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vendredi 10 février 2012

Le Survival


Si le cinéma d'épouvante à engendré un certain nombre de sous-genres, le survival est probablement l'un de ceux qui connaissent actuellement un regain d'intérêt au cinéma. Lister la totalité d'entre eux est pratiquement impossible et c'est pourquoi j'ai choisi de parler de ceux qui à mon goût méritent d'être évoqués, qu'ils aient ou pas marqué le genre.



Le premier auquel je pense est "La Dernière Maison Sur La Gauche" (1972) de Wes Craven. Film longtemps considéré comme l'une des œuvres les plus malsaines de l'histoire du cinéma, il apparaît aujourd'hui assez sobre au regard d'autres, beaucoup plus graphiques tournés ces dernières années. Abordé de manière réaliste, il conte l'histoire de deux amies qui vont croiser la route d'une bande de malfrats qui vont leur faire subir tous les outrages. Humiliations, tortures morales et physiques, viols seront les méfaits dont elles seront les victimes. Entre les mains de leurs bourreaux, elles n'auront d'autre échappatoire que leur propre mort. Wes Craven choisit de punir les tortionnaires en les offrant en pâtures à des parents ivres de vengeance. Le film aujourd'hui encore, dérange. Mets mal à l'aise. Simplement parce que l'on assiste sans pouvoir intervenir à l'agonie de deux jeunes filles mais aussi parce que l'horreur à laquelle le cinéaste nous invite nous rappelle ces dizaines de fait-divers qui pullulent dans les journaux. Cinq ans plus tard Wes Craven récidive dans le genre avec un autre grand classique du genre, "La Colline a des yeux" (1977). Basé sur une vieille légende remaniée pour l'occasion, l'histoire raconte l'aventure tragique d'une famille décimée par une bande de dégénérés au cœur de collines arides, terrain de jeu propice aux pires exactions. Dans ce décor qui donne parfois le tournis, il n'y a pas d'échappatoire possible. Aucune autorité à des centaines de kilomètres alentours. Aucun point de replis à part l'insignifiante exiguïté d'une caravane. On en vient à se demander si tout ceux qui vivent dans les parages ne seraient pas atteints de dégénérescence mentale. Si le film est moins réaliste, il monte par contre d'un degré dans la sauvagerie. Les agresseurs nous apparaissent tant comme des bêtes que comme nos congénères que l'on se prend même à jouir de l'inévitable vengeance des rares rescapés lorsque son heure sonne enfin. Deux remakes ont été réalisés depuis avec des moyens beaucoup plus importants qu'à l'époque et ces derniers n'ont pas à, rougir devant la comparaison. Beaucoup plus glauques et graphiques, "La Colline A Des Yeux" version 2006 est cependant le seul a parvenir à faire oublier l'original.


Deux ans après "La Dernière..." et trois avant "La Colline...", Tobe Hooper tourne le monumental "Massacre A La Tronçonneuse". LA référence du genre. Sorte de road movie morbide, le film est vaguement basé sur les méfaits de l'un des plus étranges tueurs des États-Unis: Ed Gein. Un type qui aimait d'un peu trop près sa maman et qui tua à deux reprises avant de déterrer une trentaine de cadavres dans le cimetière de Plainfield afin de s'approprier son image. Ici aussi l'on assiste aux exactions d'une famille pas bien dans sa tête. Victimes du chômage et du progrès, les membres de la famille tronçonneuse n'ont trouvé de meilleur moyen à leurs besoins nutritifs que de se nourrir de viande humaine. Si le film possède une si sulfureuse réputation, ça n'est certainement pas pour la seule et unique scène où l'on voit la tronçonneuse entrer (par accident) en contact avec la chair, mais bien parce qu'il distille une atmosphère particulièrement malsaine grâce à une bande-son incroyable et à des décors stupéfiants. L'emblématique Leatherface (tronche de cuir) est depuis entré dans la légende du bestiaire horrifique. Tobe Hooper tourna une suite beaucoup moins sérieuse qui, si elle reste amusante à regarder n'arrive pas au niveau de son ainée. Deux autres films sont sortis sans jamais faire de l'ombre au classique de Hooper, quand au remake, il se révèle d'une très grande qualité. Ce qui n'est pas le cas de la pré-quelle qui a suivi et qui ne possède aucun atout si ce n'est l'aspect graphique. Depuis Hooper n'a pas fait grand chose d'attrayant en matière d'horreur si ce n'est " Le Crocodile De La Mort" sorti en même temps que "La Colline...", un autre survival se passant cette fois-ci dans un motel en plein marécage. Le titre français, pompeux, se réfère à la bête qui vit près du lieu dans lequel le propriétaire fou d'un motel trucide ses clients avant de s'en débarrasser en les jetant dans les eaux putrides du marécage. Une très bonne surprise, la dernière de la part de Tobe Hooper qui ne restera véritablement l'auteur que d'un seul grand classique du cinéma d'horreur.

