Le concept de l'objet
maudit au cinéma n'est pas tout neuf. Récemment l'on a pu notamment
voir surgir The Monkey
d'Oz Perkins, œuvre mineure dans la carrière du cinéaste,
adaptation foireuse de la nouvelle éponyme écrite par le romancier
américain Stephen King en 1985 et parue chez nous dans le recueil de
nouvelles Brume.
Concept copié l'année dernière à travers Caveat
de Damian Mc Carthy et son lapin mécanique. Sans compter sur les
nombreuses œuvres qui reposent sur celui des poupées diaboliques
telles que Dolls de
Stuart Gordon, Child's Play
de Tom Holland et ses nombreuses séquelles, Annabelle
de John R. Leonetti ou encore The Boy 1 &
2
de William Brent Bell et même, en remontant plus loin dans le temps,
The Devil Doll
de Tod Browning sorti en salle le 6 août 1937. Mais ces jouets
n'étant pas les seuls objets d'apparence inertes à être possédés
par une entité diabolique, on peut évoquer la voiture de
l'excellent Christine
de John Carpenter ou celle de The Car d'Elliot
Silverstein. La robe rouge de In Fabric
de Peter Strickland et des dizaines d'autres objets parmi lesquels
nous ne pouvons pas faire l'impasse sur la cassette vidéo maudite de
la mythique franchise horrifique japonaise, Ringu
initiée en 1998 par le génial Hideo Nakata... Coté littérature,
on pensera bien entendu au fameux Portrait
de Dorian Gray d'Oscar
Wilde qui au cinéma et à la télévision donnera lieu à quelques
excellentes surprises, tel l'immense Phantom of
the Paradise de
Brian de Palma, lequel redéfinissait le concept en le mêlant en
outre à celui de Faust,
lui-même adapté à plusieurs reprises au cinéma et dont l'ouvrage
d'origine écrit entre 1808 et 1832 par Johann Wolfgang von Goethe
décrivait un homme qui contre certains services procurés par
Méphistophélès acceptait de livrer à ce dernier, son âme...
Dernière itération du thème de l'objet maudit, NFT:
Cursed Images
est le second long-métrage signé du réalisateur, producteur et
scénariste originaire du Brésil, Jonas Odenheimer après un premier
film d'horreur signé en 2015, Classroom 6.
Sur la base d'un script écrit par ses soins, le cinéaste réunit
autour d'une table cinq amis, plus tard rejoints par deux autres
protagonistes féminins. Évoquant durant d'interminables minutes
leurs affaires, tournant autour de la crypto-monnaie. Employant ainsi
des termes dont l'accès n'est parfois admissible que lorsque l'on
s'y connaît en la matière. Bref, un charabia prétentieux, voire
méprisant vis à vis de celui ou celle qui n'y ''bite'' pas grand
chose. Survient ensuite l'évocation du mythe entourant le concept de
Non-Fungible Token
Cursed Image
reprit par le titre.
Une
image, photo ou tout autre photogramme planqué derrière une vidéo
d'apparence normale qui révèle un aspect étrange. Inquiétant.
Incompréhensible. Dès lors, le film s'ouvre sur une séquence
horrifique tournée à la manière volontairement ou non du cinéma
indépendant propre au genre. Caméra portée à l'épaule. Image
vacillante, couleurs ternes, interprétation naturaliste. L'occasion
également d'y découvrir l'actrice américaine Najarra Townsend qui
au sein d'une carrière excessivement prolifique interpréta surtout
le rôle de Samantha England dans le très dérangeant Contracted
d'Eric England en 2013 ainsi que dans la séquelle signée cette
fois-ci par Josh Forbes deux ans plus tard, Contracted:
Phase II.
S'ensuit alors la présentation d'une petite galerie de personnages
dont les principaux intérêts semblent soit d'ordre professionnels,
soit d'ordre plus intime. Comme l'ancien couple formé par Cass et
James (Mariah Nonnemacker et David Wayman), involontairement réunis
lors d'une soirée qui va virer au cauchemar dès lors que chacun des
convives aura accepté de recevoir une image réputée maudite... et
dont l'on devine rapidement quelles vont être les conséquences sur
l'avenir des protagonistes. Une galerie de personnages à laquelle
nous ajouterons notamment Nes (Nobuste Jnr), individu très prudent
qui alerte ses amis sur le potentiel danger que revêtent les NFT
Cursed Image en question. Le long-métrage de Jonas Odenheimer est
une déception. Non pas que l'on pouvait s'attendre au renouveau d'un
genre, mais face à quelques apparitions réellement creepy aidées
en cela par quelques effets-spéciaux prosthétiques relativement
efficaces, la mise en scène mollassonne, des dialogues vraiment pas
à la hauteur de l'intensité des événements qui se produisent et
une interprétation/direction des acteurs proche de l'amateurisme
dans ce qu'il peut avoir de discutable font de NFT:
Cursed Images
un film d'horreur raté dans quasiment tout ce qu'entreprennent le
réalisateur et ses interprètes. L'on a souvent l'impression
d'assister au tournage d'un film amateur entre potes, lors d'une
soirée où l'un d'eux aurait émit l'idée de jouer avec une caméra
nouvellement acquise par l'un d'entre eux. Le résultat est sans
appel : NFT: Cursed Images
est l'un des pires films d'horreur de cette première partie de
l'année...
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