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lundi 26 août 2024

Ultimate Patrol de Daniel Myrick (2008) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour les non initiés, le nom de Daniel Myrick n'évoquera sans doute pas grand-chose. Quant aux autres, certains parmi eux auront peut-être oublié qu'il fut aux côtés d'Eduardo Sánchez, l'auteur d'une œuvre horrifique devenue abusivement mythique, avec son budget de soixante-mille billets verts pour des recette approchant les deux-cent cinquante millions de dollars sur le plan international. On parle bien entendu du Found-FootageThe Blair Witch Project et ses trois personnages, Heather, Mike et Josh, en quête d'une légende entourant une sorcière originaire de la ville de Blair. Faux documentaire mais véritable traumatisme pour certains, ce succès planétaire fut à l'origine du court téléfilm Curse of the Blair Witch réalisé la même année par le deux cinéastes, d'une suite intitulée quant à elle Blair Witch 2 : Le Livre des ombres et cette fois-ci mise en scène par Joe Berlinger en 2000 et d'un remake sobrement intitulé Blair Witch tourné par Adam Wingard en 2016. À l'issue du téléfilm et du long-métrage, Daniel Myrick et Eduardo Sánchez ont fait carrière séparément et si le premier a surtout œuvré dans l'écriture de scénarii, il n'en a pas pour autant délaissé la réalisation puisqu'en un quart de siècle, il a réalisé une dizaine de longs-métrages. Dont celui qui nous intéresse ici, lequel n'a pas connu les honneurs d'une sortie en salle puisqu'il s'agit d'un téléfilm. Datant de 2008, Amazon Prime l'a très tardivement proposé à ses abonnés puisque désormais il est visible depuis un peu plus d'un an sur la plate-forme. Par essence, les films de guerre retraçant d'authentiques événements ou des faits purement fictionnels, le genre entre dans le cadre du cinéma d'horreur. Il en est qui parmi eux consacrent cependant davantage que la description des atrocités vécues par les forces en action. La guerre et l'horreur étaient donc condamnées à se rencontrer comme dans cet Ultimate Patrol souvent malmené par la critique mais qui vaut bien mieux que le haro dont il fut injustement la victime. Alors, bien sûr, le téléfilm de Daniel Myrick cache esthétiquement mal ses origines télévisuelles malgré un budget de quatre millions de dollars. Rien de faramineux, mais rien de tout à fait ridicule non plus. L'intrigue prend sa source sur la base d'un scénario écrit par le réalisateur ainsi que par les scénaristes Mark A. Patton et Wesley Clark Jr.


Elle tourne autour d'un agent de la CIA du nom de Benjamin Keynes (l'acteur Jonas Ball) auquel est confiée une mission dont il conservera scrupuleusement secret certains aspects. Accompagné par une poignée de soldats rompus au combat, l'adjudant-chef Wally Hamer, les sergents Trinoski, Tim Cole et Pete Sadler, le médecin Vincent Degetau, le mitrailleur Tanner et le guide Abdul respectivement incarnés par Matthew R. Anderson, Michael C. Williams, Sam Hunter, Jeff Prewett, Jon Huertas, Kenny Taylor et Chems-Eddine Zinoune, le groupe est entraîné vers une zone montagneuse où il est censé rejoindre un certain Mohammed Aban. Réfugié depuis dans des montagnes réputées sacrées, l'homme va cependant se montrer introuvable. La mission des huit hommes va s'avérer particulièrement périlleuse. Attaqués par des talibans placés sur la crête d'une colline, sans eau, le réservoir d'essence de leur jeep percé, Keynes et les soldats ne peuvent désormais plus compter que sur Abdul qui connaît la localisation d'une oasis qui pourrait les maintenir en vie. Mais quelque chose de plus pernicieux que le manque d'eau ou la présence de terroristes semble menacer la vie et la cohésion du groupe... Censé se dérouler en pleine guerre de l'Afghanistan qui opposa entre 2001 et 2021 l'armée américaine ainsi que plusieurs alliés au régime taliban, le film a cependant été tourné dans de magnifiques sites naturel du Maroc ainsi qu'aux États-Unis entre 2008 et 2009. Il faut d'abord s'habituer à l'image un peu trop léchée de Ultimate Patrol, ainsi qu'à cette voix-off un peu trop redondante du personnage principal. Sans être formidablement caractérisée, la section de soldats n'en est pas moins attachante dans ce qu'elle propose en terme de cohésion et de fraternité. Mais là où le téléfilm s'avère selon moi une belle réussite est dans cette tension qui peu à peu s'impose au cœur du récit. Ces événements que l'on jugera immédiatement de surnaturels avant d'y voir une certaine mystique liée à la religion musulmane. N'abusant pas de ses effets, ces derniers sont suffisamment présents à l'écran pour retenir l'attention du spectateur. Le film ne relâche pas la tension d'un iota jusqu'à ce final pourtant quelque peu décevant qui ne nous en apprendra pas vraiment davantage sur les événements qui viennent de se produire même si quelques éléments semblent nous guider vers une voie plutôt qu'une autre. Bref, un très bon divertissement...

