Derrière The
Psychopath
se cache le réalisateur, scénariste et directeur de la photographie
Freddie Francis. En France le film sortira sous
l'appellation Les Poupées de Cendre.
A ne pas confondre avec l'ouvrage écrit en 1979 par la résistante
et femme de lettres franco-américaine Tereska Torrès, Les
Poupées de Cendre se
base en fait sur le scénario de l'auteur de romans policiers Robert
Bloch dont l'un des plus grands faits d'arme fut la publication de
son roman Psycho
en 1959 que le célèbre cinéaste britannique Alfred Hitchcock
transposa à l'écran l'année suivante.
On
ne pouvait donc espérer qu'une œuvre grandiose de la part du
cinéaste ayant commis auparavant des œuvres telles que Meurtre
par Procuration
ou Le Train de l’Épouvante.
C'est pourtant avec un immense regret qu'il me faut avouer que cet
ersatz de giallo provenant directement d'Angleterre est loin
d'atteindre les objectifs qu'il semblait s'être fixé. Le scénario
promettait pourtant de passer un peu moins de quatre-vingt minutes
d'intenses émotions auprès d'artistes mélomanes tombant les uns
derrière les autres, victimes d'une 'malédiction'
les
condamnant à mourir, certes, de manière originale. Le premier
écrasé à de multiples reprises sous les roues d'une voiture rouge,
le second empoisonné, puis un autre étranglé et pendu, le suivant
brûlé au chalumeau... bref, des manières de passer de vie à
trépas qui diffèrent des habituels meurtres perpétrés au couteau
auxquels l'on avait l'habitude d'assister dans les gialli made in
Italie.
En
transposant le sujet en Angleterre, Freddie Francis ôte à son œuvre
tout le charme de ces bandes vénéneuses italiennes qui pullulèrent
dans les années 70-80 et tente d'y inclure le caractère particulier
des demeures victoriennes britanniques. Le cinéaste ainsi que le
scénariste plongent (ou tentent de plonger) leurs personnages dans
un climat fantastique parfois soutenu par une partition musicale très
onirique et des décors souvent étouffants. Alors même que dans la
plupart des gialli le mystère entourant l'identité du tueur est
cultivé jusqu'au final, The Psychopath
ne conserve qu'une infime part d’ambiguïté chez ses personnages.
L'identité de l'assassin nous paraît tellement évidente que tout
nous pousse à croire que, non, ça ne peut être lui. Et pourtant...
Outre
l'originalité dans la mise en œuvre des assassinats, leur auteur
dépose auprès des cadavres une poupée à leur effigie. De quoi
alimenter le rapport entre The Psychopath et
les gialli dont il s'inspire. Tout comme le port de gants noirs dont
s'affuble le meurtrier. La majeur partie du casting est constituée
d'acteurs et d'actrices assurant une interprétation de manière tout
juste acceptable. Il n'y a guère que Patrick Wymark dans le rôle de
l'inspecteur Holloway pour nous rappeler les grandes heures du
flegmatique Sherlock Holmes ou la nonchalance et la bonhomie du
célèbre lieutenant détective Columbo et dont Holloway reprend ici
l'imperméable.
On
a parfois davantage l'impression d'assister à mauvais épisode de
Derrick ou à l'un de ces vieux et interminables soap-opera. Au
final, The Psychopath
est une grosse déception, à la mesure de nos attentes. On est loin,
très loin même du Psychose
d'Alfred Hitchcock que les producteurs tentèrent d'assimiler au film
de Freddie Francis en lui donnant un titre proche de celui du
chez-d'oeuvre de l'auteur de La Corde et
des Oiseaux,
Schizo...





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