Après le Japon avec
8-Ban Deguchi
(Exit 8)
du réalisateur, scénariste et producteur Genki Kawamura, direction
la Corée du Sud avec Pa-myo
(Exhuma)
du cinéaste coréen Jang Jae-hyeon. On quitte ici le terrain de
l'imaginaire débridé d'un jeu vidéo reposant sur le concept des
Backrooms
pour se pencher sur celui du Folkore et de l'histoire coréenne à
travers une œuvre touffue, parfois complexe, surtout si l'on n'est
pas vraiment à l'aise avec tout ce qui repose sur les traditions
ancestrales du pays. Car très rapidement, le scénario de Jang
Jae-hyeon plonge ses protagonistes en plein cœur d'une étrange
malédiction remontant au temps où la Corée était sous le contrôle
de l'empire du Japon. Occupé dès 1910, le pays ne verra la
capitulation du pays colonisateur qu'en août 1945... Un peu à la
façon de la série de films américains The
Conjuring,
le long-métrage de Jang Jae-hyeon met en scène une équipe
constituée de deux chamans, Lee Hwa-rim (Kim Go-eun) et son
assistant Yoon Bong-gil (Lee Do-hyun), qui après avoir été
sollicités par l'un des membres d'une très riche famille coréenne
exilée aux États-Unis afin de les aider à résoudre le mystère
entourant la maladie dont souffre leur très jeune enfant, décide de
faire appel au géomancien Kim Sang-deok (Choi Min-sik) et à son
assistant, l'entrepreneur
funéraire
Go Yeong-geun
(Yoo Hae-jin). Le projet de cette équipe nouvellement formée
consistant à exhumer la tombe d'un très vieil ancêtre appartenant
à la famille de Park Ji-yong (Kim Jae-cheol), celui-là même qui a
fait appel aux chamans. Lors d'un rituel un très ancien cercueil est
ainsi extrait de sa tombe située au sommet d'une montagne. Mais
alors que sur demande de son descendant qui veut qu'il soit incinéré
sans avoir été au préalable ouvert, le temps change et la pluie se
met à tomber. Ce qui selon les rites coréens interdit toute
crémation. L'équipe en charge de déplacer le cercueil décide
alors de le déplacer temporairement jusqu'à un hôpital le temps
que la pluie cesse. Mais un employé un peu trop curieux va ouvrir le
cercueil pour tenter de dérober les trésors qu'il est censé
renfermer...
On
le comprends rapidement, il s'agit ici de traiter d'une malédiction
qui repose sur le passé historique d'une famille dont nous
apprendrons que l'ancêtre en question vu reconnu coupable d'avoir
''vendu'' son pays. Aussi exotiques que puissent apparaître
certaines pratiques cérémoniales, il faut savoir que la plupart des
mythes évoqués et des rituels pratiqués dans le films font partie
intégrante des coutumes locales. Lorsqu'il s'agit pour les
protagonistes de déplacer le cercueil pour briser une malédiction,
d'évoquer des rituels Gut
entourés de chants, de danses et d'offrandes afin d'apaiser les
esprits ou encore de désigner les cinq éléments, bois, feu, terre,
métal et eau, tout est construit autour des croyances réelles du
peuple coréen. Face à ces pratiques, le script de Genki Kawamura
évoque également la Légende des Pieux de Fer. Une légende urbaine
qui veut que des barres de fer aient été planté dans le sol coréen
afin de briser le flux d’énergie spirituelle du pays et ainsi
affaiblir la nation... Sont ensuite évoquées des esprits
malveillants. À travers les kitsune,
ces renards possédés qui cette fois-ci font appel à la culture
japonaise. Tout comme les Oni,
dont l'un des esprits d'anciens guerriers samouraïs coléreux
donnera du fil à retordre à nos quatre protagonistes. Assez
troublant mais évoqué de manière très succincte, un Nure-onna
est même visible à l'image vers le début du récit. Un serpent à
tête humaine enfoui dans la tombe d'où sera extrait le cercueil...
Plus qu'un simple film d'horreur, Pa-myo
fait figure de témoignage historique et identitaire d'un pays qu'en
Occident l'on connaît finalement mal et si même certaines séquences
peuvent parfois prêter à sourire, on ne peut qu'être fasciné par
l'approche mémorielle et culturelle du cinéaste pour sa nation.
Avec ses plus de deux heures, son ambiance fantastique et son
approche toute particulière du thriller surnaturel, le long-métrage
de Genki Kawamura est une très grande réussite que l'on
rapprochera de l'extraordinaire Goksung
(The Strangers)
que
signa Na Hong-Jin voilà dix ans en arrière même si toute analogie
est par avance futile tant ce chef-d’œuvre du septième ne souffre
en réalité d'aucune comparaison.
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