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lundi 14 septembre 2026

Horror House on Highway 5 de Richard Casey (1985) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Bon, heu, alors, hum.... Comment démarrer cette critique sans heurter la sensibilité des rares fans de ce film plus qu'étonnant qui jouit d'un statut d’œuvre véritablement culte dans son pays d'origine ? Une fascination sans doute impossible à expliquer chez nous lorsque de l'autre côté de l'Atlantique l'on supprime une série pour défaut d'audimat quand bien même fut-elle d'une exceptionnelle qualité. Le chiffre, le chiffre, toujours le chiffre, au détriment du puissant intérêt qu'une œuvre peut engendrer chez une partie du public. Bien que Horror House on Highway 5 n'appartienne de toute évidence pas à la catégorie des blockbusters ni des chefs-d’œuvre du cinéma hollywoodien dont les auteurs se revendiquent pourtant ''prétentieusement'' être d'origine, le premier long-métrage du parfait inconnu qu'est chez nous Richard Casey dont la carrière se résume à une poignée de clips musicaux et trois longs-métrages (dont un Horror House on Highway 6 en 2014) est on ne peut plus étrange. Curieux, dans sa manière de s'inviter sans y avoir été convié dans le grand tourbillon du cinéma fantastique et d'épouvante lorsqu'il convoque le personnage du Docteur Mabuse créé par l'écrivain luxembourgeois Norbert Jacques et adapté pour la première fois par le cinéaste allemand Fritz Lang en 1922 avec Doktor Mabuse, der Spieler en ne modifiant son patronyme que d'une seule lettre ajoutée (un R entre le A et le B). Ou lorsque en cette année 1985, il s'amuse des codes du slasher, du survival et du shocker estampillé ''années soixante-dix'' en pillant certaines des idées les plus folles de classiques de l'horreur tels que La colline a des yeux de Wes Craven ou Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Avançant son concept avec le peu de prudence requise mais au contraire avec une prétention et une vigueur qui n'appartiennent qu'à ceux qui ''osent'' malgré de faibles moyens budgétaires...


Sur un ton humoristico-horrifique, Richard Casey met en scène les étudiants Louise Kingsley (Susan Leslie), Sally Smith (Irene Cagen) et le fumeur de haschisch Michael Simpson (Michael Castagnolia) qui sur demande de leur professeur d'histoire acceptent de se rendre dans une région isolée de Californie afin de se renseigner au sujet de Frederick Bartholomew, un ancien scientifique allemand lié au développement des fusées V-2 durant la Seconde Guerre Mondiale. Là-bas, Sally fait la connaissance d'un certain Dr. Marbuse (Phil Therrien) qui pourrait lui apporter de précieuses informations concernant l'homme en question. Pendant ce temps là, ses deux camarades de classe vont se retrouver piégés dans une zone géographique ou sévit un tueur en série dont le visage est caché derrière un masque de l'ancien président des Etats-Unis, Richard Nixon ! L'une des caractéristiques principales de Horror House on Highway 5 qui pour certains possède un certain attrait propre au bordel généralisé qui règne au sein du récit est justement cette absence de réelle continuité scénaristique. Le chaos est presque total et le jeu confondant d'amateurisme de tous les interprètes finissent de donner au long-métrage de Richard Casey une aura que l'on ne rencontre généralement même pas dans les pires séries Z ! S'il est probable que de part son ambiance ''inédite'' et son approche sans commune mesure avec les deux classiques cités plus haut puisse séduire dans un premier temps le public, malheureusement, Horror House on Highway 5 est si mauvais que l'on finit davantage par subir le spectacle plutôt que de le savourer. Et pourtant, ce mélange entre slasher, satanisme, évocation des heures les plus sombres de l'histoire mondiale, occultisme ou présence de parasites cérébraux avait de quoi contenter les fans absolus de cinéma d'horreur. Malheureusement, fauché comme les blés, joué par des acteurs qui n'en sont pas réellement et mis en scène à grands coups de pelles, le film de Richard Casey n'est en réalité perceptible dans son originalité qu'à travers son invraisemblable bande sonore notamment composée par Suzanne McDermott et Kraig Grady. Un collage sonore, parfois bruitiste mais aussi musical, hétéroclite et très probablement enregistré dans le garage d'un lotissement abritant des américains de classe moyenne, la bande musicale donne à l'ensemble une étrange nature d’œuvre brute et psychédélique. Mais pour le reste, mon dieu ce que Horror House on Highway 5 peut être mauvais...

 

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