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mardi 26 mai 2026

Frankenstein's Army de Richard Raaphorst (2013) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

J'étais pas prêt..... Mais peut-être que si..... Mais en fait, non,... mais oui ! Derrière un titre et diverses affiches qui fleurent bon le gros nanar qui tâche, Frankenstein's Army est un Found-Footage signé en 2013 par le réalisateur, scénariste, producteur et concepteur d'effets-spéciaux allemand, Richard Raaphorst. Son dernier, en fait, puisque depuis, il a consacré sa carrière aux autres à travers les métiers d'illustrateur, de story-boarder, de concepteur d'animatroniques et autres joyeusetés qui tous forment un ensemble déjà visible dans ce qui semble être un port-folio des talents inhérents à ce véritable touche à tout de génie ! Oui, de génie. Il en est même qui parmi d'illustres cinéastes semblent avoir été profondément touchés par son travail puisque parmi eux, et pour n'en citer qu'un, Brandon Cronenberg (oui, oui, le fils de...) a fait appel à ses services dans le domaine de la conception de mondes imaginaires convertis en ''réalité'' pour son Infinity Pool de 2022. Au sujet de ce dernier, notons que son prochain projet de film de science-fiction spatiale intitulé Dragon en est à sa phase de pré-production. Mais remontons dans le passé, neuf ans avant la rencontre entre les deux hommes avec Frankenstein's Army. Dans le même esprit qu'un certain Iron Sky signé un an avant lui par Timo Vuorensola, Richard Raaphorst inscrit l'histoire de ses protagonistes dans le contexte de la seconde guerre mondiale. Nous sommes en 1945 et le conflit s'apprête à prendre fin. Les héros ne sont ni français, ni anglais, ni américains, ni allemands mais russes. Au nombre de sept membres (six soldats et un reporter de guerre), une section est en repérage lorsque elle reçoit un appel de Tigre Blanc 3.0.3. Un allié avec lequel le groupe a beaucoup de mal à communiquer. Le chef de section Novikov (Robert Gwilyn) prend alors la décision d'aller rejoindre avec ses hommes le lieu d'émission-radio mais lorsqu'ils arrivent sur place, ils découvrent un village qui semble avoir été ravagé par les nazis. Première séquence véritablement intéressante où la section découvre un charnier constitué de nonnes qui toutes en ont été massacrées. S'ensuivent des corps qui jonchent les rues ainsi que des maisons en ruine qui toutes ont été saccagées. Un décor et une ambiance délétères que n'aurait sans doute pas renié le maître italien du gore sombre et craspec des années soixante-dix/quatre-vingt, Lucio Fulci. Des corps qui suintent visiblement une odeur pestilentielle attirant des hordes de mouches et des effets pratiques pas franchement déplaisants pour le moment...


Véritable bourbier visuel donnant une idée assez précise de l'enfer que peut être un champ de bataille, tout par à vau-l'eau lorsque Novikov meurt, tué par une étrange créature humanoïde faite de bric et de broc. Dès lors, Sergei (Joshua Sasse), le plus gradé et Vassili (Andrei Zayats), le plus ancien se crêpent le chignon pour savoir qui va prendre le commandement. Dimitri (Alexander Mercury), le reporter, Sacha (Luke Newberry), le cadet et Ivan (Hon Ping Tang), le dernier du groupe décident de se mettre sous les ordres de Sergei. Quant à Vassili, celui-ci perd peu à peu les pédales et se comporte de manière extrêmement agressive et inquiétante. Mais revenons à cette créature qui vient de tuer Novikov. Elle est le premier exemple véritablement concret confirmant l'existence dans le coin d'un chirurgien fou de l'armée allemande qui travaille sur des prisonniers de guerre qu'il transforme en créatures mi-humaines, mi-robotiques ! Et là, le film verse dans le grand porte-nawak jouissif. Une sorte de mix improbable entre l'évocation historique déviant vers son côté le plus gore à la manière de Men Behind the Sun, charriant des ''cénobites'' ''BORGiens'' très artisanaux mais dont la conception est aussi originale que délirante (l'homme-perçeuse demeurant l'un des plus remarquables exemples), flirtant du côté du Japon cyber-punk comme le fit notamment en 1989 le réalisateur Shin'ya Tsukamoto avec Tetsuo, ou n'ayant encore rien à envier à ses homologues allemands Andreas Schnaas, Jörg Buttgereit ou Olaf Ittenbach en terme de tripailles. Un œil qui explose, puis une tête. Des doigts coupés et une superbe éviscération. Sans parler de ce festival gore lors de la dernière partie du long-métrage où le tant attendu Docteur Viktor Frankenstein (Karel Roden) ouvre des crânes en deux, extrait les cerveaux qu'il relie à des électrodes pour transformer ses victimes en zombies de chair, de sang, mais aussi de ferraille ! Bref, Frankenstein's Army est complètement fou. Notons enfin que pour un found-footage, le réalisateur nous épargne aussi souvent que le script le nécessité les secousses habituelles qui rendent généralement inconfortable ce genre d'expérience.....

 

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