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samedi 12 septembre 2026

Futur immédiat de Graham Baker (1991) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le 23 mars 1988 sortait sur les écrans français l'excellent Hidden de Jack Sholder. Un long-métrage alliant intelligemment science-fiction, action, humour et ajoutant à cela, une authentique touche d'émotion. Résultat : entre autres récompenses, le film se vit octroyer le Grand Prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz la même année. Toujours en 1988 sort sur ces mêmes écrans français, Futur immédiat (ou Alien Nation dans sa langue d'origine) de Graham Baker. Un réalisateur ''quasiment'' inconnu à l'époque puisqu'après avoir débuté sur petit écran, il entamera sa carrière dans les salles obscures avec le troisième volet de la trilogie The Omen connu chez nous sous le titre La malédiction finale (un quatrième opus verra le jour à la télévision sous le titre La Malédiction 4 : L'Éveil en 1991). On peut donc considérer qu'il baigne déjà à l'époque dans un imaginaire fantastique, d'autant plus que six ans plus tard il sera, parmi nombres d'autres cinéastes, au générique de la série Amazing Stories notamment produite entre 1985 et 1987 par Steven Spielberg (un long-métrage éponyme basé sur trois des épisodes de la série verra d'ailleurs le jour au cinéma en 1987). L'année suivant sa participation, le voilà qui revient sur grand écran avec une œuvre de science-fiction qui tout comme celle de Jack Sholder introduit la science-fiction dans un contexte d'enquête policière. Les similitudes sont nombreuses entre les deux longs-métrages même si au fond, l'une et l'autre paraissent parfaitement distinctes. Futur immédiat n'introduit pas la notion d'invasion mais plutôt celle d'une intégration aussi difficile que celle qu'ont notamment connu ou continuent de connaître les immigrés originaires d'Italie, de Chine ou du Mexique. Ici, la majeure partie des aliens visibles à l'écran ne sont pas hostiles et vivent à la mesure de l'espèce humaine. Des créatures si bien intégrées que certaines font elles aussi commerce de leur corps, tiennent de petites échoppes ou comme principalement évoqué ici ont pour objectif de développer une organisation axée sur le trafic d'une drogue propre à la civilisation extraterrestre.


Futur immédiat est donc une allégorie du monde dans lequel nous vivons et dont la seule fantaisie paraît être la présence sur Terre d'une espèce humanoïde dont l'intelligence est comparable à celle des humains. Seule différence, un crâne légèrement sur-développé et pourvu de tâches à la manière de certains fauves. Ici, les antagonistes ne sont pas d'origine humaine mais d'origine extraterrestre. Et bien que certains de leurs représentants semblent parfaitement intégrés à notre société comme William Harcourt (l'acteur Terence Stamp), d'autres ont choisi la voie du crime. Après qu'une fusillade ait causé la mort de son coéquipier, le sergent Matthew Sykes se porte volontaire afin d'enquêter sur une autre affaire aux côtés de Sam Francisco (Mandy Patinkin), premier extraterrestre à avoir obtenu une promotion au sein de la police de Los Angeles. L'objectif du long-métrage semble être de reproduire le concept du Buddy Movie, genre dans lequel deux individus aux caractères généralement opposés font équipe, tout en intégrant une légère touche de science-fiction dans un contexte pourtant relativement commun. Bien que d'une certaine manière le long-métrage se rapproche de celui de Jack Sholder, l’œuvre de Graham Baker n'atteint malgré tout pas le niveau du film qui fut célébré comme écrit plus haut à travers le prix qu'il reçu à l'époque lors du plus célèbre festival du film fantastiques des années quatre-vingt. Ce qui n'empêchera pas Futur immédiat d'obtenir lcelui du meilleur film de science-fiction aux Saturn Awards de Los Angeles deux ans après sa sortie sur le territoire américain. Concernant les effets-spéciaux, l'équipe en charge de créer les maquillages des extraterrestres fut l'entreprise Stan Winston Studios du nom de l'un des plus fameux créateurs de maquillages fantastiques et d'animatronique à l'époque. Sans être bluffants puisqu'assez minimalistes, ceux-ci donnent cependant une image assez précise de ce à quoi pourraient ressembler des créatures intelligentes venues d'ailleurs de type humanoïde. Concernant le récit lui-même, le scénario de Rockne S. O'Bannon repose sur une structure narrative des plus commune. Reste que le film demeure intéressant grâce à la présence à l'écran d'un James Caan xénophobe, du moins envers la population extraterrestre, mais comme la coutume le veut dans ce genre de long-métrage, sa relation d'abord tendue avec Sam Francisco donnera lieu à un rapprochement bienheureux. Plusieurs suites verront le jour entre 1989 et 1997. Classique mais sympathique...

 

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