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vendredi 12 juin 2026

Hokum de Damian McCarthy (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Ni vraiment un film d'horreur ou d'épouvante, ni tout à fait un thriller et non plus une œuvre exclusivement tournée vers le fantastique, Hokum est pourtant un peu de tout cela. Un mélange plutôt digeste, harmonieux et rafraîchissant. Pourtant, en mélangeant les genres, le film échappe au titre du meilleur film de l'année dans l'une ou l'autre de ces catégories. Se dispersant ainsi tout en produisant des effets relativement efficaces, l'aventure de son principal protagoniste est plus une balade de santé dans un contexte maintes fois remanié qu'une véritable et horrifique expérience de cinéma d'épouvante ! Des jumpscares à foison, accompagnés par de sinistres apparitions. Entre fantômes blafards, sorcières ou démons, difficile de catégoriser ces freaks qui échappent ponctuellement à l'obscurité pour surgir en un instant aux côtés de Ohm Bauman, héros de cette aventure, hautain, méprisant, bref, le genre de personnage que l'on serait enclin à fuir et pour lequel l'on n'éprouve pas le moindre sentiment d'empathie. Et ce même lorsque l'on apprend pour quelle raison il vient s'installer pour une semaine dans l'une des chambres d'un hôtel situé en Irlande. Auteur du très sympathique Caveat en 2020 et deux ans plus tard de Oddity que je m'apprête à découvrir bientôt, c'est donc avec régularité que le réalisateur et scénariste irlandais Damian McCarthy poursuit son œuvre dans le domaine de l'horreur et du fantastique avec un troisième long-métrage situant la quasi totalité de ses scènes d'action dans un hôtel isolé de la campagne irlandaise. Se sentant responsable du décès de sa mère, morte il y a longtemps lors d'un accident domestique, Ohm, dont le père est mort peu de temps après de chagrin et d'ivresse répétée, a pris la décision d'aller disperser les cendres de ses parents dans la souche d'un arbre auprès duquel pose sa mère sur une photo prise à l'époque par son père. Assez peu délicat avec le personnel, Ohm s'attire cependant la sympathie de Fiona (Florence Ordesh), jeune barmaid de l'établissement pleine de vie qui lui raconte que la chambre nuptiale est fermée à clé depuis des années suite à la découverte d'une sorcière enfermée depuis à l'intérieur et à double tour. D'abord intrigué, Ohm boit plus que de raison et part finalement se coucher dans sa chambre...


Le lendemain, ne répondant pas aux appels répétés de Fiona qui l'attend devant sa porte, l'un des employés de l’hôtel ouvre sa chambre et la jeune femme découvre le client pendu à une corde. Fort heureusement, l'employé et Fiona parviennent à lui sauver la vie de justesse et Ohm passe plusieurs semaines à l’hôpital. Dès son retour à l'hôtel, il apprend que la jeune femme a disparu lors d'une fête de Halloween organisée par les responsables de l'établissement... Si d'autres films fantastico-horrifiques traitèrent bien avant lui du thème du deuil, Damian McCarthy l'évoque avec une sensibilité peu commune dans ce genre d'exercice cinématographique. Porté par des interprètes qui se comptent sur les doigts d'une main mais surtout par un environnement au charme typiquement irlandais puisque le tournage eut lieu dans le comté de Cork, justement situé en Irlande. Si les séquences extérieures ont été majoritairement tournées à West Cork, certains intérieurs comme ceux de l'hôtel furent par contre recréés en studio au West Cork Film Studios à Skibbereen. Le Bilberry Woods Hotel du long-métrage est donc un lieu fictif, majestueusement décoré et aussi chaleureux qu'inquiétant. Damian McCarthy exploite ces décors à merveille, en ajoutant de menus détails qui tentent de cultiver l'effroi. À commencer par ce carillon qui ne cesse de sonner ou cette cloche directement reliée à la chambre nuptiale, celle-là même où une légende veut donc qu'une sorcière y serait enfermée. Film à l'ambiance pesante, aux sursauts multiples (lesquels n'auront pourtant sans doute d'effet que chez les plus jeunes spectateurs) aux décors sombres mais extrêmement détaillés, aux apparitions foudroyantes mais inutilement répétitives et à la bande musicale efficace, Hokum est principalement incarné par Adam Scott, Peter Coonan, David Wilmot et Florence Ordesh. Plus qu'un film de fantômes ou de sorcellerie, le long-métrage de Damian McCarthy vire au film d'enquête policière et paranormale plutôt convainquant. L'on prendra malgré tout les louanges de certains critiques avec des pincettes car si Hokum est effectivement un très bon film, il ne révolutionne pourtant aucun des genres auxquels il se raccroche...

