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vendredi 20 octobre 2017

It de Andrés Muschietti (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



It ou, l'antithèse de The Dark Tower aka la grosse daube La Tour Sombre. Ça ou, la seconde adaptation de l'un des plus fameux romans de l'écrivain américain Stephen King. La première, le téléfilm Il est revenu, est diffusée pour la première fois chez nous le 16 octobre 1993. Signé par le cinéaste Tommy Lee Wallace, le téléfilm se révèle assez médiocre bien qu'il connaisse une certaine popularité auprès d'un certain public. C'est pourquoi, lorsque sort quatorze ans plus tard une nouvelle adaptation dans les salles de cinéma, la curiosité est de mise. Et à vrai dire, je n'étais pas vraiment chaud pour aller le voir. Mais après le catastrophique long-métrage de Nikolaj Arcel, j'avais besoin de croire encore que l'auteur de Simetierre, de Misery ou de Bazaar pouvait encore inspirer de bonnes adaptations. Et autant le dire tout de suite : It est une très bonne surprise. De l'épouvante pour un public influençable, sursautant au moindre jump scare, mais surtout une jolie chronique qui conviendra davantage aux autres. Ceux qui désirent un peu plus de profondeur que dans la majorité des longs-métrages horrifiques actuels. Une sorte de Stand by Me (toutes proportions gardées bien entendu) d'horreur et de fantastique. La bonne idée du cinéaste argentin Andrés Muschietti est d'avoir scindé l’œuvre en deux. D'une durée d'un peu plus de deux heures, ce premier chapitre se concentre donc sur la première période, qui pour nous préparer à la seconde se situant à notre époque, se déroule non plus durant l'été 1958 mais durant les grandes vacances de l'année 1989. Quelques mois après la disparition d'un gamin prénommé Georgie dans d'effrayantes circonstances, son grand frère, Bill Denbrough demeure persuadé qu'il est toujours en vie. Faisant partie d'un groupe de jeunes garçons un peu différents des autres et persécutés par une bande de voyous, ceux-ci vont bientôt accueillir parmi eux la jeune et jolie Berverly Marsh, Benjamin Hanscom, ainsi que Michael Hanlon.

Comme le veut souvent la tradition chez Stephen King, ses personnages sont de très jeunes adolescents. Un peu en marge. Handicapés par de menues différences qui pourtant en font des parias et les souffres douleurs des plus grands. Bill bégaie. Stan est mysophobe et a donc par conséquent peur d'entrer en contact avec la saleté. Benjamin est le tout nouvel élève de l'école et surtout, il est gros. Richard parle, beaucoup, et profère de nombreuses grossièretés. Eddie est hypocondriaque (un mal qu'il partage avec sa mère qui le force à rester enfermé chez eux), Mike est afro-américain, quant à Beverly, la seule fille du groupe, beaucoup lui prêtent une réputation de fille facile. Face à ce petit groupe très soudé, quelques oiseaux de mauvais augure vont leur mener la vie dure durant les vacances.

A commencer bien évidemment par Ça, Pennywise, Grippe-Sou, le clown dansant... Quel que soit le nom qu'on lui donne, c'est le Mal incarné se nourrissant de la peur de ses victimes. Des enfants par centaines qui ont disparus, enlevés, « dévorés » par celui qui apparaît parfois sous d'autres formes. Le portrait d'un tableau effrayant. Ou bien encore un lépreux. Au sujet de ce dernier, on notera la scène de poursuite entre Stan et l'incarnation dégoulinante de Grippe-sou qui demeure comme un désastre esthétique un visuel de très mauvais goût qui dénote cependant en comparaison des effets-spéciaux qui durant le reste du long-métrage se révèlent exemplaires. Le film de Andrés Muschietti fait mouche pour diverses raisons. Tout d'abord, il exploite assez fréquemment la personnalité de ses personnages en les confrontant les uns aux autres dans des situations qui cimentent leur amitié et nous permet de nous identifier à eux. D'où cet attachement qui manque généralement cruellement et qui ici se ressent très fortement. Lorsque l'un des gamins est attaqué, on est forcément inquiet à l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose de mal. Inquiet mais malheureusement, pas effrayé. Car si les différentes apparitions de Grippe-sou sont, il faut l'avouer, particulièrement impressionnantes, elles ne sont pas, en revanche, si effrayantes que cela. La faute à une succession d'apparition du croquemitaine un peu trop fréquentes. On finit donc pas s'y accoutumer.

