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samedi 24 janvier 2026

Offseason de Mickey Keating (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ça commence un peu comme La nuit des morts-vivants de George Romero... Un couple est à bord d'une voiture et se dirige vers un cimetière où repose le corps d'une femme récemment décédée. Elle, ne s'appelle pas Barbara mais Marie et lui, ne se prénomme pas Johnny mais George. Ils ne sont pas frère et sœur mais forment apparemment un ancien couple qui se retrouve à l'occasion de cette très curieuse aventure qui va au fil du récit piocher dans tout un tas de références cinématographiques ou littéraire fantastiques. Avec son ambiance brumeuse et mortifère, OffSeason de Mickey Keating (traduisible sous le titre Hors-saison) aurait sans doute plu au Lucio Fulci de Paura nella Città dei Morti Viventi réalisé quarante-deux ans en arrière. Mais alors que l'ombre de ce génie italien du gore craspec et morbide plane quelque peu sur cette drôle de production signée d'un auteur qui n'en est pas à son premier coup d'essai puisqu'il fut notamment l'auteur de Carnage Park en 2016, d'autres longs-métrages viennent rapidement en tête. On pense immédiatement et bien évidemment au film culte de Herk Harvey Carnival of Souls datant de 1962 et son ambiance fantasmagorique parcouru de sinistres portraits fantomatiques. Mais peut-être plus encore au Silent Hill que Christopher Gans réalisa en 2006. Par opposition à ces deux classiques du cinéma d'épouvante, OffSeason fait pourtant pâle figure même si d'emblée le spectateur est happé par son envoûtante ambiance. Brouillard persistant, sentiment d'abandon et d'isolement, apparitions subites d'entités que l'on prend tout d'abord pour des zombies inertes avant de comprendre peu à peu qu'il s'agit sans doute là d'esprits d'anciens habitants d'une île plongée au cœur d'une malédiction. Un prétexte invraisemblable (d'anciens colons incapables de survivre face à certaines forces de la nature auraient par le passé accepté de pactiser avec un démon tout droit surgit des mers) et une course en plein cœur d'un territoire hostile dont certains éléments renvoient notamment à cette auberge visitée par le héros du Calvaire de Fabrice du Welz...


L'héroïne incarnée par l'actrice Jocelin Donahue que l'on a notamment pu découvrir en 2015 dans Fast & Furious 7 de James Wan ou Doctor Sleep de Mike Flanagan il y a trois ans déambule dans une ville particulièrement sinistre, vidée de ses habitants et située sur une île coupée du continent par un pont-levis. Rencontrant au passage quelques inquiétant personnages dont une vieille femme (dont nous apprendrons les origines plus tard) et d'un villageois chargé de rester ''éveillé'' comme le veut la ''coutume'', la jeune femme traverse une ville sous la brume comme le fit en son temps Radha Mitchell/Rose Da Silva dans l'effrayant Silent Hill. Notamment inspiré par la nouvelle A Rose for Emily du romancier américain William Faulkner, OffSeason est visuellement très intéressant. La quasi-totalité du long-métrage est plongé dans une ambiance austère, nocturne et étouffante. Ambitieux, Mickey Keating multiplie les expériences allant dans ce sens en usant de tout un tas de subterfuges donnant à l'ensemble une allure certes intéressante mais aussi et surtout maladroite. Le réalisateur se disperse même si dans tout ce fatras de sensations que pourrait ressentir le spectateur, une certaine homogénéité ressort finalement. Le point faible du récit, ce qui sortira probablement une partie du public, se situe sans doute au niveau de l'écriture. Que l'on adhère ou non au concept, il faut reconnaître que le scénario est souvent brouillon et que le film pêche en raison de dialogues parfois (et même souvent) ridicules et sans doute aussi en partie à cause d'une interprétation parfois mal ajustée. Si l'actrice principale s'en sort avec les honneurs, Joe Swanberg (qui interprète George) est de son côté, à peine crédible. L'on retiendra donc de Offseason son ambiance parfois incroyable et oppressante ainsi que le mystère entourant le village et ses habitants (même si l'on peut reprocher son traitement) faisant parfois appel à une imagerie renvoyant parfois directement à l'univers du romancier américain H. P. Lovecraft et à sa propension à évoquer l'indicible...

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