Allan Gray s'est lancé
dans l'étude du culte du Diable et des superstitions. Ses recherches
l'ont rendu un peu fou et rêveur, incapable de distinguer le réel
du surnaturel. Alors qu'il flâne au hasard, il arrive un soir devant
le hameau de Courtempierre, lieu paisible qui connu pourtant un fléau
qui décima une partie de ses habitants. Réservant une chambre à
l'hôtel du petit village, il reçoit le soir-même la visite d'un
vieillard dans sa chambre qui lui confie un paquet contenant un
ouvrage écrit de sa main et consacré aux vampires. L'homme avant de
quitter la pièce, inscrit sur l'enveloppe "A ouvrir après
ma mort".
Lorsque
plus tard dans la soirée Allan Gray part visiter les alentours, il
entend des cris d'enfant qui le poussent jusqu'à un château situé
non loin de là. Il y croise un vieil homme curieux qui lui assure
qu'il n'y a aucun enfant en ces lieux. Il tombe ensuite nez à nez
avec l'homme qui plus tôt s'invita dans sa chambre d'hôtel. Ce
dernier meurt, laissant orphelines ses deux filles Léone et Gisèle.
La première, très marquée par la disparition de son père est
tétanisée. La seconde, elle, semble irrésistiblement attirée
dehors. Elle parcourt le parc attenant au château. Lorsque Allan
part à sa recherche, il la retrouve inconsciente. Le médecin de
famille est dépêché sur les lieux. C'est le vieil homme étrange
qu'Allan a aperçu quelques temps plus tôt. Le médecin explique au
jeune homme que la seule chance pour Gisèle de survivre est de lui
donner du sang. Il propose donc à Allan de donner le sien...
L'oppressante
impression ressentie lors de la vision de ce Vampyr signé
Carl Theodor Dreyer n'est que le fruit du hasard. Ou plutôt d'une
erreur que le cinéaste choisit de conserver afin d'accentuer
l'atmosphère énigmatique qui se dégage de cette œuvre parfois
étouffante. A ce titre, les scènes se déroulant dans la chambre du
jeune Allan Gray possèdent une aura particulière, les murs semblant
se refermer sur cet homme qui paraît alors trop grand dans cet
environnement exigu. Les ombres elles-mêmes sont un élément
fondamental et appliquent au film toute entier la marque des grandes
œuvres expressionnistes allemandes du début du vingtième siècle.
Ces
jeux d'ombres et de lumières sont tout d'abord déroutants. Puis
c'est le récit qui apparaît opaque. Jusqu'à ce que l'on saisisse
où veut en arriver Dreyer. La juxtaposition entre la livraison de ce
que contient l'ouvrage et ce qu'est en train de découvrir Allan Gray
aide à la pleine compréhension du scénario qui défile devant nos
yeux. L'image est fantasmatique et auréolé d'une ambiance trouble
que vient renforcer la présence de cet inquiétant médecin au look
d'Albert Enstein mortifère.
La
caméra se déplace parfois de manière curieuse, entourant ses
personnages, les accompagnant ou les précédant dans leurs
déplacements. Le mythe du vampire est ici bien différent de celui
que l'on a l'habitude de croiser, malgré certains aspects qui les
font tout de même se ressembler (la manière idéale de les tuer
étant pour tous de leur enfoncer un pieu en plein cœur), celui de
Dreyer n'a pas les dents longues et n'a rien d'aussi classieux que
celui du cinéaste Tod Browning ou celui campé maintes fois par
Christopher Lee.
Vampyr
demeure une œuvre majeure du cinéma expressionniste allemand qu'il
faut avoir vu au moins une fois dans sa vie.





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