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samedi 21 février 2026

Petite Histoire du Cinéma: (1932) Vampyr de Carl Theodor Dreyer



Allan Gray s'est lancé dans l'étude du culte du Diable et des superstitions. Ses recherches l'ont rendu un peu fou et rêveur, incapable de distinguer le réel du surnaturel. Alors qu'il flâne au hasard, il arrive un soir devant le hameau de Courtempierre, lieu paisible qui connu pourtant un fléau qui décima une partie de ses habitants. Réservant une chambre à l'hôtel du petit village, il reçoit le soir-même la visite d'un vieillard dans sa chambre qui lui confie un paquet contenant un ouvrage écrit de sa main et consacré aux vampires. L'homme avant de quitter la pièce, inscrit sur l'enveloppe "A ouvrir après ma mort".

Lorsque plus tard dans la soirée Allan Gray part visiter les alentours, il entend des cris d'enfant qui le poussent jusqu'à un château situé non loin de là. Il y croise un vieil homme curieux qui lui assure qu'il n'y a aucun enfant en ces lieux. Il tombe ensuite nez à nez avec l'homme qui plus tôt s'invita dans sa chambre d'hôtel. Ce dernier meurt, laissant orphelines ses deux filles Léone et Gisèle. La première, très marquée par la disparition de son père est tétanisée. La seconde, elle, semble irrésistiblement attirée dehors. Elle parcourt le parc attenant au château. Lorsque Allan part à sa recherche, il la retrouve inconsciente. Le médecin de famille est dépêché sur les lieux. C'est le vieil homme étrange qu'Allan a aperçu quelques temps plus tôt. Le médecin explique au jeune homme que la seule chance pour Gisèle de survivre est de lui donner du sang. Il propose donc à Allan de donner le sien...

L'oppressante impression ressentie lors de la vision de ce Vampyr signé Carl Theodor Dreyer n'est que le fruit du hasard. Ou plutôt d'une erreur que le cinéaste choisit de conserver afin d'accentuer l'atmosphère énigmatique qui se dégage de cette œuvre parfois étouffante. A ce titre, les scènes se déroulant dans la chambre du jeune Allan Gray possèdent une aura particulière, les murs semblant se refermer sur cet homme qui paraît alors trop grand dans cet environnement exigu. Les ombres elles-mêmes sont un élément fondamental et appliquent au film toute entier la marque des grandes œuvres expressionnistes allemandes du début du vingtième siècle.

Ces jeux d'ombres et de lumières sont tout d'abord déroutants. Puis c'est le récit qui apparaît opaque. Jusqu'à ce que l'on saisisse où veut en arriver Dreyer. La juxtaposition entre la livraison de ce que contient l'ouvrage et ce qu'est en train de découvrir Allan Gray aide à la pleine compréhension du scénario qui défile devant nos yeux. L'image est fantasmatique et auréolé d'une ambiance trouble que vient renforcer la présence de cet inquiétant médecin au look d'Albert Enstein mortifère.

La caméra se déplace parfois de manière curieuse, entourant ses personnages, les accompagnant ou les précédant dans leurs déplacements. Le mythe du vampire est ici bien différent de celui que l'on a l'habitude de croiser, malgré certains aspects qui les font tout de même se ressembler (la manière idéale de les tuer étant pour tous de leur enfoncer un pieu en plein cœur), celui de Dreyer n'a pas les dents longues et n'a rien d'aussi classieux que celui du cinéaste Tod Browning ou celui campé maintes fois par Christopher Lee.

Vampyr demeure une œuvre majeure du cinéma expressionniste allemand qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie.

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