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mercredi 4 septembre 2019

Kansen de Masayuki Ochiai (2004) - ★★★★★★★☆☆☆



Lorsque l'on n'attend rien de précis d'un long-métrage dont on ne connaît ni le réalisateur, ni ses interprètes, ni l'histoire et que seul l'évocation du titre nous donne envie d'en connaître le contenu, nos exigences ne peuvent se mesurer à celles du spectateur qui, fébrile, attend de découvrir une œuvre sur laquelle il fonde tous ses espoirs de cinéphile depuis de long mois. Kansen (ou Infection) est l'exemple type de long-métrage qui peut apparaître sur un planning sans crier gare, croisé pour la première fois au hasard d'une critique de magasine spécialisé, un commentaire audio ou vidéo trouvé sur Internet, ou sur tout autre support en relation avec le cinéma. Réalisé par le cinéaste japonais Masayuki Ochiai en 2004 mais n'ayant eu chez nous les honneurs d'une sortie DVD qu'en 2008, Kansen est typiquement le genre de long-métrage que l'on imagine bien sortir de l'esprit d'un cinéaste qui, si l'on se réfère à sa filmographie, allait dix et onze ans plus tard, se charger de réaliser deux nouveaux épisodes de la mythique saga d'épouvante Ju-On initiée en 2000 par son homologue japonais Takashi Shimizu et poursuivi tout au long d'une filmographie constituée en tout de douze longs-métrages...

Alors que le futur réalisateur du J-Horror qui nous préoccupe dans le cas présent débutait sa carrière de cinéaste à la télévision avant de s'intéresser au grand écran à travers son premier-long métrage Parasaito Ivu (adaptation d'un jeu vidéo ''Survival-Horror'' sorti sur Playstation en 1998 connu chez nous sous le titre Parasite Eve), Kansen s'inscrit bien dans un courant dans lequel bien des cinéastes japonais se sont engouffrés depuis l'incroyable phénomène Ringu de 1998 réalisé par Hideo Nakata (auteur du très angoissant et sans doute meilleur film de sa carrière, Honogurai Mizu no Soko Kara connu chez nous sous le titre Dark Water).

À travers Kansen, Masayuki Ochiai réalise une œuvre bâtarde, que l'on pourrait presque oser comparer à un croisement entre l'énormissime Riget de Lars von trier (L'Hôpital et ses Fantômes, 1994-1997), un quelconque Soap Opera hospitalier, tout un tas de J-Horror concernant fantômes et autres esprits malveillants, ainsi que le thème de l'épidémie à travers un virus d'origine inconnue s'en prenant aux membres d'une équipe médicale travaillant de nuit au service des urgences. L'une des spécificités de Kansen demeure dans l'étrange déroulement de l'intrigue qui, digne de certaines productions italiennes des années 70 et 80, paraît se fondre dans un univers peu cohérent, en toute cas, de toute manière parfois tellement alambiqué que le spectateur aura l'occasion de se perdre dans un récit qui semble parfois n'avoir ni queue, ni tête.

Ce qui d'une manière générale, plutôt que de nuire au récit, semble au contraire lui être bénéfique. Au cœur d'un récit dans lequel sont évoqués : une erreur médicale, la présence d'une entité maléfique, une maladie contagieuse particulièrement virulente, ainsi que les ambitions de chacun (l'un veut devenir riche et célèbre en exploitant un tout nouveau virus, une autre rêve d'une carrière d'infirmière à défaut d'en avoir les compétences, etc...), Kansen n'est peut-être pas parfait. Le déroulement de l'histoire est sans doute chaotique. Certains passages dignes des pires soap opera s'apparentent éventuellement à des erreurs de choix... Toujours est-il que le film de Masayuki Ochiai fonctionne. On ne sait par quel miracle d'ailleurs. Les amateurs de frissons trouveront sans doute leur bonheur en piochant ça et là dans les quelques très bonnes idées d'un scénario également écrit par Masayuki Ochiai lui-même. Si Kansen n'est pas toujours au point, le réalisateur crée cependant un climat oppressant pratiquement permanent, jouant avec l'obscurité, les jeux de lumières et les couleurs ainsi que de nombreuses interventions horrifiques entre épidémie et surnaturel. Au final, on tient là un petit bijou qui s'il n'égale pas les ténors de la J-Horror a de quoi satisfaire les amateurs du genre et ce, grâce à l'implication de ses divers interprètes féminines et masculins ( Michiko Hada, Mari Hoshino, Tae Kimura, etc...)...

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