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lundi 31 août 2026

Shí ren sha de Huanxiang Chen (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Derrière le titre Shí ren sha se cache en fait un énième film de requin tueur. Et si la principale originalité du long-métrage réalisé par Huanxiang Chen provient du fait qu'il soit originaire de Chine, l'autre minuscule intérêt de l’œuvre se situe peut-être dans son approche beaucoup plus sérieuse de son sujet face à une cohorte de films généralement originaires des États-Unis et qui pour une grande partie d'entre eux ont choisi entre autres séquences plus ou moins gore de donner dans un humour potache relativement misérable... Le film qui à l'internationale est sorti sous le titre Shark Evil s'ouvre sur la traque d'un grand requin blanc par des braconniers qui vont réussir à le harponner mais sans parvenir à le tuer. Bien au contraire, ce sont ces hommes qui vont mourir entre les mâchoires de la bête qui parviendra à fuir tout en étant cependant raccordée par une chaîne au chalutier désormais déserté de toute présence humaine... L'intrigue se poursuit ensuite avec des jeunes diplômés venus fêter leur réussite à bord d'un yacht loué pour l'occasion. Piégés en pleine mer et traqués à leur tour par le requin, nos quatre vacanciers vont devoir apprendre à survivre au danger qui rode tout autour d'eux... Le lieu de l'action étant donc très limité malgré la vaste étendue d'eau qui s'offre à nos personnages, le réalisateur ainsi que son scénariste Gao Feng n'ont tout d'abord pas d'autre choix que de remplir les vides du script par des lignes de dialogue aussi interminables qu'inintéressantes. À leur arrivée sur le quai avant qu'ils ne prennent le large, le cinéaste tente de créer des tensions entre certains individus. Et notamment entre Chen TongYan et Cheng YuFei qu'interprètent respectivement les actrices chinoises Xiaoxuan Wei et Fan Dong. La première est la petite amie de Wu Liang (Xin Zer Tan) tandis que la seconde est une vieille connaissance du beau jeune homme qui prépare avec cette dernière une surprise pour Chen TongYan. L'occasion pour Huanxiang Chen de multiplier les quiproquos dans ce qui semble n'être pour l'instant qu'une comédie romantique pour adolescent(e)s en fleur sur le visages desquel(le)s bourgeonnent leurs premiers boutons d'acné !


Malgré l'américanisation du titre qui une fois traduit signifie en réalité ''Requin mangeur d'hommes'', l'on pourrait croire à une énième variante hybridant l'une des ces puissantes créatures marines à des mythes ancestraux du cinéma fantastique et d'épouvante parmi lesquels l'on trouve notamment un requin fantôme (Ghost Shark), un requin à plusieurs têtes (dont le record semble avoir été obtenu avec 6-Headed Shark Attack), un requin-pieuvre (Sharktopus et ses suites), un requin qui évolue dans le sable (Sand Shark), un requin vampire (Sharkula), des requins déboulant après lors d'avalanches (Avalanche Sharks), un requin robot (Roboshark) et bien évidemment des requins transportés par des tornades avec la série des Sharknado dont le nouvel épisode devrait sortir sous peu. Beaucoup moins agité du bocal et malgré sa ''traduction'' en anglais, Shark Evil se rapprocherait donc potentiellement du style beaucoup plus premier degré des Dents de la mer de Steven Spielberg même si l’œuvre du cinéaste chinois s'en éloigne drastiquement d'un point de vue émotionnel et qualitatif. Ici, il ne se passe pas grand chose. Et si le requin, créé en images de synthèse, a parfois plutôt belle allure en comparaison de la majorité des créatures qui évoluent dans ce type de long-métrage, il faut reconnaître que l'on se fait souvent chier devant ces allers-retours incessants entre la surface et les fonds marins. Le film finit par opposer les deux jeunes femmes dont les ''accompagnateurs'' de sexe masculin sont déjà en train d'être digérés par la bête lors d'un dernier acte se déroulant à bord du chalutier appartenant aux braconniers. En dehors d'une toute petite exploration des lieux que l'on aurait sans doute aimé finalement voir se prolonger, là encore, Huanxiang Chen peine à exploiter les failles psychologiques de ses deux héroïnes et le reste du long-métrage n'est qu'une succession de séquences émotionnellement vides jusqu'à un acte final que l'on devine déjà bien en amont. Pour enfoncer le clou, Shí ren sha n'est même pas doté de la moindre petite séquence gore. Lorsqu'une victime finit dans l'eau, désormais entre les mâchoires du requin, seules quelques bulles de sang remontent à la surface. En dehors de la blessure exposée sur la jambe droite de Chen TongYan, il n'y a donc rien à se mettre sous la dent. Bref, le long-métrage de Huanxiang Chen n'est à conseiller qu'aux fans purs et durs du genre. Les autres risquent de s'ennuyer ferme...

 

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