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dimanche 27 février 2022

Terreur Cannibale d'Alain Deruelle (1980) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Le réalisateur français Alain Deruelle a réalisé en tout et pour tout douze longs-métrages dont la plupart sont des... pornos ! La plupart tournés sous le nom d'Alain Thierry. On trouve ainsi parmi son humide filmographie des titres tels que À la queue Lulu ou Orgies pour nymphomanes. Mais au beau milieu d'une carrière en majorité consacrée à faire monter la sève chez les amateurs de pornographie, Alain Deruelle a fait une sortie de route en réalisant en 1980 le film d'horreur Terreur Cannibale sous le pseudonyme de A.W. Steeve. Une co-production franco-espagnole se penchant sur une thématique qui à l'époque était surtout l'apanage de certains cinéastes transalpins et non pas de réalisateurs hexagonaux. C'est donc avec curiosité et amusement que l'on abordera ce qui de prime abord apparaît comme un fumeux nanar franchouillard plutôt piqué des hannetons si l'on tient compte de certaines remarques à son sujet. Produit par la compagnie cinématographique française Eurociné dont les amateurs de films d'exploitation connaissent la réputation, Terreur Cannibale met en scène les acteurs Gérard Lemaire et Antonio Mayáns dans les rôles de Roberto et Mario, deux criminels spécialisés dans les enlèvements qui après avoir kidnappé la fille d'un homme d'affaires partent se réfugier en sa compagnie dans la jungle... où les attend une complice à bord d'une jeep qui aide les deux hommes rejoints par une amie prostituée à traverser la frontière. La dite complice sera la première à faire les frais du goulu appétit d'une tribu de cannibales !


Des anthropophages qui lors de leur première apparition sont physiquement plutôt corrects mais parviennent avec beaucoup de mal à faire illusion dans une jungle qui n'a rien de luxuriante ou de tropicale comme nous aurions pu l'espérer. Et pour cause, le film fut tourné dans la région de la Costa Brava sans pour autant avoir semblé bénéficier du jardin botanique Pinya de Rosa créé à Blanes en 1954 par Fernando Rivière de Caralt. Là où celui-ci créa un jardin botanique constitué d'espèces végétales issues justement des Tropiques. Plus tard, d'autres cannibales font leur apparition à l'écran. Mais à moins que les figurants découverts plus tôt n'aient décidé de faire grève, comment expliquer dès leur seconde apparition à l'image que ces anthropophages soient remplacés par des blancs-becs exhibant des traits et un teint aussi blafards que celui d'occidentaux n'ayant pas vu la lumière du jour depuis des mois ? Bourré d'incohérences, dans le genre Terreur Cannibale atteint des sommets lorsque à la suite d'un viol, une jeune femme retrouve plus tard son agresseur avec lequel elle se montrera particulièrement lascive ! Ou comment guérir le mal par le mal. Ou comment, surtout, monter un film sans tenir compte du déroulement du récit ! Beaucoup plus tard, nous retrouvons nos malfrats aux prises avec la tribu cannibale du début. Ces derniers sautillent sur place comme si une envie pressente de pisser leur comprimait la vessie ! Alain Deruelle assène quelques plans de nus totalement gratuits histoire de rappeler à ses ''fans'' qu'il fut tout d'abord un réalisateur de films X relativement productif...


Totalement, perché, fauché mais au fond.... inespéré, Terreur Cannibale n'est qu'une succession de séquences vides de tout intérêt, ponctuées d'innombrables dialogues post-synchronisés par des doubleurs du dimanche et accompagnées de chants d'oiseaux tropicaux très probablement issus des mêmes enregistrements que les quelques stock-shots qui parsèment le long-métrage. Là encore, qu'ils gloussent, qu'ils piaillent ou qu'ils cacardent, jamais la majesté des chants qui nous sont offerts ne font illusion. Parmi les rôles secondaires, on retrouve à l'écran l'acteur Olivier Mathot dont le jeu est d'une indicible médiocrité. Il incarne le personnage du père de la gamine kidnappée par Mario et Roberto (Annabelle dans le rôle de Laurence Danville) et Silvia Solar, son épouse. Quant à Mariam Camacho, elle décroche ici son unique rôle au cinéma. Tout aussi gore que peuvent être les rares séquences d'horreur, celles-ci sont pénible à regarder. Non pas que les éventrations, éviscérations et autres consommations de chair par nos cannibales fantomatiques soulèvent le cœur, mais celles-ci s'avèrent longues et surtout, répétitives. Terreur Cannibale étant agrémenté d'une bande originale on ne peut plus éclectique, celle-ci oscille entre pseudo rock-choucroute, bande-son pour porno-soft et musique tribale. Du bon gros Z français qui (fait) tâche !

 

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