Et ben voilà, ça y
est ! Certains se sont enfin décidés à exploiter au format
long l'un des concepts de légende urbaine parmi les plus fascinants.
Relativement récent puisque celui-ci ne remonte qu'à 2019, le
principe des Backrooms
est simple : Nous plonger dans des univers parallèles qui
semblent infinis, accessibles en se noclippant et dont les plus
étranges et inquiétants représentants ont notamment été décrits
par Felix Dupuis qui sous le pseudonyme de Feldup
et sur sa chaîne Youtube
éponyme s'est brillamment penché sur le sujet... C'est donc devant
8-Ban Deguchi du
réalisateur, scénariste et producteur japonais Genki Kawamura
intitulé à l'internationale Exit 8
que les non-initiés au phénomène vont pouvoir s'instruire. Un
long-métrage qui s'inspire en outre du jeu vidéo du même nom
développé par Kotake
Create
en 2025 et qui met le joueur dans la peau d'un personnage cherchant à
fuir un espace souterrain apparemment infini. Visuellement, le film
de Genki Kawamura reprend très exactement l'esthétique du jeu avec
ses interminables couloirs carrelés de blanc du métro japonais
ainsi que le PNJ
que croise le personnage central du film un an plus tard. Le concept
de Backrooms
s'avère
réduit à sa plus simple expression puisque l'idée de pièces
immenses où il est facile de se perdre est abandonné au profit de
couloirs infinis se répétant Ad nauseam. Très rapidement, et après
avoir quitté le wagon qui le transportait, un homme (interprété
par Kazunari Ninomiya) marche tout en téléphonant à son épouse
qui lui annonce qu'elle attend un enfant. Tandis qu'il prévoit de la
rejoindre à l’hôpital où elle a prévu de mettre un terme à sa
grossesse, l'homme ne prend pas conscience que le couloir qu'il est
en train d'emprunter se vide peu à peu des voyageurs. Se retrouvant
bientôt seul au départ d'un long couloir bifurquant ensuite sur la
gauche, il commence par croiser un homme porteur d'une mallette
(l'acteur Yamato Kōchi). Après plusieurs virages, un second couloir
tout aussi long se présente à lui. Si le héros n'en a pas encore
conscience, le spectateur, lui, se rend rapidement compte que quelque
chose cloche. En effet, pour la seconde fois, celui-ci croise l'homme
à la mallette qui quelques instants plus tôt est apparu dans le
couloir précédent... Ce n'est qu'après l'avoir croisé une
troisième ou quatrième fois qu'il finira par concevoir qu'il tourne
en rond. En réalité, le terme n'est pas vraiment adéquat.
Difficile
en effet de décrire la situation de ce pauvre homme dans des
conditions qui feraient perdre la tête de n'importe quel autre
voyageur. Afin de mieux intégrer le phénomène dans l'esprit des
spectateurs, Genki Kawamura et le scénariste Kentaro Hirase
réintègrent les divers éléments présents dans le jeu. Car aussi
minimaliste que puissent paraître les décors, ajouter à l'univers
des détails permettant de situer les personnages arrange grandement
la lisibilité. Renforçant par là-même la perversité du script.
En effet, l'homme parcourt indéfiniment le même couloir ainsi que
les mêmes virages jusqu'à la lecture d'un panneau indiquant qu'en
présence d'une anomalie il devra faire demi-tour. L'enjeu est donc
ici très clair. Faire confiance à son acuité en différenciant
celles-ci de ce qui peut apparaître comme étant tout à fait normal
afin de rejoindre enfin la fameuse sortie numéro 8... Si le concept
est fascinant, il est en revanche difficile de le concevoir sur le
long terme. Et Exit 8
reflète justement ce problème. Car si durant quinze ou vingt
minutes le long-métrage de Genki Kawamura est objectivement
passionnant, intriguant, voire même très anxiogène, sans mauvais
jeu de mots, le scénario finit par tourner en rond ! Après un
démarrage vertigineux, il semblerait que le cinéaste n'ait plus
rien eu à nous raconter. Alors, il ajoute au récit des personnages
secondaires très ''vaporeux'' en terme d'écriture. Côté enjeux,
tout est dit dans le premier tiers voire quart du long-métrage et
ensuite rien, que du vide... Jusqu'à rendre même caduque l'espoir
de voir enfin le héros se dégager de cette situation
inextricable... Bref, Exit 8
est une énorme déception. Le mieux restant donc de suivre les
quinze ou vingt premières minutes et de laisser tomber le reste...
Notons enfin que cette année sortira The
Backrooms
du Youtubeur Kane Parsons qui en 2022 avait déjà publié sur sa
chaîne un mythique court-métrage éponyme d'une dizaine de minutes
dont la version longue devrait donc sortir en 2026...
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