comptant parmi des centaines d’œuvres, La chute de l'Empire Romain d'Anthony Mann ou L'homme qui voulut être roi de John Huston. Sans être tout à fait mauvais ni remarquablement bien construit, Mind Field n'atteint malheureusement pas les objectifs promis à l'origine par son passionnant synopsis...

 

lundi 16 mai 2016

Terreur à l'hôpital central de Jean-Claude Lord (1982)



La journaliste Deborah ballin est de retour chez elle après avoir animé une émission de débat lorsqu'elle est brutalement agressée par un déséquilibré qui cherche à l'assassiner. Fort heureusement, elle survit à ses blessures et est emmenée d'urgence dans un hôpital où travaille l'infirmière Sheila Munroe qui est désormais responsable de la célèbre patiente. Devant être opérée dans les jours à venir, Deborah demeure dans une chambre de l'établissement en attendant l'intervention du chirurgien. Plus tard, son infirmière la change de chambre. Dès le lendemain, on retrouve le cadavre de la patiente qui a pris sa place ainsi que celui d'une infirmière. Lorsque Deborah la journaliste l'apprend, elle est dans tous ses états. Persuadée que le psychopathe va revenir pour la tuer une bonne fois pour toute, elle est certaine qu'il rode déjà dans les couloirs de l’hôpital...

Terreur à l'hôpital central est le septième d'une quinzaine de longs-métrages que le cinéaste montréalais Jean-Claude Lord a réalisé entre 1966 et 2002.

Petit slasher mâtiné de thriller, le film a la particularité de présenter un tueur en série fétichiste qui a pour habitude de prendre en photos ses victimes au moment de leur mort, ce qui lui donne une certaine crédibilité, sachant que cette spécificité est commune a certains serial killers, eux, bien réels. Autre particularité, Terreur à l'hôpital central est majoritairement interprété par des premiers rôles célèbres puisque l'on peut constater au générique la présence de Lee Grant (Les Naufragés de l'espace de John Sturges, Les Naufragés du 747 de Jerry Jameson, entre autres, et même un épisode de la série policière Columbo). Linda Purl (Ciel de Glace de Neil Kinsella, et plusieurs épisodes de la série Arabesque), William Shatner, le célèbre Capitaine Kirk de la série originale Star Trek, mais aussi et surtout, dans le rôle ici, du sociopathe, l'acteur originaire de Toronto au Canada, Michael Ironside. 
 

Avec pas moins de douze films à son actif à l'époque du tournage de Terreur à l'hôpital central, Michael Ironside est sans doute l'interprète qui ici donne un certain intérêt à ce film qui malheureusement n'atteint jamais le degré d'imagination des vrais classiques du genre que sont The Prowler ou The Burning. Michael Ironside a vraiment, vraiment la gueule de l'emploi et il se donne à fond dans ce rôle de psychopathe qui tue sans doute à travers ces femmes qu'il photographie ensuite, sa chère maman que son père battait et qui un jour a décidé de se rebeller en lui jetant à la figure une pleine casserole d'huile bouillante. Michael Ironside est aussi célèbre pour avoir interprété un rôle important dans le film Scanners de David Cronenberg l'année précédente, mais aussi et surtout entre 1984 et 1985, celui de Ham Tyler dans l'excellente série de science-fiction V. Un succès tel que sa carrière est devenue alors au cinéma, incroyablement prolifique...

C'est donc bien grâce à lui que Terreur à l'hôpital central maintient un certain intérêt même si les autres interprètes font ce qu'ils peuvent pour donner le meilleur d'eux-même. Le principal soucis du film de Jean-Claude Lord est qu'il a trop tendance à tourner en rond. Si l'on a bien compris que le tueur avait l'intention de terminer le travail en tuant la journaliste, il se trouve des situations idéales lors desquelles pourtant il n'agira pas. Et ceci pour la plus simple raison que le scénario est vide et qu'il fallait bien remplir les vides avec... du vide. Pas tout à fait un mauvais film, mais certainement pas l'un des meilleurs représentants du genre slasher...

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