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jeudi 22 octobre 2026

Sadako vs. Kayako de Kōji Shiraishi (2016) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Nous sommes en 2016, il y a dix ans tout rond, et nous avons rendez-vous cette année là avec la rencontre au sommet de deux des plus remarquables phénomènes surnaturels nés de l'esprit d'auteurs japonais particulièrement créatifs. D'un côté, Koji Suzuki, le créateur du roman Ringu en 1991. Et de l'autre, le réalisateur et scénariste Takashi Shimizu, bien connu pour ses nombreuses œuvres faisant appel aux fantômes et autres esprits maléfiques dont il a toujours majoritairement fait son fond de commerce. Auteur prolifique de près d'une centaine d’œuvre en trente-cinq ans de carrière, le cinéaste Kōji Shiraishi prend donc en 2016 la relève de ses prédécesseurs avec long-métrage qui marquera sans doute l'histoire des franchises Ringu et Ju-on puisqu'à la manière d'un certain nombre de films d'horreur américains tels Freddy vs. Jason et Alien vs. Predator, Sadako vs. Kayako met donc en scène deux des plus iconiques Onryō représentants la culture littéraire japonaise. Des esprits vengeurs quittant ponctuellement le plan astral pour venir dans le plan matériel où nous vivons. D'un côté, nous avons donc Sadako Yamamura (Elly Nanami), jeune femme qui fut jetée dans un puits par un divers personnages selon les récits et où elle agonisa longuement avant que naisse la malédiction. De l'autre, nous avons Kayako Saeki (Runa Endo) dont l'époux les noyèrent elle et leur fils Toshio (Rintarō Shibamoto), persuadé qu'elle le trompait avec un autre homme. Tandis que Sadako apparaît sur le plan matériel et assassine ses nouvelles victimes après que celles-ci aient eu la mauvaise idée de visionner une cassette vidéo réputée hantée, s'agissant de Kayako, ses possibilités de déplacement s'avèrent relativement réduites puisque son fantôme s'en prend à celles et ceux qui ont la malchance de s'introduire dans la demeure qu'elle partageait en famille avant d'être assassinée. Notons d'ailleurs qu'elle n'est jamais vraiment seule puisque le fantôme de son fils Toshio apparaît également à l'écran. Si le prénom de Sadako apparaît en premier dans le titre, cela est sans doute du fait que le récit tourne principalement autour de deux étudiantes qui ont eu le malheur de tomber sur la fameuse cassette vidéo maudite qu'elles ont visionnées chacune à leur tour. Bien qu'ayant fait appel à l'un de leurs professeurs (Masahiro Komoto dans le rôle de Shin'ichi Morishige) ainsi qu'à une exorciste supposée pouvoir les débarrasser de la malédiction, la solution viendra plus probablement de l'intervention du détenteur de pouvoirs psychiques Keizo Tokiwa (Masanobu Andō) et de l'étrange petite fille aveugle prénommée Tamao (Mai Kikuchi) qui l'accompagne partout.


Le concept ? Opposer Sadako à Kayako afin de débarrasser Yūri Kurahashi (Mizuki Yamamoto) et Natsumi Ueno (imi Satsukawa) de la malédiction et ainsi de les garder en vie... Kōji Shiraishi resserre ici l'intrigue puisque les victimes n'ont plus sept jours pour trouver un moyen de défier la malédiction mais plus que deux. En outre, le cinéaste débarrasse l'intrigue de ce qui au fil du temps est devenu superflu. À savoir que refiler la cassette vidéo à une autre personne pour qu'elle la regarde ne suffit plus à se débarrasser de la malédiction. Il y a deux camps. Peut-être même trois si l'on compte celui qui réunit ceux qui ne font pas de différences entre les deux franchises. D'un côté, les fans de Ring et de l'autre, ceux qui lui préfèrent nettement Ju-on. Le film, qui aurait dû permettre au réalisateur de mettre en scène une confrontation dantesque entre les deux personnages du titre se révèle de ce point de vue là, relativement décevant. Pas de combat épique entre Sadako et Kayako mais une joute d'une poignées de secondes seulement qui dessert malheureusement la seconde. Sadako semble donc être ici privilégiée. Plus puissante, certes, mais sans doute moins charismatique que Kayako dont les différentes apparitions restent assez flippantes même après un peu moins d'une vingtaine d'années (je rappelle que nous sommes alors en 2016). Tandis que la plupart des adaptations des deux franchises ne bénéficièrent pas de qualités techniques particulièrement marquantes, le travail sur la photographie de Hidetoshi Shinomiya est par contre ici tout à fait bénéfique. De très belles images, peu colorées et accentuées par un choix de costumes et de décors dont les teintes se résument à des gris clairs, des roses pâles et des bruns qui tranchent avec les noirs et bleux profonds lors des attaques surnaturelles. Si le combat ultime n'a donc pas vraiment lieu entre les deux plus célèbres fantômes de la J-Horror, Sadako vs. Kayako parvient tout de même parfois à nous rappeler les grandes heures du genre, lorsque l'on découvrait notamment pour la première fois cette iconique séquence de Kayako, fantomatique et affreusement blafarde descendant telle une araignée géante les escaliers de sa demeure délabrée...

 

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