Le 23 mars 1988 sortait
sur les écrans français l'excellent Hidden
de Jack Sholder. Un long-métrage alliant intelligemment
science-fiction, action, humour et ajoutant à cela, une authentique
touche d'émotion. Résultat : entre autres récompenses, le
film se vit octroyer le Grand
Prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz la
même année. Toujours en 1988 sort sur ces mêmes écrans français,
Futur immédiat
(ou Alien Nation
dans sa langue d'origine) de Graham Baker. Un réalisateur
''quasiment'' inconnu à l'époque puisqu'après avoir débuté sur
petit écran, il entamera sa carrière dans les salles obscures avec
le troisième volet de la trilogie The Omen
connu chez nous sous le titre La malédiction
finale
(un quatrième opus verra le jour à la télévision sous le titre La
Malédiction 4 : L'Éveil
en 1991). On peut donc considérer qu'il baigne déjà à l'époque
dans un imaginaire fantastique, d'autant plus que six ans plus tard
il sera, parmi nombres d'autres cinéastes, au générique de la
série Amazing Stories
notamment produite entre 1985 et 1987 par Steven Spielberg (un
long-métrage éponyme basé sur trois des épisodes de la série
verra d'ailleurs le jour au cinéma en 1987). L'année suivant sa
participation, le voilà qui revient sur grand écran avec une œuvre
de science-fiction qui tout comme celle de Jack Sholder introduit la
science-fiction dans un contexte d'enquête policière. Les
similitudes sont nombreuses entre les deux longs-métrages même si
au fond, l'une et l'autre paraissent parfaitement distinctes. Futur
immédiat n'introduit
pas la notion d'invasion mais plutôt celle d'une intégration aussi
difficile que celle qu'ont notamment connu ou continuent de connaître
les immigrés originaires d'Italie, de Chine ou du Mexique. Ici,
la majeure partie des aliens visibles à l'écran ne sont pas
hostiles et vivent à la mesure de l'espèce humaine. Des créatures
si bien intégrées que certaines font elles aussi commerce de leur
corps, tiennent de petites échoppes ou comme principalement évoqué
ici ont pour objectif de développer une organisation axée sur le
trafic d'une drogue propre à la civilisation extraterrestre.
Futur immédiat
est donc une allégorie du monde dans lequel nous vivons et dont la
seule fantaisie paraît être la présence sur Terre d'une espèce
humanoïde dont l'intelligence est comparable à celle des humains.
Seule différence, un crâne légèrement sur-développé et pourvu
de tâches à la manière de certains fauves. Ici, les antagonistes
ne sont pas d'origine humaine mais d'origine extraterrestre. Et bien
que certains de leurs représentants semblent parfaitement intégrés
à notre société comme William Harcourt (l'acteur Terence Stamp),
d'autres ont choisi la voie du crime. Après qu'une fusillade ait
causé la mort de son coéquipier, le sergent Matthew Sykes se porte
volontaire afin d'enquêter sur une autre affaire aux côtés de Sam
Francisco (Mandy Patinkin), premier extraterrestre à avoir obtenu
une promotion au sein de la police de Los Angeles. L'objectif du
long-métrage semble être de reproduire le concept du Buddy
Movie,
genre dans lequel deux individus aux caractères généralement
opposés font équipe, tout en intégrant une légère touche de
science-fiction dans un contexte pourtant relativement commun. Bien
que d'une certaine manière le long-métrage se rapproche de celui de
Jack Sholder, l’œuvre de Graham Baker n'atteint malgré tout pas
le niveau du film qui fut célébré comme écrit plus haut à
travers le prix qu'il reçu à l'époque lors du plus célèbre
festival du film fantastiques des années quatre-vingt. Ce qui
n'empêchera pas Futur immédiat
d'obtenir lcelui du meilleur film de science-fiction aux Saturn
Awards
de Los Angeles deux ans après sa sortie sur le territoire américain.
Concernant les effets-spéciaux, l'équipe en charge de créer les
maquillages des extraterrestres fut l'entreprise Stan
Winston Studios
du nom de l'un des plus fameux créateurs de maquillages fantastiques
et d'animatronique à l'époque. Sans être bluffants puisqu'assez
minimalistes, ceux-ci donnent cependant une image assez précise de
ce à quoi pourraient ressembler des créatures intelligentes venues
d'ailleurs de type humanoïde. Concernant le récit lui-même, le
scénario de Rockne S. O'Bannon repose sur une structure narrative
des plus commune. Reste que le film demeure intéressant grâce à la
présence à l'écran d'un James Caan xénophobe, du moins envers la
population extraterrestre, mais comme la coutume le veut dans ce
genre de long-métrage, sa relation d'abord tendue avec Sam Francisco
donnera lieu à un rapprochement bienheureux. Plusieurs suites
verront le jour entre 1989 et 1997. Classique mais sympathique...



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