Bon,
heu, alors, hum.... Comment démarrer cette critique sans heurter la
sensibilité des rares fans de ce film plus qu'étonnant qui jouit
d'un statut d’œuvre véritablement culte dans son pays d'origine ?
Une fascination sans doute impossible à expliquer chez nous lorsque
de l'autre côté de l'Atlantique l'on supprime une série pour
défaut d'audimat quand bien même fut-elle d'une exceptionnelle
qualité. Le chiffre, le chiffre, toujours le chiffre, au détriment
du puissant intérêt qu'une œuvre peut engendrer chez une partie du
public. Bien que Horror
House on Highway 5 n'appartienne
de toute évidence pas à la catégorie des blockbusters ni des chefs-d’œuvre du cinéma hollywoodien dont les auteurs se
revendiquent pourtant ''prétentieusement'' être d'origine, le
premier long-métrage du parfait inconnu qu'est chez nous Richard
Casey dont la carrière se résume à une poignée de clips musicaux
et trois longs-métrages (dont un Horror
House on Highway 6
en 2014) est on ne peut plus étrange. Curieux, dans sa manière de
s'inviter sans y avoir été convié dans le grand tourbillon du
cinéma fantastique et d'épouvante lorsqu'il convoque le personnage
du Docteur Mabuse créé par l'écrivain luxembourgeois Norbert
Jacques et adapté pour la première fois par le cinéaste allemand
Fritz Lang en 1922 avec Doktor
Mabuse, der Spieler en
ne modifiant son patronyme que d'une seule lettre ajoutée (un R
entre le A et le B). Ou lorsque en cette année 1985, il s'amuse des
codes du slasher, du survival et du shocker estampillé ''années
soixante-dix'' en pillant certaines des idées les plus folles de
classiques de l'horreur tels que La
colline a des yeux
de Wes Craven ou Massacre
à la tronçonneuse
de Tobe Hooper. Avançant son concept avec le peu de prudence requise
mais au contraire avec une prétention et une vigueur qui
n'appartiennent qu'à ceux qui ''osent'' malgré de faibles moyens
budgétaires...
Sur
un ton humoristico-horrifique, Richard Casey met en scène les
étudiants Louise Kingsley (Susan Leslie), Sally Smith (Irene Cagen)
et le fumeur de haschisch Michael Simpson (Michael Castagnolia) qui
sur demande de leur professeur d'histoire acceptent de se rendre dans
une région isolée de Californie afin de se renseigner au sujet de
Frederick Bartholomew, un ancien scientifique allemand lié au
développement des fusées V-2 durant la Seconde Guerre Mondiale.
Là-bas, Sally fait la connaissance d'un certain Dr. Marbuse (Phil
Therrien) qui pourrait lui apporter de précieuses informations
concernant l'homme en question. Pendant ce temps là, ses deux
camarades de classe vont se retrouver piégés dans une zone
géographique ou sévit un tueur en série dont le visage est caché
derrière un masque de l'ancien président des Etats-Unis, Richard
Nixon ! L'une des caractéristiques principales de Horror
House on Highway 5 qui
pour certains possède un certain attrait propre au bordel généralisé
qui règne au sein du récit est justement cette absence de réelle
continuité scénaristique. Le chaos est presque total et le jeu
confondant d'amateurisme de tous les interprètes finissent de donner
au long-métrage de Richard Casey une aura que l'on ne rencontre
généralement même pas dans les pires séries Z ! S'il est
probable que de part son ambiance ''inédite'' et son approche sans
commune mesure avec les deux classiques cités plus haut puisse
séduire dans un premier temps le public, malheureusement, Horror
House on Highway 5 est
si mauvais que l'on finit davantage par subir le spectacle plutôt
que de le savourer. Et pourtant, ce mélange entre slasher,
satanisme, évocation des heures les plus sombres de l'histoire
mondiale, occultisme ou présence de parasites cérébraux avait de
quoi contenter les fans absolus de cinéma d'horreur.
Malheureusement, fauché comme les blés, joué par des acteurs qui
n'en sont pas réellement et mis en scène à grands coups de pelles,
le film de Richard Casey n'est en réalité perceptible dans son
originalité qu'à travers son invraisemblable bande sonore notamment
composée par Suzanne McDermott et Kraig Grady. Un collage sonore,
parfois bruitiste mais aussi musical, hétéroclite et très
probablement enregistré dans le garage d'un lotissement abritant des
américains de classe moyenne, la bande musicale donne à l'ensemble
une étrange nature d’œuvre brute et psychédélique. Mais pour le
reste, mon dieu ce que Horror
House on Highway 5
peut être mauvais...

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