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vendredi 17 juin 2022

Deux Nigauds dans le manoir hanté (The Time of Their Lives) de Charles Barton (1946) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Ahhhhh les duos de comiques... En France, nous avons eu droit à Pierre Dac et Francis Blanche, Roger Pierre et Jean Marc Thibault, Kadour Mérad et Olivier Baroux (kad et O), Élie (Sémoun) et Dieudonné (M'Bala M'Bala) ou Eric (Judor) et Ramzy (Bédia). Sans oublier les plus drôles d'entre tous : Jean Castex et Olivier Véran ! Aux États-Unis, parmi les plus célèbres figuraient (Stan) Laurel et (Olivier) Hardy. Du moins parmi ceux que l'on connaît bien chez nous demeurent-ils les plus connus d'outre-atlantique. Nombreux furent et sont toujours les humoristes américains, seuls ou à plusieurs, a avoir quitté pour un temps la scène ou le petit écran pour se lancer dans une carrière cinématographique. Célébrés dans leur pays d'origine sous le nom de scène Abbott et Costello, les américains Bud Abbott et Lou Costello ont débuté dans le métier d'acteur avec quatorze années d'écart. En effet, le second a commencé la sienne en 1926, interprétant une poignée de seconds rôles (figurations?) jusqu'en 1928, date à laquelle il n'y a plus trace de lui avant qu'il ne réapparaisse sur grand écran dans One Night in the Tropics d'A.Edward Sutherland, une comédie musicale et romantique aux côtés de son futur binôme. La carrière d'Abbott et Costello s’achèvera à la fin des années cinquante comme elle avait débutée : chacun de son côté. Mais avant cela, les deux hommes nous gratifièrent d'une somme importante de longs-métrages sous le signe de la comédie. Qu'il s'agisse de fantastique, d'épouvante, de policier, de science-fiction ou d'aventures, la norme chez eux était d'y intégrer invariablement une bonne dose d'humour. Quelques dizaines de comédies qui chez nous furent régulièrement traduites sous des titres ne respectant pas les originaux et commençant en général par Deux nigauds... Je vous propose donc quelques exemples de longs-métrage interprétés par les deux hommes essentiellement proches des univers détaillés dans de récents articles : du fantastique et de l'horreur badigeonnés d'une bonne dose de rires. Et pour commencer, nous allons parler de The Time of Their Lives de Charles Barton (lequel tourna à plusieurs reprises avec le duo) qui, contrairement à sa véritable signification (''Le temps de leur vie'') a été traduit chez nous sous le titre Deux Nigauds dans le manoir hanté... Sans doute moins poétique que l'original mais ne laissant aucun doute sur le cadre du récit. Écrit à huit mains et notamment par Walter DeLeon et John Grant (le second sera un ''client'' régulier des deux humoristes), The Time of Their Lives est donc une comédie fantastique tournée en noir et blanc et au format 4/3 qui sortira en 1946...


Le film se compose de deux parties dont la première (la plus courte) se déroule en 1780 dans le domaine de Kings Point à New York. C'est là que vit Tom Danbury (Jess Barker) entouré de ses domestiques et de sa fiancée Melody Allen (l'actrice Marjorie Reynolds). Porteur d'une lettre de recommandation signée du général George Washington, le rétameur Horatio Prim espérait pouvoir racheter à son employeur, la jeune Nora O'Leary, sa fiancée et quitter le domaine en sa compagnie. Mais c'était sans compter sur la présence du majordome Cuthbert Greenway. Un être fourbe qui malgré son insistance n'est jamais parvenu à décider la jeune femme de partager sa vie. Plutôt que de la laisser partir avec son fiancé, Greennway enferme Horatio dans une malle. Mais alors que Nora tente de convaincre son maître Tom Danbury de la laisser partir en compagnie de l'homme qu'elle aime en lui montrant la lettre de recommandation, celui-ci la fait chasser par deux de ses collaborateurs et cache le document dans une planque située derrière un mur de la propriété. Plus tard, confondus par les troupes américaines qui les prennent pour des traîtres, la fiancée du propriétaire et Horatio sont pourchassés et tués avant d'être jetés dans un puits... C'est alors que la seconde partie de The Time of Their Lives débute avec une Melody et un Horatio vaporeux. Nous sommes désormais en 1946 et depuis leur mort, ces deux là hantent la propriété Danbury que vient de se réapproprier le dramaturge Sheldon Gage. Il y convie sa fiancée ainsi que sa tante Millie et le descendant de Cuthbert, le docteur Ralph Greenway. Tout le concept du film repose sur un principe simple : trouver un moyen pour Harold et Melody de prouver leur innocence afin d'être libérés de leur malédiction...


Alors que le film met tout d'abord en scène Lou Castillo dans des situations proprement absurdes, bien que l'on puisse supposer que The Time of Their Lives sera nourri par de nombreux gags faisant surtout appel au comique gestuel plus apte à faire rire les adeptes de comique de situation que celui porté sur de savoureux dialogues, on s'étonnerait presque de constater la richesse avec laquelle les quatre scénaristes ont imaginé toute une succession de gags moins extravagants qu'ils n'y paraissaient au début mais dont l'efficacité n'est jamais remise en question. C'est bien simple, le film est un condensé de bonheur, bourré d'idées de mise en scène et d'effets-spéciaux qui à défaut d'être toujours visuellement performants s'avèrent en tout état de cause, formidablement créatifs : un mur invisible repoussant nos deux fantômes condamnés à errer pour l'éternité dans et autour de la propriété Danbury. Lesquels apparaissent et disparaissent de l'image selon leur bon vouloir (ou plutôt, leur capacité à danser un ersatz de... ''twist'', seul mouvement apte à les faire disparaître). Des objets qui se déplacent dans les airs. Le corps d'une femme sans tête descendant un escalier (sans doute l'effet le plus saisissant). Ou encore, une séance de spiritisme conduite par la domestique Emily (l'actrice américaine originaire du Danemark, Gale Sondergaard). L'une des scènes clés qui reprend le concept de la séance autour d'un guéridon sauf qu'ici interviennent directement à l'image les esprits invoqués. Idée fabuleuse que reprendra sans doute par hasard en 1990 le réalisateur Jerry Zucker pour son excellent Ghost avec Demi Moore, Patrick Swayze et Whoopi Goldberg. The Time of Their Lives est un régal et malgré son ton humoristique, le film de Charles Barton n'a absolument pas à rougir en comparaison des longs-métrages plus sérieux sur le sujet des fantômes et autres esprits frappeurs. On ne s'ennuie pas un instant et même si Lou Costello en fait parfois des tonnes dans le rôle du pauvre fantôme Horatio Prim, Bud Abbott dans celui de Cuthbert/Ralph Greenway et les autres interprètes contrebalancent par un sérieux d'apparence qui évitent au film de n'être qu'une succession de gags poussifs. Un petit bijou et certainement une bonne entrée en matière dans l'univers du duo de comiques américains...

 

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