 

vendredi 2 octobre 2015

Le Projet Blair Witch de Daniel Myrick, Eduardo Sanchez (1999)



16 ans après sa sortie et la hype qui l'a entouré, il est de bon ton de faire un bilan sur les aspects négatifs et positifs de cette œuvre qui, si elle n'a pas inventé un genre qui remonte aux années soixante et dont le cinéaste Ruggero Deodato a su user des fondements avec son célèbre Cannibal Holocaust, a su exploiter au mieux l'engouement d'un public avide de pseudo-vérité. Nous allons vite faire le tour des points positifs du film de Daniel Myrick et d'Eduardo Sanchez puisque Le Projet Blair Witch n'a en réalité conservé pratiquement rien de ce qui faisait sa force. Cette oeuvre qui fut pourtant un modèle du genre se révèle en effet aujourd'hui d'un ennui extraordinaire. Tout au plus pourra-t-on louer la part donnée au dialogues qui, s'ils sont au moins aussi répétitifs que les situations, ont l'avantage de ne pas trop donner dans l'insipide et le “Post-adolescent attardé”.

A l'époque de sa sortie, je le rappelle en 1999, Internet est encore un outil presque tout neuf pour les usagers alors qu'il existe en réalité déjà confidentiellement depuis de nombreuses années. Daniel Myrick et d'Eduardo Sanchez vont profiter de ce merveilleux espace de publicité pour promouvoir leur film, innovant ainsi dans le domaine du net et motivant les troupes à filer tout droit dans les salles pour aller voir cet objet devenu fantasme.

Pour une mise au départ de 25 000 $ gonflée à 50 000, le film a bénéficié d'un tel engouement qu'il a, à travers le monde entier, fait pas moins de 500 000 000 d'entrées (dont un peu plus de 800 000 en France), rapportant , en faisant le calcul, plusieurs centaines de fois le budget initial. Le film a été plusieurs fois nominé dans des festivals comme ceux des British Independent Films Award, les MTV Awards ou encore l'Académie des Films de Science-Fiction, Fantastique et Horreur. Il a notamment reçu le Prix de la Jeunesse au festival de Cannes et celui de la première œuvre ayant un budget inférieur à 500 000 dollars au Film Independent's Spirit Awards.

Outre le fait que Le Projet Blair Witch ait inspiré toute une foule de copies plus ou moins bonnes, on a pu découvrir sur les chaines de télévision américaines des épisodes des séries Les Simpsons et Charmed clairement inspirés par le film du duo.

Aujourd'hui donc, seize ans après, que reste-t-il de ce minuscule film que ses auteurs allèrent vendre comme un fait divers authentique? Et bien, pas grand-chose en réalité. Bien sûr, comparé au nullissime Paranormal Activity de Oren Peli, Le Projet Blair Witch demeure d'une assez bonne tenue. Mais si on le compare au chef-d’œuvre de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoit Poelvoorde, C'est arrivé près de chez vous, le film fait peine à voir. On s'y ennuie donc terriblement et la fameuse scène finale dans la demeure abandonnée qui terrifia tant de monde (dont votre serviteur) n'effraie plus personne.

A revoir aujourd'hui Le Projet Blair Witch peut se voir comme un document d'époque qui n'hésita tout de même pas à reprendre quelques codes déjà utilisés dans certains grands films d'horreur des années soixante-dix. Et l'on ne parle pas ici du principe consistant à montrer à un public à l'époque peut-être encore crédule le film d'un trio de reporters amateurs ayant disparu dans une forêt alors qu'ils enquêtaient sur la légende d'une sorcière, mais de certains aspects du décor. Et dont l'un, non des moindres, demeure ces symboles fixés aux arbres qui rappellent indéniablement les inquiétantes sculptures suspendues dans la demeure de la famille Tronçonneuse dans le classique de Tobe Hooper, Massacre à la Tronçonneuse.

Il est fou de voir comme le sujet a pu empiéter sur l'existence de certains comme sur celle d'un certain GussDX qui n'hésite pas à braver sa peur de l'inconnu pour partager avec son public de fidèles (qui grandit chaque jour) de grands moments de frayeur. C'est ainsi qu'un épisode de sa série, le nommé Tanaïs– Nuits 2, 3 & 4, renvoie directement au film de Daniel Myrick et d'Eduardo Sanchez. Le parallèle est saisissant. Et tout ce que l'on a voulu nous faire croire sur la véracité des faits relatés dans Le Projet Blair Witch s'effondre devant ce document-vérité que même les plus sceptiques d'entre nous auront la curiosité de regarder. Si Le Projet Blair Witch a depuis perdu de sa force, il ne faut pas oublier qu'il a tout de même écrit une page de l'histoire du film d'horreur. Les Rec, Grave Encounters, Cloverfield et même la comédie française Babysitting n'auraient peut-être pas vu le jour, ou du moins, d'une manière bien différente...


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