 

jeudi 17 octobre 2019

The Twilight Zone : Nightmare at 30,000 Feet de Greg Yaitanes (2019) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆


Si le second épisode de la première saison de The Twilight Zone version 2019, Nightmare at 30,000 Feet, évoquera aux plus anciens et aux fidèles l'un des plus célèbres de la série originale diffusé pour la première fois le 11 octobre 1963 sur CBS, ça n'est pas le fruit du hasard puisque cet épisode réalisé par Greg Yaitanes s'inspire effectivement de celui mis en scène cinquante-six ans auparavant par le cinéaste Richard Donner, Nightmare at 20,000 Feet. Si le titre de la nouvelle version diffère d'une ''dizaine de milliers de pieds'', cela reste un détail au regard du récit lui-même puisque du script original, les scénaristes Simon Kinberg, Jordan Peele et Marco Ramirez n'en ont conservé que le terrain de jeu et quelques bribes du climat paranoïaque enfanté par le comportement particulièrement inquiétant du personnage principal incarné à l'époque par William ''James T. Kirk'' Shatner. Autrefois marié mais aujourd'hui le héros de cette version 2.0 totalement réaménagée, celui qui se cache désormais sous le nom de Justin Sanderson prend l'avion seul et ne va plus être le témoin d'un curieux événement se produisant sur l'aile gauche de l'avion (Bob Wilson, accompagné de son épouse, y témoignait de la présence d'un Gobelin) mais l'unique auditeur d'un podcast retransmettant en détails un événement qui semble directement lié au vol qui doit le transporter jusqu'à Tel Aviv.

D'une certaine manière, avoir choisi de faire de drastiques changements par rapport à la version d'origine est tout sauf discutable. Le temps ayant fait son œuvre, l'actualité ayant pris d'importantes proportions et la technologie ayant progressé à grands pas, il aura sans doute été malvenu d'aborder une seconde fois, et sous forme de copier-coller, un récit qui dans le genre n'avait nul besoin de relecture. Désormais, on dira donc adieu à la créature de l'épisode original qu'un ciel orageux permettait de rendre à l'époque relativement effrayante. Désormais, il faut compter sur les lecteurs numériques et sur la peur du terrorisme islamique, lequel, dès les premiers instants, hante littéralement la cabine de seconde classe. Comme si dix-huit ans plus tard, les traumatismes du 11 septembre 2001 continuer d'obséder la population américaine. Et même si un tel fait demeurait objectif ou non concernant Nightmare at 30,000 Feet, le choix d'aborder le sujet donne immédiatement un petit coup de vieux à un récit dramatique maintes fois évoqué au cinéma et à la télévision, mais ici saupoudré d'une petite touche de fantastique.

Si Nightmare at 20,000 Feet s'avérait à l'époque relativement épatant, Nightmare at 30,000 Feet s'avère quant à lui totalement raté. Du moins, dans la méthodologie consistant à faire monter de plusieurs crans à mesure que les minutes passent, un suspens, une frayeur, et une angoisse qui malheureusement demeureront à l'état de projet. Car en effet, ni l'absence de charisme d'un Adam Scott uniformisé afin de correspondre au commun des mortels, ni le rythme léthargique, et sans doute encore moins, ni le nombre élevé de ''Barbus'' présents à bord du vol ne parviennent à créer le climat de paranoïa tant espéré. D'ailleurs, sur ce dernier point, on notera tout comme dans l'épisode L'Humoriste aux dialogues parfois trop explicatifs, la désespérante attitude des auteurs à prendre les spectateurs pour des imbéciles. D'un côté, un Samir Wassan qui avait trop régulièrement l'habitude d'expliquer aux spectateurs certains détails (c'est vrai quoi, le spectateur est vraiment trop con !), de l'autre, un aéroport et un avion ''envahi'' par des hommes et des femmes d’obédience musulmane. Façon d'affirmer à ceux qui ne se seraient pas encore aperçus de leur présence, que le danger, c'est sans doute eux ! Vraiment cons ces téléspectateurs, mais sans doute un peu moins que les auteurs qui les considèrent ainsi. Mais je m'égare. Après un premier épisode fort convaincant, concernant ce second, c'est la dégringolade avec risque de fracture ! En espérant que la suite rehausse le niveau !
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