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dimanche 22 février 2026

Pa-myo (Exhuma) de Jang Jae-hyeon (2024) - ★★★★★★★☆☆☆



 

Après le Japon avec 8-Ban Deguchi (Exit 8) du réalisateur, scénariste et producteur Genki Kawamura, direction la Corée du Sud avec Pa-myo (Exhuma) du cinéaste coréen Jang Jae-hyeon. On quitte ici le terrain de l'imaginaire débridé d'un jeu vidéo reposant sur le concept des Backrooms pour se pencher sur celui du Folkore et de l'histoire coréenne à travers une œuvre touffue, parfois complexe, surtout si l'on n'est pas vraiment à l'aise avec tout ce qui repose sur les traditions ancestrales du pays. Car très rapidement, le scénario de Jang Jae-hyeon plonge ses protagonistes en plein cœur d'une étrange malédiction remontant au temps où la Corée était sous le contrôle de l'empire du Japon. Occupé dès 1910, le pays ne verra la capitulation du pays colonisateur qu'en août 1945... Un peu à la façon de la série de films américains The Conjuring, le long-métrage de Jang Jae-hyeon met en scène une équipe constituée de deux chamans, Lee Hwa-rim (Kim Go-eun) et son assistant Yoon Bong-gil (Lee Do-hyun), qui après avoir été sollicités par l'un des membres d'une très riche famille coréenne exilée aux États-Unis afin de les aider à résoudre le mystère entourant la maladie dont souffre leur très jeune enfant, décide de faire appel au géomancien Kim Sang-deok (Choi Min-sik) et à son assistant, l'entrepreneur funéraire Go Yeong-geun (Yoo Hae-jin). Le projet de cette équipe nouvellement formée consistant à exhumer la tombe d'un très vieil ancêtre appartenant à la famille de Park Ji-yong (Kim Jae-cheol), celui-là même qui a fait appel aux chamans. Lors d'un rituel un très ancien cercueil est ainsi extrait de sa tombe située au sommet d'une montagne. Mais alors que sur demande de son descendant qui veut qu'il soit incinéré sans avoir été au préalable ouvert, le temps change et la pluie se met à tomber. Ce qui selon les rites coréens interdit toute crémation. L'équipe en charge de déplacer le cercueil décide alors de le déplacer temporairement jusqu'à un hôpital le temps que la pluie cesse. Mais un employé un peu trop curieux va ouvrir le cercueil pour tenter de dérober les trésors qu'il est censé renfermer...


On le comprends rapidement, il s'agit ici de traiter d'une malédiction qui repose sur le passé historique d'une famille dont nous apprendrons que l'ancêtre en question vu reconnu coupable d'avoir ''vendu'' son pays. Aussi exotiques que puissent apparaître certaines pratiques cérémoniales, il faut savoir que la plupart des mythes évoqués et des rituels pratiqués dans le films font partie intégrante des coutumes locales. Lorsqu'il s'agit pour les protagonistes de déplacer le cercueil pour briser une malédiction, d'évoquer des rituels Gut entourés de chants, de danses et d'offrandes afin d'apaiser les esprits ou encore de désigner les cinq éléments, bois, feu, terre, métal et eau, tout est construit autour des croyances réelles du peuple coréen. Face à ces pratiques, le script de Genki Kawamura évoque également la Légende des Pieux de Fer. Une légende urbaine qui veut que des barres de fer aient été planté dans le sol coréen afin de briser le flux d’énergie spirituelle du pays et ainsi affaiblir la nation... Sont ensuite évoquées des esprits malveillants. À travers les kitsune, ces renards possédés qui cette fois-ci font appel à la culture japonaise. Tout comme les Oni, dont l'un des esprits d'anciens guerriers samouraïs coléreux donnera du fil à retordre à nos quatre protagonistes. Assez troublant mais évoqué de manière très succincte, un Nure-onna est même visible à l'image vers le début du récit. Un serpent à tête humaine enfoui dans la tombe d'où sera extrait le cercueil... Plus qu'un simple film d'horreur, Pa-myo fait figure de témoignage historique et identitaire d'un pays qu'en Occident l'on connaît finalement mal et si même certaines séquences peuvent parfois prêter à sourire, on ne peut qu'être fasciné par l'approche mémorielle et culturelle du cinéaste pour sa nation. Avec ses plus de deux heures, son ambiance fantastique et son approche toute particulière du thriller surnaturel, le long-métrage de Genki Kawamura est une très grande réussite que l'on rapprochera de l'extraordinaire Goksung (The Strangers) que signa Na Hong-Jin voilà dix ans en arrière même si toute analogie est par avance futile tant ce chef-d’œuvre du septième ne souffre en réalité d'aucune comparaison.

 

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