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jeudi 13 août 2026

The Black Panther de Ian Merrick (1977) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Dans un même esprit que The Todd Killings de Barry Shear mais quittant le territoire américain pour la Grande Bretagne et dans une approche beaucoup plus sombre et réaliste, The Black Panther de Ian Merrick s'intéresse cette fois-ci non plus au tueur en série Charles Schmid mais au braqueur de banque et de bureaux de poste, kidnappeur et multiple assassin Donald Neilson qui entre 1971 et 1974 commis plusieurs effractions et meurtres qui firent trois victimes : Sidney Gray en 1971, Donald Skepper en 1972 et Ernest Dyas en 1974. Le titre du long-métrage n'est pas une pure invention puisque l'homme fut surnommé ainsi pour avoir surtout effectué des cambriolages de nuit, entièrement vêtu de noir et sans faire le moindre bruit. Mais s'il est surtout resté célèbre sur le territoire britannique, c'est parce qu'il kidnappa l'adolescente Lesley Whittle alors âgée de dix-sept ans le 14 janvier 1974. Donald Neilson aurait alors exigé de la part de ses parents la rondelette somme de cinquante-mille livres. Quant à Lesley, elle fut enfermée dans un puits de drainage souterrain d'un réservoir situé à Bathpool Park, dans le Staffordshire. Déshabillée, attachée nue à seize mètres de profondeur, une cagoule placée sur sa tête et une corde autour du cou, son corps fut finalement découvert par les autorités près de trois mois plus tard. L'adolescente a perdu la vie par pendaison. On ne saura jamais si elle est accidentellement tombée de l'étroite plateforme qui la retenait prisonnière ou si son ravisseur la poussa dans le vide... Condamné à la prison à vie après un premier jugement datant du 1er juillet 1976 et de trois autres condamnations à perpétuité pour les meurtres qu'il commis sur les trois employés de bureaux de poste, Donald Neilson passa le reste de son existence derrière les barreaux avant de mourir le 18 décembre 2011... The Black Panther adapte donc une grande partie des événements entourant la multiple tragédie qui endeuilla la Grande Bretagne entre 1971 et 1974 tout en éludant certains aspects comme la culpabilité de l'épouse du criminel qui dans le long-métrage de Ian Merrick n'est pas directement impliquée dans la série de braquages commis par son époux. À dire vrai, elle (Marjorie Yates) et leur fille (Sylvia O'Donnell) apparaissent comme terrorisée par Donald qui depuis qu'il a quitté l'armée semble avoir beaucoup de mal à réintégrer la vie civile...


Découchant régulièrement jusqu'à préférer dormir dans la nature, il a gardé des réflexes propres à son ancienne carrière de militaire. Incarné à l'écran par l'acteur Donald Sumpter, l'homme est glaçant, rigide, impassible devant la moindre émotion et incapable lui-même de montrer le moindre sentiment vis à vis de ses proches ou de ses victimes. C'est ainsi que Ian Merrick traite de son sujet, l'atmosphère froide, rugueuse et l'indifférence de son principal protagoniste sont à l'origine d'une œuvre très particulière, presque clinique dont on ne s'explique pas vraiment les motivations du tueur et kidnappeur autrement qu'à travers son appétit pour l'argent. Ici, la participation de l'épouse du tueur n'est pas explicitement décrite. On pense surtout que Donald Neilson vit une double vie qu'il cache à son épouse et à leur fille. L'incarnation de Donald Sumpter est à l'aune de la mise en scène de Ian Merrick. Lequel ne cherche pas à expliquer les motivations de ce tueur méthodique dénué de toute empathie pour son prochain. En résulte une œuvre glaçante, froide et réaliste décrivant les étranges habitudes d'un individu qui agit rapidement de manière très curieuse à travers d'étranges rituels. Lorsque débute le récit, Neilson est déjà coutumier des actes criminels, ce qui évite au réalisateur d'expliquer ses motivations. On n'en saura pas davantage durant ces quelques quatre-vingt dix minutes durant lesquelles Ian Merrick s'attache à suivre le personnage central sans presque jamais le quitter des yeux. Donald Sumpter y incarne un individu tellement crédible qu'il devient difficile de distinguer le personnage de son interprète. Malgré la violence des méfaits, The Black Panther est bien moins cru visuellement qu'on pouvait s'y attendre. Sa spécificité se trouve surtout dans le jeu quasi monolithique de Donald Sumpter, dans l'austérité de la mise en scène, proche du documentaire ou dans la terne photographie de Joseph Mangine. Bref, une œuvre atypique qui durant très longtemps fut invisible mais qui, en France notamment, fut éditée par UFO Distribution dans le courant de l'année 2016 au format DVD...

 

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