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mercredi 13 décembre 2023

Yannick de Quentin Dupieux (2023) - ★★★★★★★☆☆☆




Alors que l'on attend la sortie prochaine de son nouveau long-métrage intitulé Daaaaaali ! qui devait à l'origine sortir cette année mais qui au final verra le jour sur grand écran le 7 février 2024, le réalisateur et scénariste français Quentin Dupieux nous a régalé cet été avec Yannick. Une œuvre dont l'une des règles fondamentales est de ne surtout pas ressembler à ce qui se fait de plus courant en matière de cinéma hexagonal ou bien même, soyons chauvins, au niveau international. Pour une nouvelle fois encore dans sa carrière, l'homme qui se cache derrière le fascinant musicien Mr Oizo prouve ici qu'il a encore quelques bonnes idées à nous proposer. Et même si parfois l'impression d'être pris pour des buses se fait ressentir, dans le cas de Yannick, on n'aura jamais eu autant l'impression d'avoir été les témoins d'un récit avec un début, un milieu et une conclusion. Tout ceci, bien entendu, sous le prisme de l'étrangeté et du décalage propre au cinéma de cet électron libre capable de mettre en scène un pneu tueur en série (Rubber), le chanteur Marilyn Manson (Wrong Cops), une mouche géante enfermée dans un coffre de voiture (Mandibules) ou de rendre hommage à certaines séries télévisées japonaises de type Sentai (Fumer fait tousser) ! Avec Yannick, Quentin Dupieux réalise sa toute première pièce de théâtre filmée. Du moins est-ce sous cette apparence que sera perçu le récit de ce trio de comédiens dérangés par l'un des spectateurs venu se détendre devant une pièce de boulevard. L'un des points culminants de cette nouvelle farce proposée par LE spécialiste français du genre pose à travers le point de vue d'un preneur d'otages, une question essentielle : comment peut-on accepter de se rendre au théâtre pour aller y découvrir une pièce dont l'auteur ne s'est même pas donné la peine d'y être présent ? Une réflexion produite par le cerveau psychologiquement fatigué de Yannick. Celui du titre mais aussi et surtout, celui incarné par l'acteur Raphaël Quenard dont la carrière s'est envolée depuis quelques années et lequel retrouve le réalisateur après Mandibules en 2020 et Fumer fait tousser l'année dernière. Il incarne cette fois-ci un agent de sécurité travaillant de nuit qui pour pouvoir assister à la représentation d'une pièce de théâtre intitulée Le Cocu a dû poser sa soirée et faire un long chemin dans l'espoir de se changer les idées. Mais quoi de pire que de se retrouver face à des comédiens peu talentueux et contraints de se donner la réplique lors d'une pièce de très mauvaise qualité ?


Le génie de l'Accroche : Quentin Dupieux convia à l'occasion de la sortie de son dernier film en salle tous les Yannick de France à aller le découvrir gratuitement...


Lorsque de surcroît le metteur en scène est absent, une idée, une seule, émerge dans l'esprit de Yannick : proposer au public et aux comédiens de réécrire la pièce. Face à Raphaël Quenard, trois interprètes totalement médusés par ce qui leur arrive. Blanche Gardin dans le rôle de Sophie Denis, Pio Marmaï dans celui de la vedette Paul Rivière ainsi que Sébastien Chassagne dans la peau de William Keller. Tout commence de manière relativement classique avec la pièce en question. Le rire vient moins de son écriture que de découvrir Pio et Blanche tenter de sauver les apparences devant la pauvreté des dialogues. Du pathétique par couches successives que n'amenuisera pas l'intervention de Yannick en pleine représentation. Humilié puis chassé de la salle pour désordre public, l'homme réapparaît quelques instants plus tard avec un flingue ! Débute alors une œuvre sous tension même si l'absurdité de la situation fait sourire. Il n'empêche que derrière ce drame engendré par la solitude et le désœuvrement, Quentin Dupieux signe l'un de ses films les plus savoureusement comiques. Cette manière si particulière que le réalisateur, scénariste, monteur et photographe a de capter l'attention et le regard de ses figurants témoigne d'un soucis bien plus profond que la simple volonté de nous jeter au visage le fruit d'un scénario tenant en deux ou trois lignes. Comme à son habitude, Quentin Dupieux met en lumière des idées totalement farfelues, avec des moyens presque dérisoires (concernant Yannick, le film n'a coûté qu'un million d'euros). Il crée une multitudes de contrastes entre le ton naturellement excessif des personnages de boulevard incarnés par le trio de comédiens, l'accent à couper au couteau de Yannick et la parole donnée aux otages qui dans la salle tentent de garder leur contenance. Avec, à la clé, des sursauts de cruauté, comme ce pauvre homme qui après avoir généreusement prêté son PC au preneur d'otages se fait copieusement humilier. Ou pire, lorsque Yannick lui-même est rabaissé par un Paul Rivière ayant repris le contrôle de la soirée. Si réellement Quentin Dupieux craint d'avoir à signer un jour un mauvais film, qu'il se rassure. Ça ne sera pas pour aujourd'hui ou en tout cas, et surtout pas avec Yannick...

1 commentaire:

  1. Même gratuit, j'irai pas... :-) Il aurait dû faire comme le riz, se cantonner à la musique...

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