Quelques-uns des grands noms du cinéma se sont essayé au genre avec un certain succès. A commencer par John Boorman ("Zardoz", "Excalibur") qui avec "Délivrance" (1972, la même année que "La Dernière...") signe un excellent film d'aventure. Quatre américains choisissent de faire du canoë le long d'une rivière de Géorgie. Mais plus que les dangers d'une nature hostile et loin de la vie paisible qu'ils connaissent au quotidien, ils vont devoir braver un danger bien plus terrible que celui d'une rivière bouillonnante. Et ce danger prend la forme de chasseurs autochtones qui vont faire payer à nos héros leur présence indésirable. Si dans une grande majorité des survival les bourreaux se contentent d'éliminer leurs proies sans autres formes de procès, tout comme dans "La Dernière Maison Sur La Gauche", les victimes sont sujettes à des souffrances morales et physiques. Le portrait qui est fait de la population vivant aux abords de ce lieu magnifique qui devient ensuite celui de la perdition, est saisissant et donne le frisson à quelques occasions. "Délivrance" est d'abord un drame humain et sorti du contexte horrifique du survival, il paraît peut-être plus horrible encore que ne le sera celui dont on n'attend finalement pas grande chose d'autre qu'une succession de scènes sanglantes.


Walter Hill lui-même ("Les Guerriers De La Nuit", "48 Heures") s'essaie au genre et obtient un très honorable résultat avec "Sans Retour". Lui aussi choisit un contexte dramatique, lorgnant vaguement vers le film de guerre (du moins, au tout début), pour plonger neuf soldats armés de balles à blanc (!) et qui vont être les proies de cajuns décidés à leur mener la vie dure après une mauvaise plaisanterie. Le décor aussi superbe qu'inquiétant des marécages de la Louisiane est le théâtre d'une chasse à l'homme qui ne laissera personne indifférent et n'octroiera la vie sauve qu'à deux des neufs soldats. Ici aussi le portrait des habitants du coin est saisissant. Jusqu'au bout on doute de chacun d'entre eux, même peut-être aussi de ces dizaines de villageois que rencontrent les derniers soldats lors d'une fête de village (la tension culmine lors du dernier quart d'heure). Le film se révèle assez éprouvant nerveusement. On accompagne les soldats avec le stupide espoir qu'ils vaincront leurs assaillants même sans vraiment y croire.

D'autres films se sont inspirés de ces deux dernières œuvres et même si elles ont du mal à nous faire oublier la luxuriante forêt de "Délivrance" ou l'inquiétant bayou de "Sans Retour", elles parviennent malgré tout à nous faire passer un agréable moment: "Survivance" de Jeff Liedberman (1981) et "Hunter's Blood" de Robert C. Hugues (1986). Contrairement aux autres, le premier confronte ses héros à un unique et dangereux maniaque. Jusque dans le titre le film s'inspire de celui de Boorman sans parvenir à l'égaler. On y croise George Kennedy, acteur connu pour avoir entre autre sauvé de nombreuses vies humaines dans la série de films catastrophe "Airport". Le film de Hugues, s'il n'est pas un chef-d'œuvre du genre, se laisse voir avec un plaisir certain. Certains des personnages sont campés par des acteurs bien connus comme Clu Gulager ou encore Ken Swofford. Le titre du film porte bien son nom car même s'il ne joue pas dans la catégorie "horreur", il possède malgré tout son comptant de scènes sanglantes.


La France aussi s'y est mise avec des films aussi divers que "Martyrs", "Frontière(s)" ou bien encore "Calvaire". Le principal soucis des œuvres venues de l'hexagone (précisément dans le genre qui nous intéresse ici) est le manque de crédibilité. Absente cette dernière fait passer la majorité de ces films pour de quelconques bandes horrifiques, rarement terrifiante et sans le moindre intérêt. Le premier a fait couler beaucoup d'encre. Trop même. Si bien que le film déçoit et ne vaut pas tout le tapage qui l'a auréolé. A se demander si ceux qui l'ont apprécié s'accoutument de préférence d’œuvres aux scénarios aussi minces qu'un ticket de métro et qui ne sont prétexte qu'à une accumulations de scènes d'horreur (il faut l'avouer, plutôt réussies) qui sonnent creux face à l'indigence de l'histoire. Le second se permet le luxe d'accumuler tous les poncifs du genre sans jamais parvenir à un résultat honorable. On frise même parfois le ridicule, notamment à travers certains personnage peu crédibles. Il faudra attendre "Calvaire", seul film qui sort du lot et véritable cauchemar sur pellicule. Fabrice Du Welz a compris qu'il ne suffisait pas de déverser des litres de sang mais plutôt d'aborder l'horreur sous un angle psychologique pour obtenir un résultat concret. Saisissant!

1 commentaire:

  1. Un sacré travail que tu as fait ! Je comprends que tu aies peu dormi.
    "La Colline A Des Yeux" version 2006, je me souviens t'en avoir parlé après l'avoir vu au cinéma( avec la traîtresse Sylvie si je me rappelle bien). Je l'avais trouvé très bien fait, efficace autant par son atmosphère que les effets spéciaux... je ne connaissais pas l'original. C'est toi qui m'en as parlé. A cette époque, tu étais plus tourné vers les films anciens et tu n'allais guère au cinéma. Aujourd'hui, nous l'aurions découvert ensemble et tu m'aurais fait juste après le visionnage une analyse comparée... :-)

    Tiens, tu as vu? Il a Worf qui joue dans un des films dont tu parles... ;-)
    Lufya................

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