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dimanche 8 novembre 2026

Les passagers de Serge Leroy (1977) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En grand pourvoyeur de polars et autres thrillers à la française, le réalisateur et scénariste Serge Leroy signait en 1977 Les passagers avec Jean-Louis Trintignant aux commandes de sa voiture et dans le rôle d'Alex Moineau et Richard Constantini qui dans celui de son beau-fils Marc incarne le personnage de Marc, le fils de sa nouvelle épouse Nicole qu'interprète de son côté la superbe Mireille Darc. Tandis qu'Alex remonte à bord de son véhicule et en compagnie de Marc la route qui mène de Rome à la capitale française, une étrange camionnette entièrement noire les suit de près sur l'autoroute, disparaissant la nuit tombée lorsque l'homme et le garçon dorment à l'hôtel pour ensuite réapparaître derrière eux. Vu le déroulement de l'intrigue, on pense presque immédiatement au téléfilm culte de Steven Spielberg Duel que l'américain réalisa en 1971. Un long-métrage très anxiogène qui inspira étonnamment la même année, en 1977, deux œuvres dont les similitudes les rapprochent de ce que l'on appelle communément des films jumeaux. Du moins en partie puisque si dans L'enfer mécanique d'Elliot Silverstein le mystère reste quasiment total jusqu'à l'issue de l'intrigue, Serge Leroy et Jean-Pierre Vergne (en co-scénariste) ont la mauvaise idée de vendre l'identité de celui qui traque les deux principaux protagonistes après seulement dix minutes ! Autant dire que concernant le mystère qui entoure ce personnage et les origines de sa camionnette ne font pas long-feu... Sur un rythme relativement soporifique, Serge Leroy met en scène un road movie, entre l'Italie et la France. Une grande majorité du récit se déroule sur les autoroutes transalpines, entre bitume et chambres d'hôtel avec en point de mire celui qui poursuit pour on ne sait quel but au départ, Alex et Marc. Mais là encore, allez savoir pour quelle raison mais le cinéaste préfère livrer au spectateur un élément essentiel qu'il aurait mieux fait de garder pour lui tout au long de l'histoire. En effet, parce qu'il semble vouloir mettre rapidement en scène la toujours magnifique Mireille Darc, Serge Leroy ne fait aucun mystère du lien qui existe entre elle et..... Bernard Fresson qui dans la peau de Fabio apparaît donc comme son ancien amant. Un homme qui accepte mal que son ancienne compagne l'ait quitté pour un autre homme...


Les pièces du puzzle se mettent alors en place avec une certaine logique et le spectateur n'a plus qu'à constater le résultat sans avoir eu besoin de réfléchir à la question ne serait-ce qu'au-delà des dix ou quinze premières minutes. Si Jean-Louis Trintignant interprète un beau-père simple, doux, discret et très compréhensif vis à vis d'un Marc très en avance intellectuellement sur son âge, Bernard Fresson incarne quant à lui un individu plutôt inquiétant, totalement obsédé par Nicole, atteint de troubles psychiatriques qui le font commenter ses actes devant une Nicole qui pourtant est absente. Des séquences où apparaît justement Mireille Darc afin de figurer la folie qui s'est emprise de Fabio depuis qu'elle l'a quitté ! Car à la vérité, la jeune femme est au chaud, chez elle, à Paris et à attendre son fils et son mari tandis qu'eux, les pauvres, subissent un haut niveau de stress même s'ils éprouvent quelques difficultés à se l'avouer. Les passagers reste donc le Duel du pauvre, souffrant majoritairement d'une flagrante absence de rythme qui nuit souvent au récit. D'autant plus que le film se déroulant généralement à bord du véhicule conduit par Alex/Jean-Louis Trintignant, le récit ne peut même pas compter sur ses dialogues qui eux-mêmes s'avèrent souvent très banals. Pas de quoi frissonner même si en tueur (misogyne ?) disséminant ça et là les cadavres (dont deux motards de la police italienne) Bernard Fresson fait ce qu'il peut pour se rendre effrayant. Notons malgré tout une particularité intéressante s'agissant du scénario puisque il s'inspire en fait d'un roman écrit par l'un des plus grands auteurs d'épouvante et d'horreur de la littérature américaine, Dean Koontz qui sous le pseudonyme de K.R.Dwyer signa en 1973 le roman Shattered qui chez nous fut publié en 1977 sous le titre Les passagers...

 

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