Allez, on va parler d'un ''anecdotique'' nanar qui a vu le jour en
1986, soit la même année que Le maître de guerre
de Clint Eastwood, Highlander
de Russel Mulcahy, Top Gun
de Tony Scott ou encore Aliens, le retour
de James Cameron. Quel rapport entre ces quelques exemples et Omega
Syndrome
du producteur, scénariste et réalisateur américain Joseph
Manduke ? Aucun, bien évidemment. Si ce n'est qu'en terme
d'action, les spectateurs auront eu le privilège cette année là de
se tourner davantage vers ces quelques ''classiques'' du septième
art plutôt que du côté de cette œuvre hypothétiquement
insignifiante pour celles et ceux qui ne se rangent pas du côté de
ce genre tant apprécié des amateurs de longs-métrages de
troisième, voire, de quatrième catégorie. Et pourtant, au vu du
casting, si peu grandiose fut-il, nous pouvions être en droit
d'attendre un produit d'une qualité nettement supérieure. Ken Wahl,
notamment connu pour avoir joué dans Les
Seigneurs
de Philip Kaufman mais resté surtout célèbre pour avoir incarné
le rôle principal de Vincent Terranova dans la série policière Un
flic dans la mafia
interprète ici celui de Jack Corbett, un ancien soldat du Vietnam
dont la fille (incarnée par Nicole Eggert) est enlevée par deux
membres d'un groupuscule néo-nazi.. Chacun d'entre eux portant sur
l'avant-bras un signe distinctif représentant le signe Omega (d'où
le titre, mais cela, vous l'avez déjà compris). Vraiment pas de bol
pour cet ancien vétéran dont l'épouse est morte voilà des années,
dont la fille vit désormais avec son grand-père et dont il n'a
accès qu'un week-end par mois. Autant dire que Corbett est très
remonté (information à prendre avec des pincettes vue la mollesse
avec laquelle il réagit!) contre cette bande de suprémacistes
blancs dont l'une des têtes ''pensantes'' est Yo-Yo. Un type
violent, psychotique et interprété par l'acteur Xander
Berkeley qui plus tard apparaîtra dans Terminator
2 : Le Jugement dernier
de James Cameron ou Candyman
de Bernard Rose mais également dans de nombreuses séries
télévisées. Afin de l'épauler dans ses recherches, Corbett fait
appel à son ancien compagnon d'arme Phil Horton qu'incarne de son
côté l'acteur George DiCenzo (Rencontres
du troisième type
de Steven Spielberg, La
Neuvième Configuration
de WilliamPeter Blatty, Retour
vers le futur
de Robert Zemeckis). Notons ensuite la présence à l'image de
l'acteur Doug McClure qui en France s'est fait surtout connaître
avec les séries Echec
et Mat
et
Le virginien dans
le courant des années soixante...
Omega
Syndrome
débute par le meurtre raciste d'un homme de couleur et de sa
compagne alors qu'ils se baladaient tranquillement dans les rues de
Los Angeles. Un crime brutal, abjecte, gratuit, qui laisse présager
un film extrêmement violent. Et donc, une histoire de vengeance
implacable. On pense tout d'abord au Commando
de Mark L. Lester qui un an plus tôt mettait en scène Arnold
Schwarzenegger et dans lequel celui-ci incarnait l'ancien soldat des
commandos d'élite de la Delta Force John Matrix lancé à la
poursuite des ravisseurs de sa très charmante jeune fille jouée par
la délicieuse Alyssa Milano. Pourtant, rien de comparable entre ce
petit classique de l'action et le film de Joseph Manduke. Lequel
cumule tant de tares que les lister mériterait presque un ouvrage
complet et entièrement dévolu à sa conception ! D'un
classicisme à toutes épreuves puisque reprenant le concept de
l'ancien soldat qui reprend les armes face à une autorité
inefficace, Omega
Syndrome
est d'une déprimante pesanteur. Non pas que le film soit sombre,
désespéré ou quoi que ce soit qui définisse l’œuvre comme un
parangon de noirceur mais la mise en scène et l'interprétation sont
telles que l'ennui s'installe presque immédiatement. La promesse
d'une action trépidante n'étant pas assurée par la direction
d'acteurs du réalisateur ni par le jeu des différents interprètes,
le film s'enfonce dans un marasme souvent pénible à supporter.
Reste alors un espoir. Celui, le seul, auquel ont généralement
accès les spectateurs hexagonaux. Et en effet, à ce titre, le
doublage est encore ici pour ce genre de long-métrage relativement
médiocre, l'un des rares attraits. Il semble en effet qu'en France,
l'intérêt pour cette petite production américaine ait été si
faible qu'en post-synchronisation le nombre de doubleurs n'ait pas
dépassé le mirobolant chiffre de deux ! D'ailleurs, faites
vous-même l'expérience. Lancez le film, fermez les yeux et devinez
qui parle. Parce qu'entre les deux anciens G.Is, les flics, les
néo-nazis, le journaliste et ''tutti quanti'', il est souvent
impossible de noter la moindre différence d'intonation. Preuve que
pas plus de deux ou trois doubleurs français furent à la manœuvre.
Rendant ainsi l'ensemble imbuvable. Fort heureusement, l'on a parfois
droit à quelques répliques sorties d'un univers parallèle qui
forcent le spectateur à tenir jusqu'au terme du récit. Sinon, rien
de neuf à l'horizon...
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