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samedi 28 février 2026

The Machinist de Brad Anderson (2003)



Trevor Reznik travaille dans une usine lorsqu'il provoque par erreur d'inattention un accident qui cause la perte d'un bras à l'un de ses collègues de travail. Trevor va mal, très ml en ce moment. Il a perdu énormément de poids et d'étranges événements émaillent son existence. Heureusement, il peut compter sur le soutient de la serveuse Marie et de la prostituée Stevie, à laquelle il fait une incroyable révélation: Trevor Reznik n'a pas dormi depuis un an...

Tourné en Espagne, le film de Brad Anderson possède des qualités indéniables. D'abord un scénario en béton signé Scott Kozar, véritable labyrinthe scénaristique qui a du donner du fil à retordre à Luis De La Madrid pour le montage final du film. L'histoire aurait pu donner une œuvre inaccessible, hermétique et qui aurait pu avoir comme conséquence, le rejet des spectateurs. Mais 'il n'en n'est rien... 

Ensuite, l'image, sublime, donne un coté sombre et presque désespéré tout en gardant une impression de rêve éveillé que seules quelques teintes criardes, comme le véhicule de ce fameux personnage énigmatique campé par l'excellent John Sharian, viennent "déranger" dans l'unicité des couleurs. La musique, elle, n'est pas en reste. Quelques notes jetées de ci de là qui font pour beaucoup dans l'ambiance générale du film et qui sont l’œuvre de Roque Banos. Mais c'est surtout Christian Bale qui impressionne dans le rôle titre. Celui de Trevor Reznik. A l'image Robert De Niro dans Raging Bull qui avait du prendre un poids conséquent pour jouer le rôle d'un boxeur, Christian Bale, lui, au contraire a fondu comme neige au soleil et a perdu 28 kilos pour interpréter le rôle de de Trevor Reznik. Dans le film, il n'est plus que l'ombre de lui-même et interprète son rôle de façon prodigieuse. Des qualités, le film en regorge du début jusqu'à la fin et l'on reste pantois d'admiration devant un tel exploit.

Certains plans du film, et même beaucoup rappellent un peu la manière dont David Lynch opère dans son approche de la réalisation, le plus surprenant étant que The Machinist n'est que la seconde œuvre cinématographique de Brad Anderson, ce qui tente à prouver que l'expérience n'est pas tout mais qu'il faut avoir aussi au départ un sacré sens de la mise en scène. Là ou très souvent Lynch nous perd dans de savantes, mais très complexes situations, nous donnant à réfléchir longuement, sans jamais nous donner les clés, ou alors très peu, allant même jusqu'à laisser le spectateur dans l'expectative quand arrive le générique de fin, Anderson lui, parvient en l'espace d'un instant à nous faire comprendre ce qui pendant une heure trente nous a plongé dans un brouillard épais. Chaque scène, chaque moment clé du film devient alors limpide et les pièces du puzzle s'imbriquent entre elles, nous apportant la réponse à toutes ces questions que nous nous sommes posées durant le film et qui nous livrent avec un calme apparent l'effroyable vérité. 

Car quoi que l'on dise, force est de reconnaître que l'on s'en pose des questions. Et pas qu'un peu. D'abord, pourquoi le héros ne dort-il plus depuis un an ? Est-il la victime d'un complot qui voudrait le pousser à l'auto-destruction? Devient-il simplement fou à force d'événements terrifiants s'accumulant autour de lui? Et qui est cet homme étrange que personne dans son entourage ne semble connaître ni ne parait même avoir jamais vu? Et que dire de tous ces petits événements qui se produisent dans son appartement? Comme s'il était épié, peut-être même le cobaye d'une expérience abominable menée à des fins tragiques. Toutes les réponses, vous les trouverez dans une conclusion remarquable et terrifiante de simplicité.

The machinist est un expérience hors du commun à coté de laquelle il serait regrettable de passer.Une œuvre subtile, envoutante, remarquablement mise en scène et interprétée...


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