J'l'attendais pas
forcément celui-là... Mais lorsque l'on sait que le film est signé
de la fille de l'illustre George Romero, lequel a redéfini dès 1968
avec The Night of the Living Dead l'image du zombie en
le transformant en une créature dévorant sa victime, la curiosité
prend le dessus sur la suspicion et il devient pratiquement
indispensable d'y jeter un œil, histoire de voir si Tina Romero a
dignement suivi les traces de son père. Réponse : non !
Queens of the Dead
n'est pas le septième opus de la saga poursuivie avec Dawn
of the Dead en
1978, Day of the Dead en
1985, Land of the Dead en
2005, Diary of the Dead
en 2007 et Survival of the Dead
en 2009 et n'arrive presque même pas à s'aligner sur le plus
mauvais film du genre. La réalisatrice possédant presque autant de
''talent'' que Virginie Despentes pour la mise en scène lorsque
celle-ci signa l'infâme Baise-moi
en 2000 et aussi pénible à regarder jusqu'au bout que le nullissime
Raiders of the Living Dead que
Samuel M. Sherman réalisa en 1986 si l'on veut rester strictement
dans la même catégorie, le premier long-métrage de Tina Romero
rassure finalement sur le fait que le véritable dernier volet de la
saga que n'a pas pu tourner George Romero pour cause de décès ait
été mis entre les mains des frères Paz. Et ce, même si l'on passe
de Brad Anderson à la mise en scène aux frère Doron et Yoav Paz
dont la filmographie ne brille pas spécialement pour ses qualités.
À ce propos, exit Mila Jovovich et bienvenue à Kate Beckinsale qui
la remplace donc au pied levé. Plutôt une bonne nouvelle puisque ce
qui doit toujours sortir sous le titre Twilight
of the Dead
donnait furieusement l'impression d'être un succédané de la
franchise Resident Evil plutôt
que le septième volet de la saga de Zombies romériens ! Pour
en revenir à Queens of the Dead,
le film est un pur produit de Queersploitation.
Autant dire qu'avec ses ''freaks'' croisant la route d'autres
''freaks'', le film semble essentiellement destiné aux communautés
gays, lesbiennes, transgenres et non-genrées. Cis-genres et
hétérosexuels se partageant la part la plus congrue, représentée
à l'image à travers UN personnage revendiquant sa masculinité.
Amateurs de costumes à frou-frou et à paillettes, de maquillages
outranciers et de propos ouvertement tournés du côté de la
communauté queer, Queens of the Dead
est principalement fait pour vous. C'est coloré, certes, mais un
titre ne constituant pas une preuve de qualité, Tina Romero n'est
pas la digne descendante de son père. On pourrait même avoir des
doutes concernant le lien biologique entre l'un et l'autre tant la
distance qui sépare l’œuvre du paternel de celle de sa
progéniture est vertigineuse. Avec ce film, Tina Romero n'a ensuite
pas choisi la voie du premier degré mais plutôt celle du second...
Un
peu à la manière d'un Shaun of the Dead
qui cocherait toutes les cases du mauvais goût. Pas drôle, ça
c'est certain, reposant sur un script tenant sur la tranche d'un
ticket de métro et joué par des acteurs qui semblent avoir été
d'abord choisis pour leur appartenance à la communauté lgbtqia+
que pour leur talent d'interprètes, Queens of
the Dead
a en outre le culot d'être avare en matière d'effets gores. Seul
élément sur lequel le fan de la saga originel aurait pu se reposer
à défaut de prendre du plaisir à assister à ce spectacle
affligeant tournant autour de personnages soucieux de leur image,
conflictuels et installés dans une sorte de cabaret entièrement
dévolu à leur cause communautaire ! Si George Romero n'était pas
mort depuis tant d'années, sans doute se retournerait-il dans sa
tombe. Mieux : il est probable qu'il en serait sorti pour donner
la fessée à sa fille qui, en plus d'être une mauvaise scénariste
et directrice d'acteurs, s'est sans doute crue très impertinente,
voire audacieuse en s'attaquant à son tour à l'église lors de deux
ou trois séquences qui montrent davantage sa pleutrerie qu'un
véritable courage. Seule bonne idée mais qui en réalité se réfère
à un constat qui désormais porte un nom : le Smombie
(contraction des mots smartphone et zombie). Ces individus qui, rivés
sur leur téléphone portable restent indifférents à leur
environnement. Ici, les morts-vivants traînent la patte, téléphones
à la main. Une mise à jour sociale des habitudes consuméristes qui
dans Dawn of the Dead
montrait des morts-vivants orbitant autour d'un immense centre
commercial tandis que de nos jours, beaucoup d'entre nous passent
leur temps le regard scotché devant l'écran de leur smartphone !
Notons que les zombies du classique de Romero qui étaient
bleus/verts passent ici sous un fond de teint ''métallique''
probablement dû à l'usage de Highlighter.
Le résultat, forcément, est absolument ridicule. Pour finir, l'on a
droit à deux clins d’œils : la présence de Tom Savini
(maquilleur attitré de Romero sur les opus deux et trois de la saga
zombièsque) dans le rôle du maire projeté lors d'une interview et
une version alternative du Main
Title de
Day of the Dead
composé à l'époque par John Harrison... Pour le reste, Queens
of the Dead est
un ratage total !
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