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jeudi 26 mars 2020

Escape from Pretoria de Francis Annan (2020) - ★★★★★★★☆☆☆



Escape from Pretoria est le troisième long-métrage du réalisateur britannique Francis Annan après la comédie musicale Get Away en 2009 et le drame Woyzeck en 2010. Dix ans après, il revient sur grand écran avec un biopic consacré aux militants anti-Apartheid (terme afrikaans relatif à la politique ségrégationniste sud africaine ayant eu lieu entre 1948 et 1991, année de son abolition) Tim Jenkin et Stephen Lee qui après avoir été enfermés dans la prison locale de Pretoria (ville d'Afrique australe et capitale administrative de l'Afrique du Sud) durant quatre-cent quatre jours parvinrent en compagnie d'un autre détenu, Alex Moumbaris (dont le nom est ici remplacé par celui de Leonard Fontaine qu'incarne à l'écran l'acteur Mark Leonard Winter), à s'en évader et à prendre la fuite pour Johannesburg. Francis Annan ne s'attache pas tant à décrire l'activisme de ses protagonistes que lors du prologue qui montre ces humanistes user de bombes à tracts inoffensifs avant d'être arrêtés le 3 mars 1978 aux environs de trois heures du matin. Le britannique s'intéresse en fait davantage à leur incarcération ainsi qu'à l'opération qui a consisté pour ces deux hommes à fabriquer des clés de chaque serrure de la prison afin de s'en évader.

Aidés par plusieurs autres détenus parmi lesquels plusieurs refuseront de prendre la fuite à leurs côtés, Tim et Stephen sont d'abord témoins de la cruauté de certains gardiens (dont Mongo qu'interprète l'australien Nathan Page). Immédiatement protégés par des activistes de même nature dont le légendaire Denis Goldberg (interprété par le britannique Ian Hart) qui fut très tôt l'un des plus actifs contre l'Apartheid mais se retrouva par la suite enfermé durant vingt-deux ans, les deux hommes n'ont au final, pas de réels soucis à se faire vis à vis des autres prisonniers (pour certains, des meurtriers), des gardiens et de leur directeur. Escape from Pretoria n'en est pas moins prenant et reste très loin d'une promenade de santé pour le britannique Daniel Radcliffe et l'australien Daniel Webber qui campent respectivement Tim Jenkin et Stephen Lee. Entre la cours où peuvent se dégourdir les jambes les prisonniers, la cantine, l'atelier de fabnrication et les cellules, le film est entièrement consacré à la tentative d'évasion des deux hommes et de leur compagnon d'infortune. Le long-métrage ne repose finalement que sur un mince scénario mais son auteur et l'implication de ses interprètes font de Escape from Pretoria un thriller carcéral plutôt efficace.

Daniel Radcliffe se démarque une fois encore en incarnant un Tim Jenkin loin des gros bras qui pullulent généralement dans ce genre de contexte et révèle la fragilité de son personnage qui dans certaines circonstances a bien du mal à cacher son stress. Quelques séquences d'apparence anodine (les clés tombées au sol, le gardien ventripotent inspectant couloirs et cellules) cultivent l'ambiance pesante d'un film plus rude psychologiquement (Leonard, contraint d'écourter le parloir, l'inspection de la chambre de Tim) que physiquement (l'humiliation du prisonnier noir dans les cuisines du réfectoire). Et c'est sans surprise que c'est le sourire jusqu'aux oreilles que l'on assiste à la fuite de nos trois hommes à bord d'un taxi conduit par un homme de couleur, évasion accompagnée par le score du compositeur australien David Hirschfelder. Une séquence qui symbolise à elle seule le propos de Escape from Pretoria... Une œuvre humaniste qui reste une très belle surprise...

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