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mercredi 24 juin 2026

Saccharine de Natalie Erika James (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pourquoi s'embêter à suivre des régimes contraignants qui parfois ne donnent pas les résultats escomptés ou alors, de manière temporaire ? Il semblerait que la réalisatrice et scénariste australo-américaine Natalie Erika James ait trouvé la recette miracle ! Tellement ''évidente'' que l'on devrait se taper la tête contre les murs ou s'envoyer des gifles en se posant cette question : ''Mais pourquoi personne n'y a pensé plus tôt ?''. Réglant la question comme l'avait fait en son temps Richard Fleischer avec le film d'anticipation Soylent Green mais pour des raisons bien différentes, il semblerait donc qu'il y ait moyen d'exploiter, contre la vieillesse en 1973 et toujours sous le même thème de l'anthropophagie, le corps de nos chers disparus afin de permettre à celles et ceux qui souffrent d'obésité plus ou moins morbide de retrouver la ligne en un temps record... Sous ses faux airs de film d'horreur à tendance Body Horror, ce genre dont s'est emparée depuis quelques années la gente féminine, Saccharine cache une œuvre d'une profondeur étonnante, aux ramifications multiples et qui ne s'arrête pas à la seule évocation d'une jeune femme en pleine crise d'anorexie/boulimie mais exploite l'image qu'elle peut avoir d'elle-même. La réalisatrice allant même jusqu'à chercher dans les tréfonds de son esprit et dans son passé ce qui chez Hana la pousse à vouloir modifier son apparence. Le long-métrage de Natalie Erika James, que l'on connaissait déjà pour avoir tourné Relic en 2020 et Appartement 7A quatre ans plus tard, démarre de façon plutôt conventionnelle. L'actrice Midori Francis incarne une jeune femme pas très bien dans sa peau, dont la mère est une maniaque du ménage et dont le père, pour l'instant, ne donne aucun signe de vie. Tourné principalement à Melbourne en Australie, Saccharine, c'est pour commencer, un titre très énigmatique. En effet, quel rapport peut avoir l'édulcorant artificiel au pouvoir sucrant de trois à quatre-cent supérieur à celui du sucre avec cette gélule miracle que l'ancienne meilleure amie de notre héroïne va proposer à cette dernière d'essayer ? Aucun, à priori. D'autant plus que son contenu n'a en réalité aucune valeur nutritive ou énergétique. Ensuite, Hana vit dans un contexte familial très particulier, dont on devine rapidement les contours. Globalement, Saccharine traite du culte de la beauté. Outre quelques passages montrant notre étudiante en médecine s'entraîner aux côtés d'autres élèves sur le cadavre d'une femme obèse dans un laboratoire de dissection, Hana suit un protocole visant à la maintenir en forme...


L'occasion pour évoquer son attirance pour la magnifique Alanya qu'interprète à l'écran l'actrice Madeleine Madden. Faire de l'héroïne une étudiante en médecine n'a rien d'innocent. En effet, mis à sa disposition, le laboratoire de recherche de la faculté de médecine où Hana suit les cours va lui permettre d'analyser le contenu de la fameuse gélule. Saccharine intégrant ainsi par la suite un discours sur l'auto-médication et ses dangers. Le film traite en outre de l'image que nous renvoie le miroir et qui chez les personnes atteintes d'obésité, d'anorexie ou de boulimie est déformée. D'où, là encore, l'utilisation de surfaces convexes qui réfléchissent l'un des éléments les plus mystérieux du long-métrage en la personne de Grace (Octavia Barron Martin), un cadavre obèse surnommé ''Big Bertha'' par les étudiants et qui régulièrement va venir hanter Hana lors de séquences de boulimie. Saccharine mêle ainsi des éléments fantastiques au mal-être profond de notre héroïne, qui après avoir volé une partie du cadavre pour la transformer en cendres et ainsi l'ingérer comme ''régime minceur'', va se retrouver coincée dans un état d'accoutumance proche des dépendances liées aux drogues dures... Si Natalie Erika James ne s'était pas évertuée à parsemer son œuvre ça et là d'éléments cryptiques, Saccharine apparaîtrait comme un petit film d'horreur assez peu novateur, construit autour d'une thématique généralement ancrée dans le genre Body Horror. Mais l'australienne se disperse, comme happée par la volonté de faire ingurgiter au spectateur autant de données que son héroïne dévore de nourriture. Dans l'ensemble, le long-métrage est relativement limpide. Si ce n'est la dernière partie qui louvoie entre séquences explicatives et délire visuel... Du gore concentré en fin de récit, si l'on ne tient évidemment pas compte des quelques passages dans la salle de dissection et agrémenté d'une bande musicale signée Hannah Peel rendant le tout parfois dérangeant. Un curieux film d'horreur, entre exaltation métaphysique sur l'identité, le regard que l'on a sur notre propre apparence et sur celle que l'on renvoie, l'accoutumance, l'auto-médication, le long-métrage débordant même sur le sujet de l'anthropophagie... Bref, un sympathique film, élargissant parfois à outrance le programme mais dans l'ensemble, une assez bonne surprise...

 

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