Ça commence un peu comme
La nuit des morts-vivants
de George Romero... Un couple est à bord d'une voiture et se dirige
vers un cimetière où repose le corps d'une femme récemment
décédée. Elle, ne s'appelle pas Barbara mais Marie et lui, ne se
prénomme pas Johnny mais George. Ils ne sont pas frère et sœur
mais forment apparemment un ancien couple qui se retrouve à
l'occasion de cette très curieuse aventure qui va au fil du récit
piocher dans tout un tas de références cinématographiques ou
littéraire fantastiques. Avec son ambiance brumeuse et mortifère,
OffSeason de
Mickey Keating (traduisible sous le titre Hors-saison) aurait sans
doute plu au Lucio Fulci de Paura nella Città
dei Morti Viventi réalisé
quarante-deux ans en arrière. Mais alors que l'ombre de ce génie
italien du gore craspec et morbide plane quelque peu sur cette drôle
de production signée d'un auteur qui n'en est pas à son premier
coup d'essai puisqu'il fut notamment l'auteur de Carnage
Park
en 2016, d'autres longs-métrages viennent rapidement en tête. On
pense immédiatement et bien évidemment au film culte de Herk Harvey
Carnival of Souls
datant de 1962 et son ambiance fantasmagorique parcouru de sinistres
portraits fantomatiques. Mais peut-être plus encore au Silent
Hill
que Christopher Gans réalisa en 2006. Par opposition à ces deux
classiques du cinéma d'épouvante, OffSeason
fait
pourtant pâle figure même si d'emblée le spectateur est happé par
son envoûtante ambiance. Brouillard persistant, sentiment d'abandon
et d'isolement, apparitions subites d'entités que l'on prend tout
d'abord pour des zombies inertes avant de comprendre peu à peu qu'il
s'agit sans doute là d'esprits d'anciens habitants d'une île
plongée au cœur d'une malédiction. Un prétexte invraisemblable
(d'anciens colons incapables de survivre face à certaines forces de
la nature auraient par le passé accepté de pactiser avec un démon
tout droit surgit des mers) et une course en plein cœur d'un
territoire hostile dont certains éléments renvoient notamment à
cette auberge visitée par le héros du Calvaire
de Fabrice du Welz...
L'héroïne
incarnée par l'actrice Jocelin Donahue que l'on a notamment pu
découvrir en 2015 dans Fast & Furious 7
de James Wan ou Doctor Sleep
de Mike Flanagan il y a trois ans déambule dans une ville
particulièrement sinistre, vidée de ses habitants et située sur
une île coupée du continent par un pont-levis. Rencontrant au
passage quelques inquiétant personnages dont une vieille femme (dont
nous apprendrons les origines plus tard) et d'un villageois chargé
de rester ''éveillé'' comme le veut la ''coutume'', la jeune femme
traverse une ville sous la brume comme le fit en son temps Radha
Mitchell/Rose Da Silva dans l'effrayant Silent
Hill.
Notamment inspiré par la nouvelle A
Rose for Emily
du romancier américain William Faulkner, OffSeason
est visuellement très intéressant. La quasi-totalité du
long-métrage est plongé dans une ambiance austère, nocturne et
étouffante. Ambitieux, Mickey Keating multiplie les expériences
allant dans ce sens en usant de tout un tas de subterfuges donnant à
l'ensemble une allure certes intéressante mais aussi et surtout
maladroite. Le réalisateur se disperse même si dans tout ce fatras
de sensations que pourrait ressentir le spectateur, une certaine
homogénéité ressort finalement. Le point faible du récit, ce qui
sortira probablement une partie du public, se situe sans doute au
niveau de l'écriture. Que l'on adhère ou non au concept, il faut
reconnaître que le scénario est souvent brouillon et que le film
pêche en raison de dialogues parfois (et même souvent) ridicules et
sans doute aussi en partie à cause d'une interprétation parfois mal
ajustée. Si l'actrice principale s'en sort avec les honneurs, Joe
Swanberg (qui interprète George) est de son côté, à peine
crédible. L'on retiendra donc de Offseason
son ambiance parfois incroyable et oppressante ainsi que le mystère
entourant le village et ses habitants (même si l'on peut reprocher
son traitement) faisant parfois appel à une imagerie renvoyant
parfois directement à l'univers du romancier américain H. P.
Lovecraft et à sa propension à évoquer l'indicible...



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