Les maquillages et les effets visuels sont l’œuvre des studios Amalgamated Dynamics et Rodeo F et autant le confirmer tout de suite, le résultat à l'écran est convaincant. En ce sens, les apparitions de Grippe-Sou font preuve d'imagination et d'inventivité. Même si certaines scènes prête (volontairement ou pas) à sourire, on ne s'ennuie pas un seul instant malgré les quelques passages durants lesquels il ne se passe pas grand chose. L'angoisse naîtra finalement plus de certains personnages secondaires que du croquemitaine à proprement parler. L'acteur américain Stephen Bogaert campe le très inquiétant père de Berverly tandis que le jeune Nicholas Hamilton incarne le jeune psychopathe Henry Bowers. Deux éléments qui font partie integrante de l'imaginaire de Stephen King et ici, admirablement transposés à l'écran.
Une inquiétude demeure cependant pour l'avenir puisque la seconde partie, qui dans le roman se situait dans les années quatre-vingt, se déroulera finalement de nos jours. Une époque beaucoup moins... glamour et esthétiquement moins attrayante. Un choix qui peut s'expliquer quant à l'emprise qu'il pourrait avoir sur le jeune public qui, à n'en point douter, se faufilera dans les salles lorsque le second chapitre sortira (date prévue : 2019). En attendant, profitons de cette excellente adaptation de la première partie du roman du King. Bien qu'ayant lu l'ouvrage à l'époque, je n'ai pas très envie d'écrire une comparaison entre le livre et le film. D'autant plus que le film se suffit à lui seul et respecte tout de même nettement plus l'ouvrage qui lui sert de référence, que l'immonde Tour Sombre qui trahissait, elle, sa source d'inspiration...

vendredi 10 juin 2016

Midnight Special de Jeff Nichols (2016)



Roy Tomlin et Lucas sont en cavale. A l'arrière de leur chevrolet, le fils de Roy, Alton. Afin de préserver l'existence de son enfant, le père de famille a quitté ses amis, et surtout la communauté dirigée par Calvin Meyer dans laquelle il vivait en compagnie des siens. Le FBI et l'Agence nationale de la sécurité  mettent tout en œuvre pour mettre la main sur Alton, en commençant par interroger les membres du Third Heaven Ranch qui depuis des mois abrite de nombreuses armes. Le mot d'ordre étant le silence, les autorités n'obtiennent aucune information.

Si Roy, Lucas et Alton ont pris la route, c'est non seulement parce qu'il fuient l'emprise de plus en plus pesante de Calvin meyer et de ses disciples, mais aussi et surtout parce qu'ils ont un but bien précis : se rendre à un endroit bien précis, le vendredi 6 mars, soit , dans quelques jours. Si les deux hommes et l'enfant ont à leurs trousses l'armée, le FBI et la NSA, d'autres également se sont lancés à leur poursuite. Des hommes de la secte du Third Heaven ranch qui n'hésiteront pas à s'en prendre à Roy et Lucas pour ramener auprès de leur gourou l'enfant disparu...

C'est un autre film de science-fiction qui aurait dû apparaître en dernière parution de ce blog, mais devant la qualité de Midnight Special et le désir de partager avec celles et ceux qui n'en auraient jamais entendu parler, un avis très tranché sur le contenu de cette œuvre, mon sang n'a fait qu'un tour. D'abord, il faut savoir que le cinéaste signe ici son cinquième long-métrage et qu'il a déjà signé cinq ans en arrière l'excellent Take Shelter. Ensuite, Midnight Special est déjà auréolé d'une excellente réputation puisque comparé au choix à Rencontre du Troisième Type, ou bien à E.T, les deux films étant les œuvres du célèbre cinéaste Steven Spielberg.
N'ayant jamais été spécialement fan du premier (je sais, c'est pas bien!) ni forcément très ému par le second (quoique), j'ai regardé Midnight Special avec un regard presque neuf, tout juste entaché par la vision d'Infini de Shane Abbess, ce bel écrin à purin qui, je vous le promets, va très vite trouver sa place sur Cinémart.

Au choix, la science-fiction peut s'avérer des plus indigeste (voir les reboot de la pourtant excellente saga Star Trek à l'attention évidente du plus grand nombre), comme elle peut demeurer rigide auprès du grand public lorsqu'il s'agit de hard-S-F (2001, Solaris (le vrai, pas le cloone), Stalker, etc...). Midnight Special n'entre dans aucune de ces cases. Non seulement, le scénario de Jeff Nichols parvient à rendre crédible et réaliste son long-métrage, mais il parviendra peut-être même à faire réfléchir ceux qui habituellement se marrent devant ce genre de récit.
Avec finalement pas grand chose en terme d'effets-spéciaux, le film tient majoritairement sur ses jambes grâce au jeu convainquant des différents interprètes. De Michael Shannon à Adam Driver en passant par Kirsten Dunst et Joel Edgerton, actrices et acteurs sont prodigieux. Jusqu'à même Jaeden Lieberher qui nous change de ces éternels personnages d'enfants investis par des pouvoirs les rendant définitivement peu crédibles.

C'est sans doute la sincérité du jeu du casting tout entier, et la sensibilité qui règne au sein de Midnight Special qui en font une œuvre majeure dans le domaine de la science-fiction. Jeff Nichols profite de son sujet pour aborder également des sujets aussi divers que la famille, la religion et la différence avec une homogénéité parfois déconcertante de facilité. On y éprouve de l'angoisse (pour ses personnages), de ce rejet terrible que l'on ressent chaque fois que l'on découvre des hommes en tenue de camouflage, arme au poing, et une émotion pure lorsqu'enfin le but recherché est atteint de manière aussi belle et gracieuse, loin des effets tape à l’œil qui de nos jours parasitent le septième art. Pour ne rien gâcher à l'ensemble, la partition musicale de David Wingo apporte un plus indéniable. Un chef-d’œuvre...

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