Negai
est le troisième volet de l'hexalogie Umezu
Kazuo: Kyôfu Gekijô
dont
l'intégralité des épisodes est sortie la même année, en 2005.
Réalisé par Atsushi Shimizu, lequel n'a rien à voir avec Takashi
Shimizu (créateur de la saga Ju-on),
Negai
met en scène le jeune Hitochi (Orito Kasahara), un enfant discret,
sans véritable ami et meilleur élève de sa classe. Fils d'un
couple aimant formé autour du père Yoshiro (Toshinori) et de la
mère Etsuko (Kyôko Tôyama), le jeune garçon ne peut compter que
sur son talent de créateur d'objets pour se divertir et briser sa
solitude. C'est ainsi qu'à partir d'objets du quotidien Hitochi se
met à fabriquer une poupée d'apparence humaine. Du bois, du tissu,
du fil de fer mais aussi et surtout deux effrayants globes oculaires
et une mâchoire dotées d'aiguilles parfaitement aiguisées... Priant
chaque soir pour que Kokomo (du nom que le garçon donne à sa
création) prenne vie, la relation entre Hitochi et son jouet prend
une tournure inattendue. Voire inquiétante. Jusqu'au jours où le
garçon reçoit chez lui sa camarade Tomoko (Natsumi Okumura) à
laquelle il a promit d'apporter son aide et ses connaissances pour
ses devoirs. Convaincu d'être désormais son ami, Hitochi cherche à
se débarrasser de Kokomo dont il considère désormais la présence
inutile. Mais c'était sans compter sur la volonté de rester auprès
de son créateur de la part de la poupée qui quoi qu'en fasse le
garçon revient systématiquement à la maison... Adaptation
d'ouvrage signé de l'un des mangakas japonais les plus célèbres
dans le domaine de l'horreur connu sous le nom de Kazuo Umezu,
Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai
se rapproche ostensiblement de récits anciens et contemporains du
cinéma et de la littérature occidentaux puisque viennent presque
immédiatement en tête La
Poupée diabolique
de Lindsay Shonteff réalisé en 1964 ou Magic
de Richard Attenborough tourné quant à lui en 1978. L'une des plus
célèbres séries de science-fiction américaines des années 50/60
s'étant elle-même emparée du sujet en 1962 avec le cultissime
épisode La Marionnette
de
Abner Biberman...
Ici,
Atsushi Shimizu ne cherche à aucun moment à faire mystère de ses
intentions tant sa poupée instaure le malaise dès sa première
apparition. Créant ainsi l'une des représentations du genre parmi
les plus sinistres qui soient. Une vision d'horreur dont on peut
d'ailleurs se demander comment son propre créateur peut être
capable de supporter sa présence dans sa chambre lorsque tombe la
nuit. Une alternative à la solitude qui va bientôt prendre des
proportions ''insoupçonnées'' lorsque Kokomo va commencer à s'en
prendre à tous ceux qui osent se dresser entre elle et son créateur.
Filmé avec des moyens financiers apparemment dérisoires, Umezu
Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai
reste malgré tout une assez bonne surprise qui ne vous prendra qu'un
peu moins d'une heure de votre temps. Un moyen-métrage visuellement
anecdotique, filmé en DTV
(Direct To DVD)
pour un résultat qui pique souvent les yeux. D'autant plus que le
réalisateur japonais emploie quelques filtres de très mauvais goût,
tout comme l'incrustation de nuages factices censés accentuer
l'horreur de ce qui s'apprête à arriver. Sans être d'une
importance fondamentale, l'existence de Umezu
Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai permet
surtout d'avoir une idée assez précise de l'approche du sujet par
son auteur, entre la bienveillance parentale qui ne sera au final
d'aucune utilité pour l'enfant ou le besoin pour ce dernier de se
créer un ami virtuel jusqu'au jour où une jeune fille de chair et
de sang vient innocemment s'imposer entre le garçon et sa création.
Malgré une esthétique souvent atroce bien que créant plus ou moins
volontairement un climat morose assez particulier, Umezu
Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai
offre quelques séquences plutôt creepy. Et notamment lorsque Kokomo
s'en prend à Tomoko ou lorsque Hitochi se décide enfin à affronter
sa création et par contraction ses peurs lors d'un final plutôt
marquant...
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